« La température monte auprès de mon ange »Le milieu de cette nuit tiède a encore accueilli nos ébats, j’ai senti ton malin plaisir à me faire crier voir hurler, sûr que je n’oserai de bon matin regarder ma meilleure amie sans rougir, et le pire est que je soupçonne que tu y prendras plaisir, tu es comme le lion qui marque son territoire même chez le voisin, tu ne peux t’empêcher de mettre ton emprunte sur ma peau, ta griffe, tien à propos de griffe pour ta peine de vilain garnement, je t’ai zébré le dos avec mes ongles, ce qui à mes cris a rajouté les tiens, la honte intégrale
Mais il sera bien temps d’en débattre demain au lever, pour l’instant tu me regardes prendre une douche, je suis tellement en feu que si je ne fais pas descendre ma température, je ne dormirai pas, l’eau est fraîche mais elle lutte avec tes yeux de braise, tu ne m’épargneras rien, j’en ai bien peur, pourquoi ai-je donc parler d’effeuillage, pourquoi t’ai-je nargué, pourquoi t’ai-je provoqué, toi qui aime tant relever les défis, là tu sais le feu qui me dévore et tu ris de mes vaines tentatives pour échapper à tes envies de plus en plus amorales
J’ai l’impression que ta confession a libéré un bonheur que tu exprimes cette nuit par l’entremise de désirs charnels et coupables, comme si plus aucune limite n’existait entre le mal et le convenable, tu t’approches et je crains déjà la suite, tu es fou et d’une énergie peu commune tant la joie inonde ton cœur et te met du rouge aux joues, tu poses tes mains sur moi, tu n’as même pas pris le temps d’enlever ton t-shirt qui fait maintenant corps avec ta substance, tes muscles et tes courbes se dessinent au travers du tissu, subliminal
Tu me regardes, pire tu me dévores et cela même sans plus me toucher, ton visage irradie de malice, je baise les yeux mais tu m’insuffles l’ordre bouillant de te regarder, tu me demandes alors avec une lenteur chaude et bien soupesée de te dire par des mots superflus mais que tu rêves d’entendre, le désir que j’ai encore de toi, là sous cette douche, tu sais que tu me soumets à une certaine torture tant les mots ont parfois bien du mal à traduire l’évidence, l’appel de mon corps mais j’obtempère et y mettant les formes et une voix des plus douce amorce à l’orée de ton oreille : « Julien, oui je veux, je veux encore, oui, Julien fait moi mal ! »
Les paroles ont eu beaucoup d’effet et la douche s’en souviendra encore longtemps, tu n’as pas été raisonnable, ni moi non plus d’ailleurs je ne sais toujours pas comment j’expliquerai à mon amie comment le rideau de douche a été mis sur la touche suite à nos impétuosités combinées, toi, je le sais tout cela te fait rire, d’ailleurs depuis le début de cette nuit, tout te fait rire, il est maintenant six heure du matin, nous n’avons toujours pas fermé l’œil, là comme un sale gosse tu tentes de m’expliquer au détour de la courbe d’un sein, l’effet que je te fais ainsi abandonnée, soumise et conquise
Tu me parles de notre rencontre, des doutes que tu avais que je ne vienne la seconde fois, en fait tu me fais entrer dans tes pensées, tu me livres ton intimité, tes réactions et tes espoirs au fil de nos rencontres, tu le fais avec une sincérité désarmante, avant toi, j’avais même pas idée qu’un mec puisse avoir autant de doutes face à l’ébauche d’une relation avec une nana, je découvre que tu es loin d’être aussi carré, abrupt qu’escompté, tu es fragile et tu me le livres avec honnêteté, je t’écouterais des heures entières, tes confidences me touchent, j’en ai les larmes aux yeux, notre bien-être se matérialise, se concrétise
Ta main capture ma larme et tu déposes un baiser sur mon front tout en me disant : « Je t’aime », ce qui déclenche un spontané et vibrant : « je t’aime aussi, oh, oui, je t’aime », tu constates alors avec un œil moqueur que je n’ai plus peur de l’avouer, plus d’embarras à le dire, tu me pousses d’une main, tout contre l’oreiller ma tête atterrit et est suivie de près par ta bouche dont tes lèvres veulent un baiser de feu, tu écartes les miennes sans égard mais non sans douceur, ta marque de fabrique, puissance et tendresse, l’alliance est intense et sans refus possible à la clef, tu « brutalises » autant que tu « poétises »
Mon corps en redemande à chaque fois autant que ma bouche et ma langue, de toute façon la nuit laissera des marques sur ma chair autant que des stigmates profonds dans mon cœur et mes souvenirs, tu m’as comblé, tu m’as aimé et,…. soudain, on frappe à la porte et mon amie nous annonce le petit déjeuner, petit déjeuner au lit pour amoureux bruyants qui n’ont pas pitié de leur hôtesse, nous tirons légèrement le drap sur nos corps nus et répondons en cœur : « entre, fais… comme chez toi ! », ma douce complice n’a visiblement pas beaucoup dormi, ses traits sont tirés mais elle est toujours pourvue de son sens de l’humour, lorsqu’elle nous culpabilise
