« Entre animalité et bestialité »Certes deux synonymes mais dont mon esprit se plait pourtant à faire une énorme différence.
En l’animalité, je vois la part non réfléchie, non calculée, toute naturelle et instinctive des sensations animales qui remontent à la surface comme d’anciens rites païens. Là où toute pudeur inutile a disparu, là où toute limite peut se franchir sans trop d’ambages, là où les mœurs tribales et ancestrales viennent à la rescousse du bon goût parfois si fade et si terne, là où les entraves sont celles, des codes de vie, propre à chacun. Ce qui sera jouissif pour les uns, sera impudique pour les autres. Nous sommes notre propre prison !
En la bestialité, j’entrevois davantage la part de l’homme qui domine la bête, la fraction infime où l’improvisation divine se meurt au détour des méandres plus inavouables du cérébral qui reprend alors les commandes. Là où le charme pourrait être rompu et cesser d’opérer quand l’esprit carnassier frappe, interpelle, provoque, bouscule et viole finalement très impunément nos convictions, là où l’humain laisse à ses paroles, à ses mots troublants et dérangeants reprendre l’option du réfléchi, là où cela peut blesser ou choquer les plus fragiles. Là où je me sens bien emmenée par tes dérives, libérées enfin du carcan quotidien, là où il n’y a plus d’entrave parce qu’il n’y plus de moralité. Et comme le dit si bien Jean Rostand : La morale, c’est ce qui reste de la peur quand on l’a oubliée. Et donc s’il n’y a plus de morale, il n’y a plus de peur !
Et Julien, cet été plus particulièrement, a flirté à fleur de cœur entre ces deux préceptes, il en a profité pour accomplir un parcours initiatique le libérant du petit garçon timide et frustré qui dans la vie n’ose pas et ne tente pas toujours. Envolé le maladroit systématique, envolée la « timorance » inutile du quotidien, sur scène, il a violé tous ses propres codes, ses propres interdits, il s’est livré en tout impudeur à des déshabillés fiévreux et incendiaires, à des mouvements sans équivoque, à des danses incendiaires, à des attouchements lascifs, à des mangers de micro sans équivoque, à des bacchanales post-modernes où les libations sont l’offrande suprême de son corps lancé en pâture à un public conquis ou non. Il a montré ses dorures et ses fractures, ce corps à corps, pour nous qui l’aimons, nous fut des plus fatals, il a aussi exposé sans détour sa féminité qui en cet homme « brut de brut » a des accents spontanés et romanesques qu’il prend soin de surligner par des bijoux christiques et qui en ajoute à cette facette charismatique qui lui colle à la peau dès qu’il délivre son art et ses fièvres. Nous vivions là en totale animalité ! Là, aux confins, dans un pays où la luxure et l’érotisme tanguent aux portes du néant, un abîme qui pour nom : « Plaisir et en mourir ! ».
Mais lui, l’insolent, l’insoumis, le malin, le diable ne pouvait s’en tenir à cela, il a dû en rajouter, repousser les limites encore plus loin, toujours plus dérangé, plus déjanté, plus mordant, plus saignant, car que serait le plaisir sans les obscurs chemins du désir ? Et la bestialité pris le pas sur l’animalité, il a harangué sciemment la foule qu’il juge bien trop béotienne, il ne la conquiert pas alors il va la bousculer avec un aplomb sans nom, la choquer, qu’ils le détestent mais surtout qu’ils ne l’ignorent pas. Souffrir d’un désir non partagé et qu’il va lui même nourrir en son sein, déraper sur les notes d’une guitare désaccordée pour leurs oreilles qui ne méritent pas mieux, blesser pour le fun, celle à qui, il dit en galéjade, non pas toi, t’es trop moche ! Tes danseuses prétextes à un machisme de base limite graveleux, tes objets de plage avec lesquels tu mimes sans équivoque les rituels de certaines positions libidineuses, et à ce stade tu ne connais plus aucune barrière, et cela plus que tout, j’adore ! