« La chamade »J’ai le cœur qui bat à tout rompre, j’ai monté la volée d’escaliers quatre à quatre, je sais que tu m’attends comme chaque année depuis notre premier jour, notre premier mot, notre première nuit d’amour.
Je sais que tu as gravi ces marches avant moi, je sens encore ton odeur au détour des paliers, l’ambre et la cannelle virevoltent autour de moi, accentuant mon désir, exaltant mes sens, j’ai l’âme d’une adolescente à son premier rendez-vous.
Seras-tu doux, tendre ou bien fou et plus passionné, jamais tout à fait autre, ni tout à fait le même, quelle surprise me feras-tu, qu’auras-tu imaginé pour me combler, que me diras-tu de cette voix chantante que j’aime tant lorsque résonne sous les poutres de veille bâtisse.
Toutes mes émotions sont en lutte, je ris, je pleure, j’ai envie, j’ai peur, j’ai faim, j’ai soif, et cette magie perdure maintenant depuis plus de dix ans, dix ans à s’aimer comme des fous au mépris et à l’insu de nos familles respectives, dix ans à préférer l’incertain de nos rencontres à la sécurité d’une vie à deux, pourquoi, parfois nous doutons de l’envie de protéger nos proches, nous savons alors que c’est la peur de perdre notre précieux trésors au travers d’un quotidien sans saveur, sans assurance de passer le cap de l’ennui d’une vie à deux au jour le jour, oui nous sommes deux menteurs doublés de deux affreux égoïstes mais nous sommes si heureux ainsi, alors pourquoi y remédier, tout changer, tout foutre en l’air ?
Dix ans, que nous avons cessé définitivement d’être des enfants et surtout d’être innocents, tu es marié et peu comblé pour ne pas dire malheureux, je suis mariée et je me sens comme un vieux pot de fleurs que l’on a oublié sur le coin de la cheminée.
Nos regards se sont croisés et compris d’emblée le jour de ton mariage auquel j’étais invitée par des amis de la mariée, tu semblais résigné, peu enclin à la fête lorsque m’isolant j’étais tombée sur toi au détour d’un besoin de solitude, dix ans que nous nous aimons comme des fous dans ce vieux grenier situé au dessus d’une grange en plein campagne.
Vieux grenier, témoins de nos besoins, de nos ardeurs, vieux d’un sagesse qui ne vivra jamais en nos cœurs, ni en nos ventres, nous sommes au contact l’un de l’autre, si fusionnel que nous penons bien soin de ne pas trop nous croiser lors de grandes réunions amicales et dix ans que nous réussissons parfaitement à nous aimer sans avoir besoin de nous justifier, nous sommes fait l’un pour l’autre mais nous ne vivrons probablement jamais ensemble !Là, je vais pousser la porte du grenier et la féerie va pouvoir nous emmener loin, très loin du contingent et des ses affres. Je suis gaie comme un pinson, j’ai envie de chanter à tue-tête mais dans un même temps, en touchant la poignée de la porte, je suis émue comme dans un église dont la profondeur du silence m’émeut et m’atteint, cela même si je ne suis pas croyante.
Il fait noir, le foin embaume les lieux ainsi que « l’émouvance » de ta saveur, ton épice enveloppe la magie des lieux, je devine sans peine ta présence, je sens que tu te rapproches de moi, je devine que tu es derrière moi, lentement, doucement tu m’enserres ainsi de tes bras, tu fais peser ta tête sur mon épaule, tes mains s’approprient déjà mes seins qui ne semblent attendre leur éveil qu’à ton seul contact, tes mouvements au travers du tissu sont lents et appuyés, ton pouce parcourt mon cou et tes doigts pincent ma peau comme si tu devais imprimer une marque, un sceau à ma chair, ton pouce remonte alors jusqu’à ma bouche comme pour graver ma lèvre inférieure de ton désir, je ne peux m’empêcher d’ouvrir ma bouche, de le pincer entre mes lèvres, de le mordiller, de le toucher du bout de ma langue.
Tu murmures alors un guttural bonjour à mon oreille, tu écartes de ta bouche quelques mèches de cheveux qui t’empêchent de me toucher selon l’humeur de tes ardeurs, je devine aussi l’orée de ta barbe qui frotte sur le bas de ma joue, tu sais que si tu appuies plus fort ce contact, tu vas me faire mal, ne pas te voir accentue les battements de mon cœur, je brûle du désir de te voir mais rien ne presse quant à abreuver cette source de tentation, ne pas satisfaire une envie en augmente souvent son pouvoir.
Toi qui le sait tout autant que moi, tu as décidé que notre première union serait en ce début de nuit pleine de promesses sans le plaisir visuel, mais alors que le charnel nous dévore de plus en plus et de toute part, tu m’enlèves par l’arrière ma petite robe que tu laisses négligemment tomber à même le sol, tu ne daignes toujours pas me faire face et alors que tu sais pertinemment que cela sera oui à tout, tu me demandes de charmante manière si je t’accorde le droit de me prendre ainsi, je pense alors que ces questions que tu distillent au fil de nos rapports sont comme des petites marques de respect, comme une estime surlignée du fait que tu ne considères pas tout comme dû ou acquis, tu restes en demande, inutile de préciser que ce genre de délicatesse est hautement apprécié !