Bon, rappelez-moi un truc les amoureux, plus jamais sous mon toit sauf séparément et en cas de dispute, ok, clair comme cela… l’air coupable de Julien m’achève définitivement de honte, je bredouille un pitoyable « pardonne-nous » mais à l’éveil de son sourire, je comprends qu’elle nous mène en bateau, de toute évidence, elle semble très heureuse pour nous mais je rougis encore trois fois plus lorsqu’elle nous tance d’un inattendu : « n’empêche, quelle belle santé, tu es une petite veinarde, oui mon amie est une petite veinarde, il faudra que tu me files la recette maintenant que tu sembles l’avoir trouvée », je ne sais plus où me mettre
J’essaye de dire quelque chose d’intelligent mais rien ne sort, je me contente de me nicher dans les bras de Julien, espérant qu’il aura quant à lui plus de ressource que moi mais le silence règne en maître après les mots de notre douce hôtesse, qui surenchérit : « bon, puisque je vous ai coupé la parole, j’espère que mon attention du matin ne vous aura pas coupé aussi l’appétit, et là je vous parle de nourriture terrestre, rien d’autre n’est-ce pas ! », tu nous invites alors à venir au marché avec toi, ce que nous acceptons de bon cœur dès que de tout cela nous aurons réussi à nous remettre
La porte refermée, nous éclatons de rire comme des enfants qui ont été pris en flagrant délit, et moi d’ajouter, elle ne sait encore rien du rideau de douche, elle doit me prendre pour une bête insatiable, me dis-tu, ce à quoi je te réponds soudain, très sérieuse, non, elle sait à quel point j’ai été malheureuse et je crois qu’elle te voit comme une bénédiction, comme un mec bien et fou amoureux mais aussi tendre, drôle, têtu, passionné, bref quelqu’un susceptible de m’offrir enfin des jours heureux, tu demanderais à mon amie de marcher sur l’eau, en regard de ce que tu m’offres, elle le ferait, tu es pour elle, celui qui m’aide à renaître
« Oh », me dis-tu, oui, mes amis sans te connaître, savent que tu m’aides à me reconstruire et pour cela, déjà il te respecte et t’aborde sans préjugé face à ta vie d’artiste, tu es important à leur yeux parce que tu es important pour moi mais j’ai tardé à te dire tout cela parce que je veux que tu puisses rester libre de ta vie, de tes mouvements, libre de tout engagement, tu m’offres tant mais tu ne me dois rien, je le veux ainsi en regard de tout ce que tu as à construire dans l’artistique, je ne veux pas être un frein à ta création, tes besoins, tes envies, ton ambition, et de tout cela, je veux que tu arrives à le réaliser, à l’admettre
Nous déjeunons dans un silence religieux, tu me tiens la main, me prépare mes toasts, tu joues avec la confiture dont je conçois à peine qu’elle va servir à d’autres desseins qu’à être tartinée alors que tu en déposes un coulis sur l’un de mes seins et dont tu te plais à récolter avec application chaque parcelle sucrée par le biais complice de l’onctuosité de ta langue, tu n’as pas l’air décidé à te montrer raisonnable et je n’ai pas l’air décidée à vouloir te résister, te repousser, je te laisse donc me déguster comme un petit toast, j’ai l’impression de passer sur le grill de tes folies lorsque par la plus grande des cruautés, tu t’interromps en me disant qu’ainsi la brûlure de mon désir inassouvi se consumera jusqu’à notre prochain corps à corps
Je te hais et à la fois, je trouve l’idée grandiose, insatisfaite, tu oses me laisser ainsi, très bien, je te jures alors que tu seras le premier des deux à capituler, à quémander, tu me réponds alors qu’il n’en sera rien, que ce sera ton petit pépin de raisin qui en demandera le premier, qui ne pourra se satisfaire la journée durant de ce goût de trop peu, j’aime nos jeux, la puérilité de nos dualités, la sensualité de nos regards, nous aimons jouer mais nous aimons perdre, ce qui nous permet toujours de jouir de concert de nos hautes luttes, de cet instant où l’on se retrouve et où l’un des deux murmure à l’autre : « encore, oui encore… »
Mais nous voilà donc au marché avec le fruit de nos envies dans le bas des reins, tu me tances, je te relance, nos jeux doivent sembler d’insupportables gamineries aux yeux de ma douce amie qui garde sur nous un regard des plus bienveillant, malgré tes lunettes noires, une jeune fan te reconnais et te demande un autographe, tu t’exécutes tout en lui demandant de se calmer et puis nos idioties reprennent de plus belle, parmi les fruits et légumes de cet endroit bucolique pointe un péché grandissant au charme ensorcelant et dégoulinant de tout bord !
Nous faisons une pause café où nos jeux de mains deviennent d’intenses appels du regard, nous arrivons toutefois à tenir une conversation avec notre patiente comparse, le moins que nous lui devons pour son extrême délicatesse puis j’ai la plus saugrenue idée qui soit, je me souviens d’un petit magasin où ils vendaient il y a peu encore de fort jolies robes dont la coupe me sied à ravir, mon amie me confirmant que le dit magasin existe toujours, nous nous y rendons et alors que je craignais que ma demande n’embête Julien, il n’en est rien, tout du contraire, je vois une étonnante malice danser aux abords de son beau visage, et comme l’on dit souvent dans ces cas-là, si j’avais su, je me serais abstenue… et de la suite, j’en rougis encore…
Caliente
Illuna

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