Photos issues de la revue L'express - obtenues vie le forum "crazy-julien"
« Mon ange en perdition »Nous revoilà chez nous après un repas familial des plus agréables, par contre tu as reçu un appel sur ton gsm et je n’ai pas réussi à t’arracher deux mots depuis, tu me dis que tu dois t’absenter et que tu seras là au petit matin, tu comprends en regardant mon visage quelque peu abattu que tu devrais m’expliquer mais tu me demandes de te faire un petit crédit confiance, ce que je consens à regret, sans la moindre ardeur
En fait le crédit confiance sera d’une durée de plus de deux jours, deux jours à me torturer l’esprit, deux jours à ne savoir quoi imaginer et où même tes parents venus nous voir à l’appartement n’en savent pas plus, bref, je m’efforce de vivre aussi un peu pour moi, j’ai signé un nouveau contrat d’emploi, un mi-temps à l’essai pendant un an, j’ai acheté une peinture pour te l’offrir que nous avions vu à la galerie, un coup de cœur
Je pensais stupidement le temps des secrets, quelque peu derrière nous et je constate subitement aux détours d’événements qui m’échappent, qu’il n’en est rien, que je reste étrangère à certaines parties de ta vie, je m’efforce alors de penser à ce que tu ne sais pas encore de moi et je trouve alors que ce long silence n’est pas si grave, que toi non plus tu ne sais pas tout, bref construire prend du temps, surtout le bonheur
Le week-end arrivant, étant toujours dans le plus grand inconnu, je décide de partir chez une amie et de rester sereine face à mes démons, je mets quelques affaires dans un sac, je tente de te joindre mais ton gsm est fermé, je te laisse alors un petit mot « pardon, mais le doute me ronge et ton absence inexpliquée en ajoute encore à mes angoisses, merci pour cette délicieuse fin de semaine, je suis chez une amie, à lundi », écrit avec bien des aigreurs
Alors que je vais prendre mon taxi, tu arrives impromptu sur mon dos me demandant où je vais, je te réponds chez une amie, tu me demandes de décommander, mais je refuse, tu essayes de m’expliquer que tu as besoin de moi, vraiment besoin, mais déçue je refuse de l’entendre, tes mains me retiennent, tes yeux soutiennent et interrogent les miens mais je te repousse une fois encore, tu décides alors de prendre le taxi avec moi, le chauffeur me demande alors, si tout va bien, je réponds un banal oui mais le gars n’est pas idiot et insiste, je lui donne alors l’adresse de mon amie
Tu es assis près de moi comme si cette fin de semaine n’avait jamais existé, tu refuses de me lâcher la main, que tu caresses de façon appuyée, tu te rapproches de moi, tu cherches mon regard, tu veux me rassurer, tu sens délicieusement bon, je me détends car je ne sens que ton odeur, pas celle d’une autre femme tant redoutée, ton autre main s’insinue fiévreuse sous mon chemisier, ta chaleur me gagne et m’emporte, tu me bloques tout contre ton torse, tu me dis des mots doux, légers, fous, tu admets que tu comprends ma réaction, tu commences à m’embrasser, tes lèvres sont déterminées à me noyer de leur charme, c’est à nouveau un corps à corps de folie
Je donnerais n’importe quoi pour être en Angleterre, là où dans le taxi, il y a souvent une nette séparation entre la partie chauffeur et client, j’ai honte de ne pas arriver à maintenir ton désir, pire, j’ai honte de la passion qui monte le long de mes reins, de l’appel que lancent mes seins à ta poitrine, là où toi tu sembles te moquer royalement de tout embarras, bien que parfois si timide, si discret, là tu t’en moques, j’ai envie de te dire, attends, pas ici, pas comme cela, mais voilà, c’est que moi aussi j’ai envie, très envie, j’ai remonté ton t-shirt, je sens la chaleur de ta peau, ton ventre arrondi de désir m’invite à pécher plus que de raison et à aborder de nouveaux rivages en « Absurdie »
