« La suite des concerts de mon ange »Samedi arriva bien trop vite, et tu t’employas à m’arracher la promesse que je viendrais te rejoindre lors de l’un des concerts, peu importe lequel, tu me donnes la liste des dates et je fais au mieux, tu veux que je puisse te donner mon avis, mes idées de ce que je reçois en qualité de public, tu veux un œil neuf sur tout cela
Tu en arrives comme un enfant à me faire jurer que je viendrai, j’ai beau te dire que cela ne me semble pas une bonne idée, tu restes sourd à tout ce que tu ne veux pas entendre, je te sens prêt à m’envoyer sur un nuage pour que le petit flocon cesse de te résister, oh, la la
Et comme il est hors de question de faire ma mauvaise tête et de te décevoir, j’en viens donc au soir de l’un des concerts à me retrouver dans une petite salle pleine de monde, l’ambiance est détendue presque collégiale, je me glisse anonyme parmi les autres anonymes, tu apparais, le groupe s’installe et votre musique va nous emporter pendant plus d’une heure trente, j’ai bien fait de franchir le pas
J’en ai plein le cœur et plein les oreilles, je vous trouve à présent efficace, en symbiose évidente et les premiers faux pas sont loin, la mécanique est bien huilée, pourtant j’ai eu pendant tout le concert une drôle d’impression, comme l’écho d’un faux-pas
Le concert terminé, je me faufile discrète vers l’arrière de la scène, vers les coulisses ou le précieux sésame que tu m’as remis va, je le pense, m’être bien utile, d’abord j’ai à m’en remettre à un vrai cerbère qui me dit que les passes ont changé, que celui-ci est périmé, je demande alors si l’on peut t’appeler mais le garde chiourme me dit que le groupe est occupé
Occupé à des interviews, à des autographes, à des photos, je patiente, une demi-heure, une heure, j’en ai marre mais n’en montre rien, j’appelle alors l’un de tes potes qui vient à passer, me laisse connaître et le tout rentre dans l’ordre, je vais enfin arriver à ton niveau mais ce que je vois me laisse quelque peu interloquée
Toutes une pléiade de gens papillonne autour de toi, tu n’en es pas à ton premier verre, tu es tour à tour grivois, excédé, fatigué et tour à tour souriant, généreux, simple, immédiatement je te trouve distant, trop avec certains, et bien trop libertaire, limite provoquant avec d’autres, ce que je vois fait partie d’un jeu dont les règles m’échappent autant qu’elles me blessent et me laissent navrée
J’ai presque envie de faire marche arrière mais ton copain Julien te confirme que je suis là, et tes yeux font le vide autour de nous, tout ce qui n’est pas nous a cessé d’être présent, j’aime l’éclat et le brillant de tes yeux d’enfant, j’ai l’impression que tu respires à plein poumon, de me voir là, à quelques mètres, je sens que tu as envie de m’embrasser mais avec la presse, tu t’en gardes bien, je sens que tu as mal, tu es blessé
En cela, je pense bien que je n’aimerai jamais ce milieu de faux semblants, de mains serrées, de contact sans cesse noués, le show bis même à ce niveau encore embryonnaire, très peu pour moi, je te fais signe que je vais t’attendre un peu plus en retrait, je ne t’attends pas très longtemps, tu sembles avoir tout bazardé rapidement pour fondre dans mes bras
Tu es en transpiration, l’odeur d’un fauve qui a bien bourlingué mais sur toi cette odeur a un autre sens, d’autres dérives, ton baiser est gourmand, ta langue exigeante mais à l’excitation de ton miel répond la morsure de ma vanille, je sens tu ne vas pas attendre de rencontrer sur notre chemin un lit, notre surexcitation va finir par nous mettre dans un sale état
Tu maugrées de ne trouver tes clefs de voiture, je te réponds que j’en ai loué une pour arriver jusqu’à toi, et j’entrevois sans peine qu’elle va servir de doux logis à nos émois, et une première pour moi, je ris et tu cherches à en connaître la raison, moi qui pensais être venue pour te traduire ce que je pensais de l’un de vos concerts, et toi qui me réponds : tais-toi, pas d’embarras
Tu verras, cela peut-être fun, j’en conclu que ce n’est pas une première pour toi, certain d’avoir gaffé tu ajoutes que tu veux savoir si la seconde fois sera mieux que la première, tu souhaites savoir si je tiens beaucoup à ce que je porte, mon absence de réponse te porte à molester quelque peu des boutons et des tirettes récalcitrants, tout un combat
Et par un malheureux hasard, il me plaît de te voir ainsi te débattre, je ne suis pas prête à te faciliter la tache, ta maladresse influe sur mon désir, j’ai les seins en feu et le bas du ventre aussi, tu es décidément un bien vilain garçon, bon je décide mes mains à t’aider un peu mais juste un tout petit peu, je sens alors ton dos qui est encore tout mouillé des suites du concert
La moiteur de ta peau me met au trente sixième dessous, survivrais-je à cette nouvelle tempête, tes mains sont comme une centaine de délices à ma chair, ta bouche déguste tout ce qu’elle peut atteindre, tes lèvres et ta langue me portent à croire que jamais dans ma vie, rien ne fût plus divin que l’écrin de tes bras, et toi qui te ressert
Jusqu’à ce moment où tu pénètres en moi, comme en église, tu sais toujours te montrer très doux entre deux diableries, très tendre entre deux fièvres, c’est ce mélange qui m’est le plus fatal, impossible de te dire non, renoncer à tes colères, c’est renoncer à tes douceurs, renoncer à tes blessures, c’est renoncer à tes tendresses, la bipolarité comme arme fatale, et toi là au milieu de nulle part, presque faible comme offert
Offert à mes caresses, à mes hardiesses, j’aime toujours ce moment entre deux orages où tu me laisse t’aimer sans faire de manière, sans poser de questions, tu es le premier homme que je rencontre et qui a cette intelligence de donner à la femme sa part de gourmandise même si cela t’entraîne sur des chemins inconnus, où tu n’es plus le maître et où plus rien tu ne conquiers
Caliente
Illuna

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire