« Passion sous l’œil de l’ange »De retour à notre appartement, je regarde le bijou que tu viens de m’offrir alors que tu me demandes si je suis contente, bien évidemment, puisque tu l’as choisi en fonction de mes goûts mais je ne suis pas en reste, j’ai moi aussi un petit cadeau pour l’anniversaire de nos cinq mois ensemble, certes bien plus modeste mais fait avec cœur, il s’agit d’une sanguine que j’ai dessinée de toi, endormi lorsque nous étions en Provence
Tu as l’air d’un enfant devant son premier sapin de Noël, tu observes chaque détail avec malice, la qualité du papier utilisé pour donner une impression de relief propice à la troisième dimension mais ce qui t’intrigue le plus c’est quand j’ai réussi à te « choper » dans cette position, de fait tu es nu, à peine couvert par le drap, les fesses à l’air et ton visage posé de côté ressemble volontiers à celui d’un ange, toute inquiétude a quitté ton visage qui est reparti sur les chemins de l’enfance
Je t’apprends alors si tu ne le savais pas que souvent je te regarde dormir, j’aime immensément la beauté tout de quiétude qui émerge de ton être, alors qu’aucune blessure n’est plus susceptible de t’atteindre, ce moment que j’ai capté, j’ai essayé de lui rendre justice pour le bonheur de l’avoir vu et de m’en être émerveillée, tu me certifies qu’avec un cadre du plus bel effet, nous pourrions envisager de le mettre au mur près de la coiffeuse et alors que ton regard danse
Je suis simplement heureuse qu’il te plaise, tu m’attires à toi pour un baiser « spécial merci » que de sitôt je n’oublierai tant sa volupté fut soyeuse à ma bouche, j’aime te voir épanoui, savoir que je te fais du bien, que je t’apaise, donne un sens à notre rencontre, tu me demandes alors si j’accepterais de te laver les cheveux à pareille heure, je pourrais difficilement te le refuser tant je sais à quel point tu aimes ce moment où à ma merci, tu te sens détendu, presque sans défense
Nous voici donc dans la salle de bain, shampoings, peignes, brosses, et surtout après-shampoings ont été préparés pour une séance de bien-être dont tu sors toujours au bord des larmes, tu aimes tout particulièrement ce moment où je te masse le cuir chevelu, où je démêle ta tignasse dont les nœuds disparaissent au fil d’un peignage délicat et volontairement lent et dont la douceur est comme une caresse d’une autre dimension
La nuit enserre notre complicité de ses mains tentatrices, toujours assis sur ton tabouret junior (comme nous l’appelons en rigolant) mais si pratique à usage domestique, ta tête arrive à hauteur de ma poitrine, ce qui semble beaucoup t’inviter à plus d’appétit, j’ai beau te rappeler qu’il serait raisonnable de sécher tes blonds épis, tu ne sembles rien entendre d’autre que le chant d’une intraitable sirène, ton désir qui flotte partout à l’horizon
Je porte une de tes chemises comme souvent dans l’appartement, j’aime flâner et lutiner entourée de ton odeur, je sens alors tes mains qui déboutonnent celle-ci, et qui permettent à ta figure de se rapprocher de mon ventre, de mes seins, je frissonne au contact de tes cheveux encore mouillés dont tu n’hésites pas à te servir pour infliger à mon corps mil et uns supplices dont le seul contact impromptu me permet de réaliser la vilénie de ce tourbillon
Tes mains à présent dans mon dos, m’invitent à m’asseoir sur toi toujours torse nu, le contact plus intime de nos deux peaux, nos deux chaleurs est des plus troublants, je connais bien ton corps à présent mais la magie de nos « rencontres » distillent à chaque fois un parfum nouveau dont les effluves dansent dans mon cœur comme l’écho subtil d’une découverte toujours plus émouvante du bonheur que l’on arrive à s’offrir, souvent dans tes bras je me sens légère comme un papillon
