dimanche 13 juillet 2008

Piano Lys - huitième coup de coeur - l'hymne aux couleurs...

Photos de concert - obtenues via le forum "crazy-julien" - mil mercis à l'artiste...
« Piano Lys »

Cette chanson, cette mélodie, ces claviers m’ouvrent une porte sur un monde de perception toute en couleurs. Souvent, il m’arrive d’imaginer en lieu et place de la matérialisation ordinaire d’un lieu, d’une chose, une couleur qui permettrait de décrire un ressenti instantané par une interprétation poétique qui a pour but d’échapper au basique, au morne, au sinistre quotidien ou d’embellir aussi ce qui est déjà sublime, comble du comble, améliorer le beau !

Comme par exemple, le bleu que certains se plaisent à percevoir de façon glacée, figée, et bien ce bleu symbolise les années de rêverie et de mon enfance, de fait l’innocence, l’insouciance, les amis qui vous accompagnent toute la vie, les bêtises et les chutes à vélo, les campings sauvages mais si doux au cœur des adolescents, la marelle, colin Maillart, les parties de Monopoly ou de mil bornes, les sourires complices, les premiers mensonges et pas les derniers, l’éveil du corps face au désir, le premier baiser, les premières larmes qui font vraiment mal, un monde qui vivra éternellement dans mon cœur de femme enfant, un monde que nous sommes plusieurs à cultiver par le mélange de nos souvenirs combinés, ne pas vivre pour ce passé mais en nourrir notre avenir, être fort d’autrefois pour les futurs sans pitié, eh, bien le mélange de toutes ces perceptions est bleu, d’un bleu azur tout comme les yeux de notre Monsieur Doré, un bleu changeant mais jamais sans émotion, sans charme, sans tendresse, un bleu qui n’a rien d’un bleu « je veux », non un bleu métissé parfois pâle, parfois fluorescent, parfois indigo, parfois léger, aérien, enfin un bleu qui toujours nous fait du bien !

Ou, bien encore, le vert, alors, là, lui sans conteste c’est le symbole, le totem sacré de Monsieur Virgule, mon bébé bulle, ma plus belle infortune, mon bébé teckel, mes prunelles chocolat (et non, ce n’est pas le brun), c’est le vert de l’espérance, celle que l’on n’attend plus, celle qui vous bouleverse, qui imprime à votre vie un rythme frais et ludique comme une oasis de paix dans un monde de brutes. Et comme je le dis souvent : « La vie, au travers des yeux de Virgule, est d’un vert paradis à couper le souffle ! », cela s’impose à moi d’une force proche de la passion, de celle que l’on partage avec quelques êtres seulement, le long d’une vie, et oui parfois, ces êtres ne sont pas humains ou tout au contraire, très humain, de cet humanité qui ne nécessite pas que l’on soit un homme ou une femme, de cette humanité qui se lit dans les yeux, celle d’un partage sans limite, sans concession mais jamais sans émotion, amour plus fort que celui des corps dans les fièvres de l’été, amour plus beau, plus rafraîchissant qu’une source d’eau vive, plus serein qu’un chant d’oiseau au printemps, de plus en plus fougueux au fil du temps qui passe mais qui, quoi qu’il arrive, jamais ne se dément, jamais n’a besoin de se remettre en question, l’amour si fidèle que l’ennui l’a fuit à toute jambe, l’amour au-delà du temps, de notre temps, bien au-delà des mots, l’amour…, le plus pur, le plus innocent, celui que nous ne ferons jamais ensemble…
Et comment ne pas parler du turquoise, celui que je vois bleu turquoise, et que ma maman, voit vert turquoise, maman, « le deuxième nom de Dieu », maman, qui a chacune de mes souffrances me remet au monde une nouvelle fois, maman, ma complice, mon amie, ma meilleure amie, là aussi ma fidèle, celle qui jamais ne juge, celle qui panse, qui comprend, qui supporte, celle que j’aime bien plus que moi, mes deux petits gris, mes adorés, maman et petit Virgule. Maman qui me fait rire lorsqu’elle mélange le nom des couleurs, elle pourtant couturière de son état, conceptrice douées face aux matières et aux tissus mais qui ne domptera jamais sa perception basique des couleurs. Maman, qui lutte avec les pâtisseries, elle pourtant fin cordon bleu. Maman, qui tremble quand j’ai froid. Maman, qui partage mes goûts et mes idées ou bien serait-ce le contraire, notre symbiote nous a fait oublier depuis longtemps le sens des choses, d’ailleurs qu’importe, seul le plaisir intense du partage est d’importance capitale !

