dimanche 20 avril 2008

L'abandon comme ultime vertu...

Caps issue de la séance photos de la revue "L'express" - via forum "crazy-julien"
« Abandon en mode dérive » – 2e partie

pour léger appel de là où je vous avais abandonnées,

Avec une lenteur consommée de diva, il enleva son t-shirt et son pantalon, ne laissant sur lui que son maillot, celui que je lui avais vu l’après-midi et sans plus d’hésitation supplémentaire si ce n’est un doigt subtil à la surface de l’eau tout en ne me quittant pas des yeux, jeu sournois entre le chat et la souris, il se glissa dans l’eau tout doucement. Je le vis alors disparaître de la surface avec une grande fluidité pour réapparaître après ce qui me sembla une éternité, juste derrière moi où sa main osa le premier attouchement de ce qui allait devenir un souvenir des plus sulfureux.

Et donc pour suite,

Sa main posée sur mon épaule se permit de longer mon bras du tout long pour arriver jusqu’à ma main sur laquelle il referma la sienne avec douceur, tout en mélangeant nos doigts et sans se départir d’un sourire aussi angevin qu’énigmatique. Tout en osant ce premier contact son corps fit autour de moi un demi-rond à la surface de la piscine, pour se retrouver en finalité devant à moi. Un divin face à face où ses yeux semblent maintenant parler aux miens et leur proposer un voyage où perdre toute pudeur, tout contrôle, toute innocence et toute notion du temps est pur délice.
Je m’abandonnai donc à son invitation des plus impromptues et je le suivis lorsque tout doucement il m’attira au bord de la piscine. Il choisit de s’adosser au muret où le reflet des lumières longeant la pièce d’eau faisait danser des couleurs étoilées dans l’écho de sa chevelure mouillée et sur son visage. Je me retrouvai ainsi, libre de tout mouvement, maîtresse de toutes mes envies, il avait choisi d’être mon prisonnier, d’être celui qui s’offre à l’autre peut-être simplement dans le but de m’enlever toute crainte de l’inconnu et ainsi me permettre jusqu’au dernier moment, de lui dire non !
Attenant au mur par l’une de mes mains, j’étais libre de l’autre pour entamer une dérive presque encore onirique sur sa substance aussi invitante qu’enivrante, je finis par poser mes doigts sur le tatouage dont je réécrivais à présent chaque lettre, plaisir étrange de sentir ainsi la chaleur de l’autre alors même que l’eau devrait refroidir nos corps mais plus ma main découvre ce corps et plus elle sent qu’il est vibrant et particulièrement brûlant.
J’ai quitté son regard presque à regret, pour découvrir plus goulûment chaque parcelle que je touche, l’orée de sa gorge, sa pomme d’Adam peu proéminente, les poils clairsemés de sa barbe, ce visage qu’il me plairait aussi de découvrir sans cet artifice, cette bouche où mes doigts s’abandonnent, cette chair plus rose, plus ourlée du bas que du haut, ces courbes presque féminines qui s’entrouvrent pour déposer un baiser délicat sur mon impertinent index, je sens encore une légère morsure qui tente de retenir ce libertin aventurier mais j’ai aussi envie de laisser ma main toute entière s’ouvrir et s’épanouir au toucher de la moitié de son visage, en courbant un peu sa tête, il la laisse à présent reposer sur ma paume qui l’accueille comme un trésor.
L’une de ses mains a maintenant pris possession de ma taille et me rapproche de lui, imperceptiblement, irrésistiblement, ses lèvres partent à la conquête des miennes, la soie de sa bouche accompagnée du duvet légèrement piquant de sa moustache parle à mes fragiles roses qui peu souvent sont sensibles à un baiser d’homme, parce que communément trop brute, trop rapide, trop humide ou bien trop « mâle ».