Tes doigts pianotent avec une sournoiserie appuyée sur les parties intimes de ma chair cependant que tes yeux ne perdent pas une miette de mes réactions, les yeux dans les yeux à présent, j’ouvre mon corps à tes désirs les plus passionnels, je laisse mon corps guitare naître à des harmonies qui lui sont inconnues mais le chef d’orchestre semble bien connaître sa partition, tu te lèves du tabouret tout en souhaitant que je reste lovée autour de toi par l’entremise de mes jambes, ma tête repose alors sur ton épaule nous sommes fusionnels
J’ai peur que tu tombes mais tu réussis sans trop de problème à nous amener dans la chambre où tu me demandes de t’enlever ton pantalon, je m’exécute dans un souffle, nous sommes maintenant nu l’un contre l’autre, tu n’en continues pas moins tes caresses intenses qui ont le pouvoir de me tétaniser autant que de m’animer selon le but que tu cherches à atteindre, je ne résiste plus à t’inviter à me pénétrer par l’entremise de mes mains gourmandes qui ont élu domicile sur tes fesses si charnelles qu’elles incarnent à elles seules, le péché originel
Tu vrilles, tu sarabandes et j’en redemande jusqu’au confins de tes limites, et le milieu de la nuit nous accueille enfin aux portes du sommeil, nous allons ainsi nous reposer d’un trait vers le milieu de la journée alors qu’un rayon de soleil plus diablotin nous cueille de nos rêvasseries et je t’entends me murmurer un : « bonjour, mon bel amour » auquel je réponds d’un baiser petit frère – petite sœur sur tes lèvres encore empreintes des ardeurs de la nuit, et qui par une magie que je ne m’explique pas, sentent délicieusement la cannelle
Tes mains cherchent à nous couvrir du drap qui a subi la dure loi de nos ébats, je me rapproche de ton corps pour profiter de ta douce chaleur et nous restons là nichés ainsi un très long moment, perdu dans nos pensées et nos premiers mots communs nous font partir d’un grand fou rire puisque nous disons de concert, que nous n’avons pas intérêt à oublier le repas avec tes parents, ce soir, tout oubli serait mal interprété, fusse-t’il non intentionnel
Ce midi nous servant de matin, nous petit déjeunons copieusement avant de nous rendre dans une galerie d’art du quartier où nous avions remarqué quelques toiles que nous aimerions à présent examiner de près, partager nos impressions, s’occuper plus qu’agréablement avant d’aller rejoindre tes parents
Nous n’avons pas vu le temps passer comme toujours lorsque nous échangeons nos ressentis sur des sujets qui nous passionnent, nous repassons très vite à l’appartement afin de nous changer et arriver auprès de tes parents, propres comme des sous neufs, mais très vite fut moins vite qu’escompté, finalement
Quelle idée aussi ai-je eu de te montrer la petite robe fourreau noire que je m’étais promise de porter pour une occasion un peu spéciale, de te demander de l’ajuster et de croire très naïvement que tu pouvais t’en tenir là, pourquoi ai-je voulu contenir tes envies et les ai-je fait de la sorte redoubler de plus belle, ce soir, tu es mon bel amant, mon intrigant, mon brigand
Dans une heure, nous devrions être près de tes parents, mais là, tu ne sembles absolument pas t’en soucier, tu n’as qu’une obsession, m’enlever de ce fourreau qui t’a mis en tête plein d’idées folles et pourquoi alors que tu luttes avec les restes de ce qui fut une très jolie robe, je pense que la prochaine fois que je voudrais faire impression, je me contenterai d’un jeans et d’un chemisier blanc qui sont toujours du plus bel effet, oui je pense à cela presque obsessionnellement
Je dois alors avoir une frimousse rêveuse, lorsque ton visage se retrouve face à face avec le mien, puisque tu juges bon de me dire, que non, tu n’as pas honte d’être ainsi déluré, excité et d’ajouter avec une mauvaise foi, que j’adore, que tout est de ma faute, que je suis une linotte de n’avoir songé à l’effet de cette robe sur le pauvre mâle sans défense que tu es, pour peu à l’orée de cette soirée, je dirais que nous avons là, un cas de mauvaise foi nocturne, je ne suis plus qu’une pauvre chose en proie à un être déterminé et lubrique