Le mauve, lui, c’est la couleur de mes chers disparus, tous ceux que je porte à la boutonnière, le smoking légèrement de travers, le regard un peu amer et perdu dans l’océan de mes pensées, celles de mon cœur de petite fille, encore blessée par leur absence, encore troublée par le manque d’eux, mon grand-père complice toujours prêt à me couvrir, ma grand-mère aimante sous des dehors austères, mon autre grand-père toujours là et de bon conseil (qui me tiendra téléphoniquement la main lors de mon prochain AVC ?) et mon impossible autre grand-mère, pipelette garantie pure souche, et Claude, l’ami trop tôt parti, parti mais pour où, où erre-t’il, dans quel monde, y fait-il bon vivre ? Et Banco, mon pirate des mers ? Et Guimly, mon fauve de campagne ? Mauve comme un rouge délavé à l’encre bleue de mes pensées, prune pour les jours de mélancolie, myrtille pour les jours d’Absurdie, ceux où il me plaît de croire qu’ils sont toujours là à guider nos pas, nos doutes, nos hésitations…chaleur des absents…

Rouge, justement, oui parlons-en, rouge pour les jours de colères, ceux où je me désespère du temps mauvais, du vent contraire, rouge pour le sang que je ferais volontiers couler si l’impunité et l’absolution m’étaient offertes sur un tapis, éclair et tonnerre pour la violence qui parfois a pourri bien de mes jours et de mes nuits, tempête et naufrage pour les persécuteurs de tout bord. Sanglante virulence pour ceux qui polluent mes joies et mes envies de bonheur, rouge lourd et capiteux comme le velours carmin d’une rose dont les épines ne vous veulent pas que du bien. Rose pour ce que mon éducation atténue de mes envies chimériques de meurtre à l’encontre de qui me pourrit la vie. Rouge sans concession pour les mauvais, les méchants, les intolérants, rouge jusqu’à plus de chair ! Mais, ne sommes-nous pas tous, l’intolérant ou le méchant d’un autre ???? Rouge de confusion…

Et blanc, trop virginal pour vraiment coller à mes pensées… lui, pauvre de lui, ne me fait songer qu’aux cheveux de mon arrière grand-mère qu’elle emprisonnait sévèrement au travers d’un chignon d’un autre temps.


Et noir, ah, là, oui noires comme les sombres pensées qui m’animent et m’attirent vers les chemins songeurs et moins avouables d’un goût prononcé pour toute liberté comme au travers des arts, noir comme le venin de mes veines pour toute entrave, noir comme l’ivresse d’un monde où presque personne n’a la clef et ne peut me suivre, noir comme ma liberté, mon choix, mes passions…celles dont le partage n’est pas une évidence mais une intense complicité. Noir comme l’ébène, noire comme une chevelure lourde, épaisse et noueuse, d’une nuit profonde, complice de toujours, comme l’encre qui noircit des pages et des pages depuis mon enfance, noir comme l’odeur de l’encre, noir comme l’œil que parfois je pose sur le monde, noir comme la sobriété d’une élégance rare, noir comme un smoking dans lequel se coule un corps désiré et plus subtilement attirant que couvert de sa seule nudité, noir, le sang des péchés, noir, le flacon de mon ivresse nocturne, noire comme une promenade au crépuscule, noir se drapant de bleu comme le ciel d’une nuit profonde, profane et soudain bercée d’étoiles, complices de délicates noirceurs…

Les autres couleurs, sont de passages mais ne déterminent rien de particulier, l’orange est la digne représente du fruit qu’elle symbolise, pleine de peps et d’entrain, comme celui que je cherche chaque matin en m’abreuvant de la récolte du jus de ses fruits. Le jaune, est le souvenir du piaillement de petits poussins, le brun, c’est le chocolat chaud, doux, amer, un péché de gourmandise emprunt d’une certaine sensualité… souvenir d’une certaine Marquise des Anges et de sa patente pour le chocolat. Le rose détoure certaines chairs très alléchantes, très troublantes, très émouvantes et dorées…fantasme couvé des yeux…dérive avérée des sens et des pensées…aujourd’hui et pour la première fois, j’aime le rose, je le caresse par des regards appuyés mais à la dérobée, histoire de ne pas trop m’enliser, de garder un peu de ma dignité, si c’est encore possible. Ce rose, quelles bouffées de chaleur…

Caliente
Illuna



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