vendredi 7 mars 2008

Un ange - 15e du nom

Photos de Marie du forum "crazy-julien" - bien le merci...
« Retour à la réalité avec mon ange »

Déjà deux mois que nous avons quitté le doux mas de Provence, deux mois que tu continues les concerts dont certains t’ont laissé un goût de non-abouti, deux mois que nos gsm nous réchauffent les émotions et nous réconfortent de nos absences respectives, mon boulot m’ayant interdit de te rejoindre comme espéré dans les premiers temps
Deux mois que je trouve notre lit, bien trop grand, l’appartement bien trop vide, deux mois que je me lamente de ton absence auprès de ma meilleure amie, deux mois que j’ai froid de ton absence, deux mois que j’en suis réduite à porter l’une de tes chemises pour dormir, histoire que les restes de ton odeur me bercent, tu me manques tant
Tu as pris après un mois d’absence la décision charmante de me faire livrer tous les jours des roses blanches, mes préférées, que tu accompagnes d’un petit mot, parfois tendre, parfois drôle, parfois plus osé, notre nid déborde de toutes ces fleurs et me résoudre à jeter les plus anciennes m’est un vrai crève-cœur, mais que j’ai hâte de ton retour, j’enrage de toi comme une enfant
Et puis miracle, le dernier concert est annulé, tu reviens enfin, oui, je sais, je ne devrais pas me réjouir mais c’est plus fort de moi, j’exulte et tout en t’attendant, j’ai préparé un petit repas simple mais qui t’aidera à bien comprendre oh, combien tu m’as manqué, combien tout ici m’a parlé de toi, de ton sourire, de tes habitudes, de tes mauvaises humeurs, même ta vieille guitare semble me narguer, oh, je t’aime tant

Puis tu es là au bas de notre immeuble avec tout tes bagages, que nous devons monter en plusieurs fois par l’entremise de notre vieil ascenseur, alors il y a d’abord ce premier baiser timide, celui des retrouvailles sous l’œil complice d’une voisine, qui nous tance un : « salut, les amoureux » dont nous rougissons comme deux collégiens pris en défaut, puis le deuxième plus chaud, plus gourmand celui qui a deux mois de retard et que rien ne vient troubler, tu es bouillant presque fiévreux, tu as soif et comme toujours j’ai faim ou est-ce l’inverse
Alors que nos pérégrinations vont se terminer de tous ces sacs et valises, le croirez-vous une panne de courant nous bloque dans l’ascenseur, prisonniers derrière ce fragile grillage entre deux étages, là dans le noir, tu es pris d’un fou rire, tu me jures que le coup de la panne n’était pas dans tes intentions, et là notre aimable voisine, si attentionnée, nous confirme une panne générale dans le quartier et qu’il nous faudra prendre patience, mais nous avons tout le temps, le pire n’est pas d’être coincé, le pire eut été que l’un de nous deux le fut et pas l’autre, et alors que le silence nous entoure, la pluie au dehors tombe à verse
J’entends ta respiration soudain plus rapide, tu bouges et mets dans un coin les deux derniers sacs, tu te rapproches de moi, tu me demandes si je suis bien, si j’ai peur du noir, si je suis prête pour une nouvelle expérience, je sens tes mains gourmandes et brûlantes sur moi, de ne pas te voir, toi si beau me donne la possibilité de goûter à d’autres sensations, te sentir si hardi, si impatient me rend follement en attente de ton vouloir, interdit de mon inhabituelle inactivité, tu t’arrêtes et me demandes si j’ai vraiment envie de toi, ma réponse fuse : Tais-toi et aime-moi à en tomber à la renverse !Tu ne te fais pas prier, tu ôtes ton t-shirt et le mien, tu n’es plus fébrile ni hésitant, ton torse pèse à présent sur ma poitrine, nous sommes en fusion, tes mains exigeantes caressent ma taille et mon ventre tandis que tes lèvres s’abreuvent de mes seins, puis ta bouche rattrape aussi la mienne, tu sembles partout à la fois, ta langue est délice à tout ce qu’elle touche de ma chair, je sens que tu t’accroupis, je sais très bien ce que tu veux de moi, j’essaye maladroite et confuse de te l’offrir, il n’est plus temps de la pudeur, ta bouche cherche le cœur de ma substance alors que tu viens de te débarrasser de la dernière barrière à tes envies, tout cela me bouleverse