Ce pays où plus aucune pudeur stupide ne délimite les contours de notre plaisir, le taxi semble s’arrêter, j’entends bien une voix au loin qui tente de nous faire comprendre que l’on est arrivé, j’entends aussi ta réponse : « vous avez très envie d’une cigarette, je vais paye la pause, ok ? », avec pour réponse, un « ok, Monsieur Doré (eh, oui, t’as été repéré) si vous payez, pas de soucis, la bagnole trois étoiles est à vous mais soyez gentil avec la petite dame à laquelle vous avez l’air de tenir beaucoup, je veux pas d’ennuis !», tu me regardes les yeux plein d’étoiles, tu me promets alors d’être très gentil, je me sens toute floconneuse, tout ouatée, comme en suspension sur un fil magique, limite abasourdie et ahurie
Tu es fou de joie de me tenir dans tes bras, tu me dis que sans moi, cela a été l’horreur, que tu as mil choses à m’expliquer mais tu insistes pour un tout dernier crédit, une petite demi-heure, tu te joues de mes dernières réticences avec une telle facilité que j’ai honte, tu m’achèves encore plus lorsque je t’entends me murmurer que tu m’aimes, que tu sais que j’enverrais balader d’un revers de la main quiconque m’aurait mis dans cette situation, tu me remercies par ta douceur, tes mains errent sur mes seins a l’affût d’un refus que ne viendra plus
Tes lèvres gourmandes ont décidé d’entériner toute résistance, je te force à la patience en regard de mes vêtements et tu n’oses aller au-delà de mon sentiment, mais lorsque toute entrave est dégagée de ta route, tu recommences de plus belle à me faire vibrer, trembler jusqu’au moment fatal où tu m’invites à m’asseoir sur toi, un « toi » qui semble alors au mieux de sa forme, des secousses conjointes vont alors nous envoyer vers Cythère, puis tout doucement comme un retour dans le monde des vivants, je reste blottie tout contre toi, histoire d’honorer jusqu’au bout le dernier crédit que je t’ai accordé, de cette liesse impromptue, je veux être certaine d’avoir tout capté, tout goûté, tout mangé et tout bu
Je t’embrasse alors à pleine bouche, gourmande comme si cela devait être le dernier de nos baisers, ma hardiesse rencontre la tienne, elles se plaisent alors à se narguer de sulfureux baisers et voluptueux échanges de multiples douceurs linguales, je suis si bien à présent, si libre, si vivante que je crains à présent la moindre explication, explication pour laquelle j’aurais cependant encore supplié quelques heures avant, tu le devines sans peine, m’assures que tout ira bien mais ce genre de mot me crispe toujours un peu, quand on m’assure alors que je ne peux être mieux que tu iras bien, c’est idiot mais je fais presque un blocage mais berçant encore dans la douceur de notre union, je te délivre mon deuxième « je t’aime », en proie au besoin de t’assurer que quoi que tu m’apprennes, je serai là pour toi, comme en mode continu
Rhabillés, souriant, sereins, nous retrouvons un chauffeur content d’avoir pu se montrer sympa avec nous et qui se risque avec une certaine délicatesse « eh, les amoureux, c’est quand vous voulez et si vous le souhaitez, je vous ferai un petit tarif préférentiel », mon amie est maintenant sur le devant de sa maison à nous attendre, étonnée de nous voir tous les deux mais rassurée par l’étendue de nos sourires, elle se propose de nous loger après un petit resto, bref, la soirée s’annonce des plus sympas, tu me demandes discrètement, si on peut remettre l’explication à plus tard dans l’intimité, je te confirme que oui, sans problème, que même si cela devient superflu, savoir ne sera pas pour autant mal venu
La nuit qui aurait dû me permettre de dormir comme un bébé dans tes bras, m’a jeté en proie à l’insomnie, je me tourne, me retourne puis finalement je me lève, ne pas savoir a fini par me poursuivre jusqu’aux portes du sommeil et je suis donc très heureuse quand je remarque que tu m’a suivie jusque dans le joli petit jardin à présent tout en fleurs que mon amie possède à l’arrière de sa maison, là au calme et dans la tiédeur de la nuit, je vais enfin comprendre que tu te trouves dans un joli sac de nœuds, un vilain nid à problèmes mais que cela aurait encore pu être bien pire, oui bien pire !
