dimanche 23 mars 2008

Le panthéon de mes 9 arts en regard de Julien - 2ème partie

Caps en studio obtenu via forum "crazy-julien"

« Neuf arts, un peu trop pour un seul homme, mais quel artiste ! » - 2ème partie

La danse

En regard de tes fièvres et ta classe, je ne peux et ne veux songer qu’à l’un des plus grands, Jorge Donn que Béjart porta vers les Béotiens par l’entremise du Boléro de Ravel, lancinant, fascinant, exigeant, perpétuel insatisfait, si imprégné de son art, qu’il ne voyait rien d’autre que le prochain geste, que le prochain mouvement, tout comme toi aussi peu amoureux de la folie des fans, distant, vivant déjà bien avant l’heure dans un autre monde, comme si déjà il était là-haut avant l’heure, étoile inaccessible, soleil brûlé par sa propre et irradiante « flamboyance », être tourmenté, passionnée, dévoré, jamais satisfait, en mode recherche perpétuel et qui me ramène d’une force vive et intense vers toi, Julien, au minimum aussi ravagé que lui par son goût de l’absolu !


Et puis aussi, parce qu’il fut un précurseur, un annonciateur, Vaslav Nijinski dont les nombreux entre-chats ne sont pas sans me relancer avec malice vers ta langue aux chattes. Et plus sérieusement parce qu’il refusa de vêtir à l’ancienne pour délivrer ses pas révolutionnaires pour l’époque, qu’il fut le concepteur des annotations modernes de la danse et parce que sa quête de l’absolu l’amena à perdre ses moyens et à vivre dans l’ombre jusqu’à sa mort. Un goût de maudit dans la bouche…


La musique
Sans hésiter l’adagietto de la 5e symphonie de Gustav Mahler qui hante Mort à Venise, film de Visconti construit sur le roman éponyme de Thomas Mann, celui-là même qui écrivit ma sentence préférée « L’amour n’est rien, s’il n’est pas de folie, une chose insensée, défendue et une aventure dans le mal » et aussi parce que Mahler ne vivait que d’excellence, repoussant de toutes ses faibles force le médiocre. Reconnu après sa mort comme l’un des meilleurs compositeurs mais de son vivant tout juste considéré comme un grand chef d’orchestre. Thomas Mann éprouvait une réelle admiration pour Gustav Mahler, et le film de Visconti sert admirablement un thème difficile sur l’homosexualité et ses affres, et où la mélancolie de l’œuvre du compositeur fait là des merveilles, son œuvre rend hommage aux affres des chemins maudits.
Tout comme toi, lorsque tu livres ta version, ravagée de « I put a spell on you », tu sais que tu peux déplaire, mais tu es si heureux du résultat que tu sembles interdit face à un jury qui mettra des jours à comprendre que tu es d’une autre race, de celle qui sait souffrir pour son art, sa création, qui veut tout tenter, tout oser, tout côtoyer, tout sauf le médiocre. Tout comme toi, qui n’a pas choisi la facilité, ni des paroles convenues, ni des écrits mielleux, toi qui reste en accord avec ton moi intérieur et qui ne souhaite rien concéder au grand public et moi, qui jubile à le percevoir ainsi.



La poésie
La poésie dont les origines grecques nous traduisent « faire, créer », alors Julien, toi qui te refuse à copier, toi qui fait du neuf avec du vieux, toi qui sans cesse crée, invente, innove, tu es donc un poète, puisses-tu ne pas être maudit tout comme Rimbaud, ni malheureux en amour tout comme Musset., pour qui je nourris malgré son horrible penchant pour l’alcool, une tendresse absolue et grâce auquel je te dédie ces quelques vers :

« Eh quoi ! l'infortuné qui trouve une étincelle
Dans la cendre brûlante où dorment ses ennuis,
Qui saisit cette flamme et qui fixe sur elle
Ses regards éblouis ; »
Parce que ces quelques vers ont pour moi la symbolique de la découverte d’un art rare et précieux et qui ne demande qu’à poindre aux abords d’un jour nouveau, tout comme toi, Julien lorsque tu as bouleversé l’ordre bien établi de mon petit univers quelque peu endormi.

Musset, aussi, pour son goût prononcé du théâtre, ses galéjades, ses portes fermées ou ouvertes, portes qui me relancent vers toi, mon ouvreur de portes impossibles mais qui tente quand même la folie dépoussiérer le conventionnel de l’artistique Français.
- fin 2e partie -
Caliente
Illuna






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