vendredi 29 février 2008

Un ange peut en cacher un autre...

Photo issue du forum "crazy-julien" - mil mercis à l'artiste
« Provence auprès de mon ange »

Tu as choisi la formule du train pour notre descente de Paris vers la Provence, option qui nous a réservé bien du temps pour parler, échanger nos idées, nos câlins et à la gare, tu as jeté ton dévolu sur la location d’une voiture qui nous laissera le plus libre possible au niveau de nos allées et venues, une très bonne idée, en soi
Nous arrivons donc au mas, quelques heures à peine après notre arrivée, nous sommes déjà bien installés, tu as fait quelques courses et j’ai peaufiné notre logis, notre lit et une collation pour quatre heures, par l’entremise d’un chocolat chaud pour nous préserver quelque peu du froid
Je te propose alors d’aller saluer des amis de mes parents, nous passons avec eux et de façon étonnante une très bonne soirée, leur simplicité te va droit au cœur, la discussion tournant autour de certains projets de la région te passionne, tu es heureux et cela se voit
De retour en notre douce et maintenant chaude chaumière, je sens ta joie de vivre flotter dans chaque parcelle de la maison, je sens aussi que tu te rapproches dangereusement, le petit poisson mordra-t’il à l’hameçon, le requin ne semble pas en douter, cela va de soi

Tes mains sont délices à mon corps, dans tes bras, je deviens vite comme un pauvre chiffon sans défense, cette fois encore, tu ne sembles guère décidé à épargner mes vêtements, je te suggère de m’allouer un budget spécial en regard de tes empressements, ce qui a le don de te faire éclater de rire, et moi de me dire, pourvu que cela ne lui coupe pas ses effets
Et de me promettre d’être plus doux, mais tu es doux, avec moi, seuls mes vêtements ont à se plaindre de tes ardeurs, ta bouche me dévore sans déjà plus de retenue, tu es folie à mon contact, je sens ton corps qui pèse à présent contre le mien, lourd, exigeant, j’aime tout particulièrement ce moment où tu « forces » mes dernières défenses
Où tu luttes avec nos vêtements respectifs, où nos peaux se rencontrent enfin, où nos odeurs se mélangent, où tes mains sont gourmandes et insolentes, où je me languis à l’avance du plaisir que tu vas m’offrir, où je vais enfin te sentir en moi, où je vais m’accrocher à toi plus que de me défendre de l’offense qui m’est faite
Je suis comme dans une bulle de bonheur, si présente et si absente à tout ce qui n’est pas toi, comme j’aime tes brûlures et tes morsures, nos jeux intimes nous permettent à présent d’atteindre à certaines complicités et subtilités dont le partage nous enivre tous les deux, et je sais que notre harmonie n’est pas surfaite

Je sens parfois qu’au milieu de tes foudres, tu adoptes une autre déferlante afin de me procurer davantage de plaisir, jamais tu ne cherches à jouir avant que tu ne sois tout à fait sûr que mon plaisir ait été entièrement satisfait, tu es attentif à cela et je t’en remercie
De tous ces petits détails naît la confiance, le fait aussi que nous apprenons à connaître et à respecter nos limites qui par chance rencontrent les mêmes frontières, nos fiertés réciproques sont nos limites et nos faiblesses mais en s’apprivoisant, il en est que l’on oublie
J’aime t’embrasser lorsque tu sembles hors de souffle, car ma bouche prend alors le pouvoir sur toutes tes richesses, qu’est-ce que je peux divaguer aux abords de ton cou, de tes épaules, de tes tatouages, j’y fais souvent naufrage, je me sens comme une walkyrie
Folle et ivre, à l’orée aussi de tes cheveux, toi qui pensait les couper, je me suis empressée de te le déconseiller, oh, ne plus toucher ses « blondors », ne plus les caresser, les humer, j’ose à peine l’imaginer, et puis je m’efforce d’en prendre le plus grand soin, veiller sur eux comme une mère poule, pire une vraie harpie

Je t’aime mais les mots ne franchissent toujours pas ma bouche et le dire lors de nos ébats me semble d’une telle banalité mais toi, tu me l’as dit hier pour la première fois dans l’appartement un peu avant de partir, je n’ai su quoi répondre, j’étais juste au bord des larmes
Je me souviens que tu m’as embrassée, essuyé une larme et que tu m’as dit aussi, tu verras quand tu pourras me le dire, cela te libérera, tu grandiras un peu pour nous, comment t’expliquer que je crains ces mots, que j’ai peur de rendre trop vite les armes
Soudain mes pensées me rendent nostalgique, tu sens mon détachement, tu me serres plus fort dans tes bras, me caresse les cheveux, tes baisers sont tendres comme envers un enfant que l’on sent craintif, ton charme et ta douceur me désarment
Tu sens malgré tout qu’imperceptiblement, je m’éloigne, je me renferme dans une bulle, tu cherches à en connaître la raison, honnête je t’avoue que je repense à hier et à ton premier « je t’aime », tu me forces alors à te regarder et tu me dis que c’est toujours vrai aujourd’hui mais que je ne dois pas me sentir ennuyée, ni obligée, que le temps viendra pour moi de l’assumer aussi et que tu seras heureux d’entendre ses mots-là mais qu’avant d’en arriver à cela, il n’y a pas lieu d’en faire un drame

Le feu se meurt dans la cheminée, j’ai dormi une partie de la nuit dans tes bras comme un bébé et je suis maintenant perdue dans mes pensées alors que le sommeil m’a quitté, ton souffle est régulier et les battements de ton cœur rythment à présent le mien
Ne respectant plus ton repos, mes doigts parcourent ton torse, jouent avec l’un de tes seins, je surligne ton tatouage limite volage, je touche aussi ton bas ventre, à demi-réveillé tu me dis que ce n’est pas bien de profiter d’un homme sans défense même si c’est le tien
Mes lèvres achèvent de te réveiller, elles papillonnent à leur tour autour de tous tes charmes, elles sont de plus en plus gourmandes, nos corps se rapprochent et à demi-assis, se mélangent et alors que ma tête se pose sur ton épaule, tu vas recommencer à ton tour à me faire du bien
Je te sens si délicieusement bien, si follement au creux de mes reins, nos tempos sont en symbiose parfaite mais au lieu d’accélérer la montée de tes pulsions, tu les ralentis autant que faire se peut pour que cette cadence nous donne encore plus de plaisir, tu es en moi et d’autre, je ne ressens plus rien !

Caliente
Illuna

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