Tu m’expliques qu’au tout début de notre rencontre alors que tu commençais les premiers concerts, vous avez bien arrosé cela avec les musiciens et que tu t’es retrouvé au petit matin bien embarrassé avec une fan quelque peu indésirable dans ta chambre, impossible pour toi de bien comprendre de suite l’impact et les abracadabrantes conséquences, plus occupé que tu es, à lutter contre un mal de crâne dû de toute évidence à une lourde soirée, tu finis quand même par atterrir et par comprendre qu’il valait mieux ne pas trop en rire
La fille avait bien de la suite dans les idées, elle a d’abord prétendu être là contre sa volonté ce qu’à démenti le réceptionniste qui l’avait vu circuler le sourire aux lèvres, avant autant qu’après, elle a ensuite affirmé que tu avais abusé de la situation, ce qu’à démenti le groom qui t’a mis au lit alors que tu t’étais endormis le nez sur la moquette, enfin tu as pu repousser avec l’aide de ton attaché de presse, fort utile pour l’heure, chaque accusation y compris le fait qu’elle soit mineure, au grand dam de la bougresse qui s’en est alors prise à la seule chose qui lui restait à portée, ta vie privée, et toi tu as fini par perdre définitivement patience ainsi que ton beau sourire
De grandes enveloppes sont alors arrivées à l’appartement que l’on déposait chez la concierge, toutes plus mal venues les unes que les autres mais à remettre en mains propres, tu as voulu m’en parler plusieurs fois mais tu ne l’as pas fait, tu hésitais à déjà mettre cette épée sur ma tête alors que notre relation était à peine naissante, considérant peut-être à tort que tu étais assez grand garçon pour t’en tirer tout seul là, où une soirée entre copains t’avait amené, là tu t’es arrêté de parler et tu me regardes, tu es beau à défaillir
De toute évidence, tu t’attends à un sermon sur la bière, les risques du métier, l’idiotie des mecs et de leur « queue », l’ego surdimensionné des stars, la futilité du monde du show-biz, bref tu sembles prêt pour l’abattoir mais je te tends juste la main, je t’invite à venir près de moi, tu te mets alors à genoux au bord du petit banc où j’ai pris place pour t’écouter et tu poses là ta tête sur mes genoux, un long moment je caresse ta chevelure et puis comme si ma voix venait à nous sortir de notre doux échange, je te demande ce qui t’inquiète le plus dans tout ce cafouillage
Ta réponse fuse : « toi, ta réaction ! », la peur que tu te lasses de soucis à répétition dont la responsabilité du stupide gars n’est pas absente, je te rassure alors en te confirmant que parfois on est victime malgré soi, je t’explique alors brièvement l’enfer que j’ai connu dans ma relation précédente et le refus que j’avais de construire quelque chose de neuf tant que mon ex n’arrêtait pas de me harceler, chez mes amis, à mon boulot, dans la rue, l’enfer durant un an, le pire était que j’avais l’impression d’avoir mérité ce qui m’arrivait, ce sont mes amis à force de gentillesse ainsi que mon patron qui m’ont aidé à reprendre le dessus, alors t’en vouloir pour un malheureux « libidinage », un puéril libertinage
Bien sûr la presse risque un de ces jours de mettre le doigt dessus, tôt ou tard la situation va devenir intenable, les lettres arrivent maintenant à mon attention, mais tu as supplié la concierge de ne rien me donner, ni me montrer tant que cela restait du domaine du possible, à présent au cœur de nos confidences, un grand sourire rayonne, tu balbuties : « alors, pas de reproches ?», non aucun, c’est cadeau pour tout le bonheur et le reste, on verra, si cela devient ingérable, je prendrai du recul auprès d’amis dans le sud dès que possible, tu sembles soulagé, presque heureux mais comme un noyé, un naufragé, tu es mouillé, en « nage »
Tu arrives à peine à croire à ma réaction, tu as la mine d’un condamné qui a vu le couperet ou du moins l’a craint très longtemps, mais je n’ai pas de reproche, à quoi bon, tu as déjà assez souffert tout en te débattant vers une solution qui n’est toujours pas là, en rajouter serait stupide ou cruel, juste peut-être que tu aurais dû m’en parler plus tôt, alléger le quotidien de tes peurs mais cela n’a rien d’une réprimande, je prends alors à pleines mains ton beau visage dont je me plais à redessiner les contours et les détails sous mes doigts redevenus soudain bien fébriles, je t’embrasse à présent, doucement, voluptueusement, goûter à ta langue, à son velours, la défier un peu, la narguer à nouveau, lui faire offense autant qu’offrande, si nous n’y prenons garde, nous allons finir dans les jolis parterres de mon amie, je te suggère alors d’essayer la chambre, oui pour une fois, nous pourrions être d’honnêtes bourgeois qui vont leurs grâces au lit, et alors que je m éloigne tout en te provoquant et ne te quittant pas des yeux, je te lance à bonne distance, de celle qui vous permette de tout oser : « prêt pour un énième effeuillage ? »
Caliente
Illuna