vendredi 15 février 2008

Quand le passé vous rattrape !!!!

« Mes antérieures qui font de moi, ce que je suis en droit de devenir enfin !»

Comment m’ouvrir aux bonnes perceptions de ce que le passé a semé en mes racines, comment partir à la conquête de mon destin artistique sans frustrer l’homme, comment découvrir avec patience et juste mesure l’étendue de mon futur alors que je suis encore si plein de doutes et de non-réponses face à mes vies d’autrefois dont pour certaines, je peine à encore bien me souvenir !

A chaque substance, j’ai livré un combat mémorable pour imposer les préceptes de mon âme et de mon œuvre sans qu’elles aient à souffrir de qui j’étais dans ma chair et mon sang. Tirer mon savoir vers le haut alors que mon corps s’abandonnait à bien des travers ! Saurais-je enfin en tirer les bonnes leçons alors que je songe à me replonger une toute dernière fois dans ce que je fus autrefois et que je ne peux renier en cette nouvelle aube.

Là, je ne sais pourquoi mais à penser à ce qui fût ma dernière vie avant celle-ci, j’ai deux phrases de l’un de ses contemporains qui me hantent : « Une vie ne vaut rien mais rien ne vaut une vie » et « Ceux qui ne connaissent pas leur passé sont destinés à le revivre », toutes deux citations d’André Malraux et qui me poussent à réfléchir, à méditer sur mes erreurs passées.

Et c’est ainsi que je me laisse submerger et surprendre dans les travées de l’un de mes « moi » antérieurs : « Mes longues jambes frôlent Hollywood Boulevard pour la première fois mais j’ai le cœur fier à en éclater, je me suis battue pour quitter ma Suède natale autant que pour garder mon côté anguleux de femme forte en apparence (ma propension éperdue de la Liberté et mon goût du mystère doivent sûrement provenir des privations d’une vie antérieure). Je suis née Greta Lovisa Gustafsson mais le monde me connaîtra désormais sous le nom de Greta Garbo ! Ce que j’obtiendrai, je ne le devrai qu’à moi-même, d’anonyme je deviendrai la divine, l’une des premières à donner aux 7e art bien des pages de sa noblesse, le seul compromis que je ferai sera de me forger un corps de rêve, propice à la réalisation de tous mes ambitions cinématographiques ! Je vais gravir un à un tous les échelons de la célébrité, je vais même à mon échelle d’artiste, franchir le mur du son, ma voix sera au moins aussi célèbre que ma plastique irréprochable, mon caractère aura raison d’un certain machisme ambiant, je saurai maintenir mon aura et mes mystères entiers jusqu’au jour où je déciderai d’en terminer avec une célébrité qui ne m’apporte décidément plus rien. Mon plus grand regret sera de n’avoir pas réussi ma vie femme, pas de mari, pas d’enfant, rien ne persistera après moi, si ce n’est ma légende. Mais au fond, ai-je vraiment cherché à être une femme accomplie, non pas vraiment lorsque j’y resonge je sais que j’ai ardemment voulu être un être humain mais jamais une femme aboutie et soumise au impératif de la maternité. »

Là perdu au milieu des bribes de cette ancienne vie, je me dis que mon goût pour le cinéma n’est toujours pas assouvi, pas plus que mon goût des mystères et des fausses pistes, ni davantage mon goût pour l’insolence, ni mon besoin d’ouvrir de nouvelles portes, ni de déchiffrer et d’inventer de nouveaux codes mais que dans ma nouvelle vie d’homme, je jouis dans notre monde « moderne » de bien plus de libertés que je ne peux impunément gâcher, qui plus est, j’ai le goût aussi des arts et lettres, celui de la musique, et j’ai par chance gardé cette voix gutturale qui m’enchante et qui me permet d’être tout proche quant à concrétiser un premier album. Par contre, je me jure d’être bien attentif à ma vie d’homme, de ne pas la louper, ni de rendre malheureuse, celle qui sera l’élue et qui me donnera un héritier, celui qui au travers de mes racines chaudes et ensoleillées perdurera ma race, ma lignée au travers d’une même chair et d’un même sang ! Ce que je n’ai pu réaliser dans mes vies d’autrefois. D’autres réminiscences abondent encore à mes tempes, je les laisse là aussi me submerger une dernière fois…

« Je me laisse donc encore bercer par certains souvenirs comme l’écriture de l’hymne à la joie ou celle de la lettre ardente à mon « Immortelle bien aimée », que de contradiction et de mystères, alors déjà si chers à mon cœur d’insoumis, j’allais être en ces temps désormais révolus l’un des rares musiciens à être libre de mes œuvres, à n’être pas entravé par l’appartenance à une aucune maison royale, à être reconnu pour mon indéniable talent et ce dès ma plus tendre jeunesse, à être entouré de l’amitié des grands de ce monde. Sans doute trop d’aura et de virtuosité pour un seul homme, moi Ludwig van Beethoven, je me devrai d’en payer le prix. Et quel prix, la surdité, celle qui va m’emmurer et m’éloigner de mes semblables, celle qui libérera les foudres d’un caractère impossible à vivre mais aussi celle qui m’entravera de façon dense et magnifique à la magie de mon art. Plus je serai épouvantable à vivre et plus mon œuvre tiendra du génie ! Une vie dédiée tout entière à mon art, certes entravé par la maladie et quelques querelles familiales, mais une vie d’homme bien que riche et intense, ratée du point de vue de sa descendance, là aussi ».

Souvenances douloureuses à mon cœur rempli de mélancolie et de nostalgie, ne plus commettre les mêmes erreurs, maîtriser en moi le frustré, le blessé, l’indompté !

Oui, essayer d’être moins colère, moins bipolaire à vivre, ce ne serait vraiment pas plus mal !
Et puis, soudain je pense, à Alfred de Musset qui dit (prononciation façon julienale) « La vie est un sooooommeil, l’amour en est le rêve, et vous aurez vécu, si vous avez aimé », à cela j’aimerais rajouter que mon plus grand rêve artistique est à venir mais qu’il ne trouvera sa vraie valeur qu’au travers d’une vie d’homme réussie avec au moins un enfant à qui léguer une partie de mon savoir, lequel lui donnera envie de faire ses propres armes et de tracer ses propres sillons, et d’à son tour, peut-être entrer dans les mémoires (ou dans la légende s’il nourrit quelques rêves de grandeurs…).

Caliente
Illuna



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