Mais pourquoi songerai-je à me plaindre d’être l’objet de toutes tes envies et de toutes tes attentions, tu m’invites alors à me coucher sur le tapis, oh, lui il va mal finir sa vie à ainsi devenir trop complice de nos délires et alors que ton désir s’accroît et ne semble pas beaucoup s’embarrasser de préliminaires, je souris, heureuse de ta hardiesse, de ta belle santé, de ta gourmandise, déterminée à te laisser faire de mon corps ce que tu veux mais résister au plaisir qui afflue va bientôt être des plus critique
Je t’attends alors murmurer « mauvaise femme qui n’a aucune pitié de son homme », ta voix, ta bouche près de mon oreille sont plus fatales que n’importe quoi d’autre émergeant de toi, pourquoi tes mots dans le plaisir libèrent toujours mes dernières réserves, mes dernières frontières, mes dernières retenues, ta main me force alors à te regarder plus intimement, plus émotionnellement, pourquoi m’étonner d’entendre, un « aime-moi » des plus fatidiques !
Julien qui sait comment alerter tous mes sens et qui sait comment me ramener à lui, Julien qui devra trouver un gros mensonge face à ses parents quant à expliquer notre retard, Julien que je n’aiderai pas dans son explication, Julien dont le creux d’une épaule m’invite à le mordre, pourquoi, ai-je toujours envie de goûter à ta peau, la lécher, je le sens, je vais encore perdre la raison, divaguer, dériver, hurler puis lorsque je serai comblée, aux bords des larmes, j’aurai de nouveau honte de m’être conduite comme une hystérique mais il en est ainsi à chaque fois, que tu me comptes colchiques
Julien, dont les grains d’or clairsemés sur sa substance me rendent dingue, je chavire à chaque escale, nos transpirations se mêlent à présent, ton ventre arrondi, arc-bouté de plaisir offre au mien toute l’étendue de ce qu’une femme peut désirer de la masculinité d’un homme, notre accouplement va encore nous enivrer plus que de raison, comme tu peux me plaire, et comme j’aime que tu n’aies rien de trop raisonnable, ni de trop conventionnel
Je t’aime divinement passionnel, limite rebelle et j’entends bien te le dire aussi par l’entremise de mon corps, tu m’as rendue gourmande et je n’en ai plus peur inutile, ni pudeur futile, je me sens naturelle et belle comme si tout en moi avait toujours été conçu pour devenir ainsi, pour être là entre tes bras, aimée, aimable, aimante et amante, en fait chacune de tes hardiesses, de tes invites se trouvent relayées par l’une des miennes, nous devenons alors en toute simplicité, fusionnels
Le plaisir avec toi se décline par vagues et par cascades, l’eau bouillante et le feu intense se mélangent, et généralement nous nous noyons dans un océan d’où notre émergence m’amène souvent au bord d’une émotion extrême et là comme si la furie des éléments avait bien voulu m’épargner jusqu’à la prochaine tempête, je te retrouve souvent à me susurrer que tout va bien, à me caresser le corps avec une infinie tendresse comme pour apaiser mes derniers soubresauts, tu es alors doux comme le miel
Alors qu’encore un peu à court de souffle, je t’entends me dire qu’il faudrait peut-être y aller, aller, aller, mais aller où, là je plane encore mais l’heure va se charger de remettre bon ordre à mon indolence, il ne nous reste plus qu’un quart d’heure, alors que trois nous seraient nécessaire, tu décides alors d’expliquer un imprévu imaginaire à tes parents qui semblent te dire, que nous prenions notre temps, que rien ne presse mais alors que tu refermes la porte de notre appartement tout en m’embrassant, je me sens presque éternelle, flottante, presque irréelle…
Magie de l’amour, magie de ton amour…
Caliente
Illuna

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