« Mon ange en studio »De t’entendre pestiférer contre tout ce qui semble te résister dans notre cuisine me fut un vrai moment de délire mais je m’applique à ne t’en rien montrer lorsque tu m’apportes le petit déjeuner au lit, tu m’avais demandé de te guider pour quelques trucs rudimentaires et je l’ai fait mais le résultat est d’évidence, progrès en vue mais peux mieux faire, ce que je me garde de te dire même lorsque tu me demandes si les toasts ne sont pas trop cuits
Pas trop cuits, disons plutôt fameusement biscuits mais j’apprécie tant tes efforts que je me contente de te sourire jusqu’au moment où tu manques de te casser une dent contre l’un d’entre eux, tu me regardes alors interloqués, et je te certifie que le mien était mangeable, ce dont tu sembles te satisfaire jusqu’à un certain : « petite menteuse », mais non, je n’ai pas menti, juste un peu déformé, un peu modifié la vérité, un peu trahi
Tu me certifies alors que cela mérite punition, je me retrouve alors très vite à tâter d’une bonne fessée mais bien décidée à ne pas me laisser faire ainsi, j’en profite pour tenter de te mordre un doigt, ce qui a pour effet immédiat d’une sanction encore bien plus délicieuse, un baiser fougueux et passionné, histoire de m’empêcher encore de mordre ou de le tenter, en fait j’adore toutes tes punitions, celles que je recevais quand j’étais petite, était beaucoup moins agréable, mais de ce baiser, tout ne fut pas dit
Tu me demandes alors s’il y a quelque espoir que je t’accompagne au studio d’enregistrement où tu dois faire un passage, je te confirme que je peux envisager un arrangement avec mon patron, ce qui a pour conséquence, l’un des plus beau sourire que tu m’aies fait depuis longtemps et un rapprochement des plus polissons qui soit, tu entreprends alors de me démontrer que nos murs conçoivent un très bon isolement et que je peux m’en donner à corps et à cris
Le déjeuner à peu près mangeable a cependant fini dans l’oubli au pied du lit et ton appétit s’est exercé ailleurs jusqu’à ce qu’un coup de téléphone vienne nous déranger, ce sont tes parents qui souhaitent nous inviter, tu m’interroges et je dis oui, ils ont été si gentils avec moi durant ton absence, que tout refus serait d’un mesquin pas possible, nous convenons du lendemain soir et tu raccroches avec toujours dans tes yeux d’autres idées inassouvies
Mais je profite de cette accalmie pour prendre les « choses » en mains, j’aime être fébrile dans tes bras, j’aime couvrir ton corps de caresses, traîner une main lascive sur ton torse, ton ventre, épouser les contours de la moindre de tes chaleurs mais j’ai aussi envie de m’occuper plus avant d’un orphelin qui me semble un peu à l’abandon, mais dont la vigueur se réactive vite sous mes doigts et ma bouche, je sais, je sens que je perds le contrôle sur mes envies et que je vais à nouveau subir la loi de toutes tes folies
Tu es chaud comme la braise, je me consume à ton corps si chaud, si ardent, chacune de tes rondeurs m’ensorcellent, je me délecte en toute part de ta substance, rien n’est plus cher à mon cœur que de te sentir abandonné, soumis, j’en profite pour câliner ton ventre, si rond, si doux, si délicieux à mes lèvres et alors que je vais atteindre à cette source de vie…
Un bruit que je maudis, retentit, il fut donc écrit que nous n’aurions pas la paix ce matin, l’un des musiciens t’appelle sur ton gsm et la contrariété fait subitement place à la joie sur ton beau visage, des rides remplacent à présent ton si merveilleux sourire, j’ose une main sur ton avant bras tout étant persuadée que tu vas te bloquer et me repousser mais à ma plus grande joie, tu hausses la tête et me dit : « un pépin, mais pas un joli pépin comme mon petit raisin », ce que tu peux être mignon avec chevillée à ton corps, cette si belle vie
Première fois que tu partages tes problèmes et que tu arrives à retrouver si vite ta luminosité, je te laisse me parler du problème, encore du matériel qui a souffert durant un transport et l’une des guitares est introuvable, de fait pas la tienne dont tu prends personnellement le plus grand soin, ton premier achat, ta première envie hors de prix, il t’arrive de la bichonner presque autant que moi, je t’en plaisante d’ailleurs souvent avec l’une ou l’autre idiotie