Mais là, rien de tout cela, la câlinerie de ses lèvres a bien préparé le chemin de cette langue coquine que je sens gourmande quelque peu impatiente, impertinente, le mélange de nos peaux, de nos salives, de nos envies combinées envoie des étincelles à mon cerveau autant qu’au creux de mes reins et au bas de mon ventre qui s’arque à présent de mon désir de lui. Mon désir qui rencontre aussi sans grande équivoque son désir, le mélange de nos substances par l’entremise de quelques baisers langoureux, vaporeux, voluptueux, fiévreux fait de toute évidence bien des étincelles.
Ses lèvres qui se sont maintenant posées à l’aube de ma gorge et qui flirtent avec ma poitrine, sentent que je ne peux réprimer un frisson, autant de froid que de désir, curieux mélange d’un corps en plein désarroi. D’un mouvement complice, il me montre alors le jacuzzi, charmant espace chaud d’où s’échappent quelques vapeurs tout à fait propices à nos futurs émois.
Nous décidons finalement de sortir de la piscine pour nous glisser dans le « baquet » chauffé mais il choisit avant de s’y glisser d’enlever son maillot, ses fesses sont rondes, menues autant que fermes, j’y mordrais sans équivoque et sans regret comme dans une pêche, mes yeux doivent profondément trahir cette envie puisque son sourire vire au rire duquel résonne l’ébauche de cette voix qui a un réel pouvoir sur moi. Il n’affiche pas d’emblée son sexe à ma vue, ce que j’apprécie comme une pudeur plus destinée à une dernière délicatesse envers moi que par pudibonderie exagérée ou voulue par lui, puis je le vois se plonger dans cette chaude atmosphère et je l’entends me dire « Elle est fabuleuse, tu viens ? ».
Je vais et je viens, l’écho subtil d’une chanson sans grande équivoque sur les ébats de deux êtres hante à présent ma mémoire, je m’approche de la pièce d’eau chauffée, je suis hésitante, je porte un maillot une pièce, vais-je l’enlever avant d’entrer dans l’eau ou une fois seulement dans l’eau ?
J’en viens à me persuader que cet homme mérite bien un petit effort sur ma retenue habituelle, j’enlève alors mon maillot et lentement, nue, pour le seul plaisir de ses yeux, je contourne la cuve et je me glisse enfin dans cette fontaine de jouvence.
Il s’approche de moi et murmure sensuellement à mon oreille : « Merci pour ce cadeau ! », nos corps se trouvent d’instinct, sa peau bien que noyée de chaleur irradie d’une force et d’une brûlure qui conquièrent d’emblée la totalité de chaque fibre de ma chair, il goûte à présent à mon total abandon, tout est si facile quand deux êtres se trouvent et se comprennent d’un regard, pour le bien dire, tout coule alors de source…
Il est aussi des plus vrai que l’eau chaude est une invite autant qu’un bienfait à nos espoirs corporels, de fait l’eau n’est-elle pas notre premier espace de vie ?
Ainsi perdue au fil ténu et incongru de mes pensées, je le sens prendre pleinement pouvoir sur mon corps, lui imprimer son rythme, ses désirs tout en cherchant encore une fois à combler mes propres envies qu’il devine le plus naturellement du monde, suis-je transparente ou est-il de ces hommes qui ont des femmes, une réelle écoute ?
Mon bassin ondule et chavire suivant les mouvements qu’il lui distille, par la position de notre accouplement, sa tête est tout proche de la mienne, j’aime l’impulsion sauvage et la lueur fauve que je lis dans ses yeux, sous l’influx du plaisir, ces yeux, ébauche d’azur, sont maintenant presque d’un indigo-ébène, nos souffles s’accélèrent alunissons, chacun semblant vouloir être certain du plaisir intense de l’autre et alors que nos jouissances se combinent, se mêlent, s’entrelacent à l’évidence, je ne résiste à lui tirer la tête en arrière par l’entremise de cette tignasse qui peut, elle aussi, se targuer d’un grand pouvoir sur mes sens.
Ce qui lui arrache un mot banal mais si sensuel lorsque dit ainsi : « Ah…. » comme une dédicace très suggestive à la fin de notre premier voyage charnel… le premier d’une longue lignée, comme quand le sexuel peut espérer renaître après chaque feu, et qui sait peut-être bien, de plus en plus amoureux ?!

Caliente
Illuna

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