Lorsque enfin rassasié l’un de l’autre par l’ébauche de nos premières ardeurs, j’obtiendrai le droit de te voir, de te regarder, je me sentirai fondre à la rencontre de ses deux lucioles malicieuses qui me fixent avec un bonheur avoué et affiché par l’entremise d’un sourire qui en dit long sur notre belle complicité. Comme souvent, tu drapes la paille d’une épaisse couverture afin que les bouts piquants de cette sauvageonne n’entame pas la sensibilité de ma peau de bébé, nous pouvons alors nous étendre, nous parler de toutes les futilités auxquelles nous jugeons bon d’accorder nos délires et nous ébattre selon le gré de nos humeurs et fantaisies. Le bonheur n’ayant pas toujours le même profil au fil de nos retrouvailles.
Nus à présent, l’un contre l’autre, mes doigts caressent le velouté de ta poitrine où vit en permanence un tatouage dont j’envie l’emplacement, sa proximité avec ton cœur, là où je voudrais vivre, nichée en permanence chaque jour que dieu fait.
Tu murmures alors un guttural bonjour à mon oreille, tu écartes de ta bouche quelques mèches de cheveux qui t’empêchent de me toucher selon l’humeur de tes ardeurs, je devine aussi l’orée de ta barbe qui frotte sur le bas de ma joue, tu sais que si tu appuies plus fort ce contact, tu vas me faire mal, ne pas te voir accentue les battements de mon cœur, je brûle du désir de te voir mais rien ne presse quant à abreuver cette source de tentation, ne pas satisfaire une envie en augmente souvent son pouvoir.
Toi qui le sait tout autant que moi, tu as décidé que notre première union serait en ce début de nuit pleine de promesses sans le plaisir visuel, mais alors que le charnel nous dévore de plus en plus et de toute part, tu m’enlèves par l’arrière ma petite robe que tu laisses négligemment tomber à même le sol, tu ne daignes toujours pas me faire face et alors que tu sais pertinemment que cela sera oui à tout, tu me demandes de charmante manière si je t’accorde le droit de me prendre ainsi, je pense alors que ces questions que tu distillent au fil de nos rapports sont comme des petites marques de respect, comme une estime surlignée du fait que tu ne considères pas tout comme dû ou acquis, tu restes en demande, inutile de préciser que ce genre de délicatesse est hautement apprécié !
Lorsque enfin rassasié l’un de l’autre par l’ébauche de nos premières ardeurs, j’obtiendrai le droit de te voir, de te regarder, je me sentirai fondre à la rencontre de ses deux lucioles malicieuses qui me fixent avec un bonheur avoué et affiché par l’entremise d’un sourire qui en dit long sur notre belle complicité. Comme souvent, tu drapes la paille d’une épaisse couverture afin que les bouts piquants de cette sauvageonne n’entame pas la sensibilité de ma peau de bébé, nous pouvons alors nous étendre, nous parler de toutes les futilités auxquelles nous jugeons bon d’accorder nos délires et nous ébattre selon le gré de nos humeurs et fantaisies. Le bonheur n’ayant pas toujours le même profil au fil de nos retrouvailles.
Nus à présent, l’un contre l’autre, mes doigts caressent le velouté de ta poitrine où vit en permanence un tatouage dont j’envie l’emplacement, sa proximité avec ton cœur, là où je voudrais vivre, nichée en permanence chaque jour que dieu fait.
Ta bouche est gourmande et s’approche dangereusement de certains monts qui vont encore imploser de plaisir sous ta langue coquine avant que ton corps ne reprenne un total contrôle sur le mien, ce bien avant que la nuit ne nous trouvent endormis, enlacés et comblés.
Le petit matin nous cueille souvent désolé d’avoir à nous promettre une nouvelle nuit dès que cela nous sera possible, jamais de téléphone, jamais de lettre par la poste, juste un endroit connu de nous deux où nous déposons au seuil de la porte cochère, nos désillusions, un endroit où n’entrent pas les ennuis et les tracas, un endroit où nous pouvons partager notre besoin insatiable l’un de l’autre sans faire souffrir les autres.
Le petit matin qui voit toujours naître la promesse du rendez-vous suivant…
Un endroit où notre amour n’a pas vieilli, pas subi les assauts de la vie, un endroit précieux comme les ailes d’un papillon et dont chaque nuit est éphémère comme la vie d’un papillon sur terre, cet endroit qui porte un charmant nom, bien a propos, « bagatelle », nom prédestiné s’il en est dans ce monde !
Caliente
Illuna
Le petit matin nous cueille souvent désolé d’avoir à nous promettre une nouvelle nuit dès que cela nous sera possible, jamais de téléphone, jamais de lettre par la poste, juste un endroit connu de nous deux où nous déposons au seuil de la porte cochère, nos désillusions, un endroit où n’entrent pas les ennuis et les tracas, un endroit où nous pouvons partager notre besoin insatiable l’un de l’autre sans faire souffrir les autres.
Le petit matin qui voit toujours naître la promesse du rendez-vous suivant…
Un endroit où notre amour n’a pas vieilli, pas subi les assauts de la vie, un endroit précieux comme les ailes d’un papillon et dont chaque nuit est éphémère comme la vie d’un papillon sur terre, cet endroit qui porte un charmant nom, bien a propos, « bagatelle », nom prédestiné s’il en est dans ce monde !
Caliente
Illuna



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