jeudi 5 juin 2008

Jouir à son écoute, mourir pour cause de délices au creux de l'oreille...

Photo obtenue via forum "crazy-julien" -Julien au Grand Journal sur canal +

« Jouir mes oreilles et mourir de surdité affolante à défaut d’absurdité… »

Chut, écoute…. Ça commence comme un jour d’abandon, comme sa voix qui s’introduit dans nos vies de petites filles, parfois bien trop sages, parfois en attente du démon comme pour…

Punir les vices, subir des sévices, de désir en prémices, de plaisir en supplices
Etourdir les sens, nourrir l’évanescence, se mourir au travers de coupables délices
Maudire la moralité, médire de leur culpabilité, occire et en finir avec moult facilité
Décrire avec somptuosité, écrire avec style et sensibilité, séduire avec « glamourosité »

Capter l’essence de ses premiers mots, sentir le vent léger des débuts
Flotter, se laisser aller, ne plus rien contrôler, se retrouver tel un fétu
Se fondre dans la danse symbolique et fatidique de paroles affolantes
Se confondre de « l’émouvance » et de la folle insouciance, perdue, « adoubante »

Deviner l’homme, la bête qui de ses griffes vous enserre, être offerte, émue, éperdue
Tenter de lui résister, ne pas capituler trop vite, lui laisser de la victoire, toute l’étendue
Se lover au creux d’un lit, moelleux, somptueux, se livrer charnellement à son écoute
Dégrafer son chemisier, s’enliser dans les nœuds de l’échancrure, n’en perdre goutte



Avec en fond de mémoire, comme une perle nichée dans son précieux écrin, un Julien qui nous dit : « Je veux passer le reste de ma vie à jouir », n’est-il pas lui-même au fil de sa félicitée, notre meilleur argument pour jouir intensément à notre tour, des bienfaits qu’il daigne clairsemer le long de son œuvre comme ce premier album dont nous attendons de la première écoute, une jouissance sans nom, totale, sincère jusqu’aux larmes… plonger et ne plus jamais remonter…

Respirer une dernière fois l’intensité de la quiétude, comprendre, admettre que l’on va sombrer
Oser l’impensable, s’offrir au crescendo de la jouissance, lancer un dernier regard à l’enfance
Commencer à chavirer sous le mélange enchanteur des vibratos, accepter davantage de s’enliser
Entendre enfin cette voix plus que la mélodie, se livrer à ses pieds, n’attendre aucune clémence

Respirer avant une longue apnée d’inconvenance, trembler par l’émoi d’une pulsion sonore
Foncer droit dans le décor, vriller au moindre accord, faire corps à corps avec lui qu’un feu dévore
Perdre peu à peu toute pudeur, emprunter les chemins interdits, s’en remettre au Val D’or
Planer dans les sphères australes de l’extase, narguer les limbes, briser les chaines, frôler la petite mort

Et si à la première écoute, vous subsiste un doute, cruel,
De ce son charnel, une fois encore se délecter, se consumer
Avec ce cristal animal, franchir d’autres limites, fusionnel,
A cette gorge généreuse, musicalement fiévreuse, s’abandonner…
Capituler, une fois de plus, le cœur battant chamade et mesure
Sur les sillons dorés et les traces enchantées, se sentir libre
S’enfoncer dans une nuit noire, sans lune, boire de la lie, le plus pur
Sur le corps du délit, verser comblée, une larme, de bonheur ivre…


Et jouir, de concert avec cet artiste aux sandales ailées et dorées… et cette machine dans la tête, cette machine qui tempête qui nous délivre ses mélopées qui, sitôt écoutées, deviennent adorées…

Et de jouir encore, et encore, tel l’envol d’un oiseau qui lorsqu’il déploie lentement ses ailes, goûte intensément au plaisir de quitter terre, de se sentir enfin flotter dans l’air, plus libre que jamais d’atteindre un peu du paradis de notre ange…

Et là, enfin comprendre pourquoi ce maître d’œuvre nous a lâché « Je ne suis pas un chanteur de chanson », comprendre qu’il est davantage un faiseur de miracle, un compteur de rêve, un artiste dont il est bon de s’imprégner…

Caliente
Illuna


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