Et contre toute attente, je me mets à pleurer, tu te redresses et dans un immense silence, excepté la pluie au dehors, tu me prends dans tes bras, tu me jures que cela va aller, tu m’appelles ta toute petite fille, tu cherches à comprendre le pourquoi de ce torrent de larmes auquel je te réponds que tu m’as tellement manqué, tu me serres alors plus fort mais si tendrement aussi, je te demande pardon de mes émotions défaillantes mais ton unique réponse est : « Je t’aime, ma si forte et si fragile petite femme » et pour la première fois depuis très longtemps, trop longtemps sans doute, je te réponds d’une voix étranglée : « Je t’aime », et de cela je n’ai plus aucun doute
A ton tour, cet aveu semble te troubler plus que de raison et alors que tu me consoles de ton mieux, je sens aussi que des émotions très fortes affluent sur ton visage par l’entremise de quelques tremblements, il me semble que nos larmes se mélangent à présent, tu as la gorge nouée et je t’embrasse avec un désir qui remonte à la surface et qui reprend le dessus sur tout ce trouble, j’appelle ton corps à recommencer s’il est temps encore ses insolentes et voluptueuses élucubrations, tu me demandes si je suis bien certaine, oui mon brave soldat, tu peux reprendre ta route
Tu me couvres à nouveau de baisers fous, délirants, impromptus et ta folie va libérer et balayer peu à peu mes dernières réticences, mes dernières peurs, je m’ouvre à toi et sentir ta langue en moi est d’une puissante sans nom, tu t’agrippes à mes fesses, tu es sourd à tout ce qui n’est pas notre besoin l’un de l’autre, et je t’invite d’une force à me faire tienne par l’entremise de ton sexe, et si la lumière jaillit en moi, c’est celle de la violence de notre union, un éclair aveuglant aux bords de la jouissance et nous goûtons d’un partage commun à notre déroute
Puis le froid reprend ses droits, tu tâtonnes à la recherche de nos habits, tu butes contre les sacs, la grille, tu jures que ce noir qui t’allait si bien tout à l’heure, n’est plus ton meilleur ami, là c’est moi qui pars d’un fou rire, tu m’as passé un t-shirt mais à son odeur délicieuse, je le sais tien, là tu en as perçu la raison alors qu’à ton tour tu pars d’un grand éclat de rire guttural, et je sens tes mains qui me cherchent, et oui mon amour, fasse que notre curieuse voisine ne remarque rien, sinon que nous soit mis à profit le doute

Tu me prends dans tes bras, tu me parles des concerts, nous nous servons des sacs comme sièges improvisés, dommage que tu n’aies pas ta guitare, tu m’aurais montré ce nouveau morceau que tu as composé, à mon intention que tu dis, ton visage s’abandonne contre ma poitrine, je passe ma main dans tes cheveux, tu passes la tienne dans mon dos, je te sens fatigué, prêt à t’endormir, apaisé, comblé, combien a duré la magie de ce calme, une éternité, une seconde, puis comme tout ce qui est bon, il y a eu une fin, la lumière est revenue et si notre inquiète voisine a remarqué ou soupçonné quelque chose, elle n’en a rien dit
Nous voilà enfin arrivé dans notre appartement, tu ris encore en me faisant remarquer que tu as mis plus de temps du bas au haut de l’immeuble que d’un bout à l’autre de la France et moi je ris de mon t-shirt sur toi, visiblement trop menu pour tes épaules de mec, je t’invite à te regarder dans le miroir de notre chambre, tu prends alors dans un grand délire des poses de plus en plus féminines, tu trouves que tu n’as pas l’air très recommande en femme, tu ris de plus belle, et moi de te voir si heureux, je m’en laisse tomber sur notre lit
Fatale erreur, je vois alors tes yeux prendre cette couleur indigo très souvent annonciatrice de tes intentions libidineuses, là je te supplie de ne pas oublier le petit repas que j’ai mitonné à ton attention, d’avoir pitié de la cuisinière, mais mes arguments ne pèsent pas bien lourd face à ton obstination première, notre lit, et comme toujours je vais te céder, tu as de fait très faim mais tout simplement, selon moi, pas du bon appétit
La nuit sera très courte mais son intensité nous laissera fatigué aux portes du petit matin, je sens les battements de ton cœur qui à nouveau me bercent, je suis là plus détendue que jamais, je sens ta main qui joue avec mes boucles soyeuses et emmêlées, tu m’invites à rester encore au lit tandis que tu vas préparer le petit déjeuner, perdue dans un océan de bonheur, je sens quelques odeurs venir narguer mes tentatives de me réendormir, j’entends tes pas dans la cuisine, tu cherches et ne trouves pas, tu pestes contre la gazinière qui semble te résister, de m’empêcher de sombrer dans les bras de Morphée, pour peu mon bel amant, je t’en maudis….

Caliente
Illuna



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