« Peur dans le noir, peur de ne te voir.. »Il a décidé de jouer avec moi, je me sens comme une poupée chiffon, une peur primale monte de long de mes reins, j’ai les jambes fragiles et le cœur au bord des lèvres.
Il ressent du plus profond de son être mes hésitations, bien que cela l’amuse quelque peu, il ne peut s’empêcher de me murmurer d’une voix câline : « N’aie pas peur, aie confiance ! ».
Peur, voilà le mot lancé, là je l’ai bien calé dans la gorge mais il ne me laisse pas le temps de me perdre dans l’émotion de mes pensées, il se place derrière moi et pose un bandeau sur mes yeux, histoire de corser encore un peu l’afflux de mon trouble.
Il en profite tout en nouant le tissu pour toucher lascivement mes cheveux, son souffle court fait exprès de tancer l’une de mes oreilles, quoi que je vais vivre, ce sera intense ouvert à tous les plaisirs sauf celui des yeux.
Tous mes sens sont plus que jamais en éveil, je l’entends bouger, ses pas sont feutrés, je le devine loup, il m’a pris la main et à ajouté : « Laisse-toi faire ! ».
Son odeur aussi guide mes énergies, entre l’ambré et le sucré, sa substance remplit l’espace de ses effluves naturels, il fait alors glisser ses bras le long des miens, ses caresses frôlent le nœud du coude, la sensation en est exquise, elle a un goût d’enfance, je me sens pour le coup très petite fille.
Ses lèvres parlent aux miennes, du bout de sa langue, il m’invite à lui ouvrir la porte, à lui laisser découvrir le seuil de ses premiers désirs, l’effleurement est brûlant, l’étreinte est étrange alors même que nos yeux se ferment pourtant toujours à la rencontre de nos bouches mais là plus intensément et ce sans logique aucune, je nourris ce baiser d’une flamme plus passionnelle, ce qui lui fait dire lorsque nos chairs se séparent: « Doucement, ma gourmande, doucement… ».
Je sens alors ses mains, chaudes, douces mais déterminées, qui ébauchent les prémices d’un effeuillage qu’il va rendre très lent et lancinant pour en mieux goûter chaque découverte, la pointe d’un sein, le grain de ma peau, des frissons au fil de ma chair tendre et offerte, la rondeur de mes hanches qui déjà l’appellent, et lui au milieu de tout cela qui rit, de ce rire auquel je ne résiste jamais et qui m’émeut d’une seule écoute et qui remplit à présent l’écho de chaque coin de la pièce, ce rire dont il connait le pouvoir, dont il en use et abuse à mes dépens.
Et plus son âme reflète celle de l’enfant qu’il n’a pas encore cessé d’être, et plus son corps me trouble par sa force et sa masculinité, comme si le mélange se voulait à contrario terriblement aphrodisiaque.
Je crois deviner qu’à présent, il va se déshabiller mais il n’en est rien lorsque sa main m’invite à le faire pour lui, je ne peux alors retenir un petit cri d’excitation que je sais qu’il accompagne d’un léger sourire sonore.
Je dois pour bien exécuter ma tâche, palper, jauger, toucher suivant les replis de son corps, invitation onctueuse à la débauche tant par son enivrante source de chaleur que par l’odeur évanescente de son désir qui se mêle au mien ou bien encore par les attouchements qu’il ne manque pas de me compliquer au fil ténu de mon exécution, diable d’homme, qui se complait dans l’ivresse de cette délicieuse et scabreuse situation.
Moins il a de vêtements sur lui et plus la rencontre de sa peau me met en émoi, j’ai les joues en feu à cela s’ajoute le besoin irrésistible de le toucher partout, besoin impératif qui s’empare de ma dignité et l’écrase sans plus un soupçon de pitié pour elle, ne pas le voir me rend dingue mais cette posture imposée à ma pudeur en ajoute à ma convoitise qui ne cesse d’augmenter au fil de ce noir délire.
Sa main prend alors la mienne, il m’attire et m’installe dans un fauteuil donc le moelleux sera des plus propices à sa prochaine frénésie, il m’oblige à bien y caler mes fesses tandis que sans plus de pudeur exagérée, il m’entrouvre les cuisses pour ainsi goûter aux délices du plaisir que ses divagations ont fait naître aux abords de mon calice de femme.
Sa langue ne m’épargne aucune forme de sensualité, elle est complice de mon abandon, je vibre à présent en toute simplicité, il n’est nulle folie que je pourrais à ce moment très précis, lui refuser, de ma vie, il est le divin maître et de cela, je me garderais bien de le nier sous peine de passer pour folle ou stupide femelle.
Le mâle qui vit en cet homme m’a conquis de haute lutte et a fait de moi, la sauvage, une rebelle de salon prête à la moindre de ses envies du besoin irrésistible de la satisfaire !
Caliente
Illuna


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