L’après-midi nous retrouve donc au studio où je ressens très fortement une atmosphère lourde dont toutes les finesses m’échappent mais dont les aléas te portent indiscutablement aux portes de l’agacement mais tu contrôles, tu fais des efforts, tu prends sur toi et finalement vous arrivez à un consensus qui semblent du goût de tous, tu viens alors me rejoindre et me demande encore un peu de patience, tu as envie d’aller flâner un peu, histoire de t’aérer quelque peu la tête
Aucun problème, j’ai un bon bouquin et l’un de tes copains vient souvent aux nouvelles, je crois qu’avec lui, j’ai un allié dans la place, il est ce qu’il paraît, super simple et sympa et puis je suis patiente de nature, j’observe aussi beaucoup le microcosme de la vie d’un studio, plein de fourmis en super activité, et au milieu de tout cela ton visage qui semble comme un souffle de vie, ma note d’espoir, les discussions aplanies, tu sembles maintenant dans une phase créative qui te rend indiscutablement heureux, tes yeux sont en fête
Bientôt 20 heures et puis tu apparais et tout va si vite que j’ai l’impression que tu m’enlèves, en fait vous venez d’enregistrer un morceau et tu veux absolument que je l’écoute, je découvre en fait une chanson assez intimiste et parlant d’une rencontre, selon certains détails, pas difficile de voir de qui tu parles, cela m’émeut à un degré que je prends grand soin de cacher à des étrangers tout en te prenant la main, main que tu sens tremblante dans la tienne tout en me demandant si j’aime, je te murmure un oui, tout petit, discret et tout bête
Sous l’effet de cette découverte émouvante et qui m’en dit un peu plus long sur toi, sur tes sentiments, je me sens portée d’une force, je crois que si tu me demandais de marcher sur l’eau, je tenterais l’opération, j’ai envie de te demander pourquoi et je le ferai mais dans l’intimité et plus tard, sauvage je suis, sauvage je reste, on ne change pas du jour au lendemain, les êtres
A plus de 22 heures, nous voici nous promenant dans les abords des jardins de la Tour Eiffel, tu as mil trucs à me dire et à me demander, tu es si gai, si serein et le temps doux semble un allié des plus précieux à ces moments de partage tout simple et si agréable à vivre, tu me demandes si on se fait une toile, et là encore nous profitons de notre complicité face à un film plaisant et qui nous amène à parler des enfants battus
La, tu sens que je bloque un peu sur le sujet, tu veux en connaître la raison, pour toute réponse, je te délivre un elliptique : « mon père avait le règlement chevillé au corps et j’en ai beaucoup souffert », devant ma réaction, tu préfères alléger l’atmosphère en revenant sur le titre que tu viens de boucler en studio afin de me demander plus en détail mon avis, tu ne t’attends pas à ma question et à mon pourquoi, pour peu tu sembles devant mon interrogation, quelque peu abattu
Tu m’expliques alors que le manque de moi a été terrible lors des deux derniers mois et que c’était pour toi, une manière de te rapprocher de moi et de moins souffrir de mon absence, je te réponds alors que j’en suis très touchée et que j’approuve ta discrétion autant que ta déclaration au travers des paroles dont certaines me trottent en tête, j’aime la simplicité de tes mots, de tes intentions et de tes surprises mais je n’ai pas encore tout vu
Nous repassons dans un petit resto où tu avais autrefois tes habitudes de célibataire, nous sommes bien et c’est l’un de ces instants que tu mets à profit pour m’offrir un bijou (tu précises, pas une bague car tu ne veux pas effrayer la sauvageonne que je suis), en fait un très beau collier en or et où à l’extrémité se trouve une rose blanche noyée dans les derniers fils d’or du pendentif, c’est non seulement très beau mais très précieux, et sans nul doute, très cher, tu précises encore : « petit, menu et délicat comme toi ! » , oui c’est cela que pour moi, tu as voulu !
Caliente
Illuna

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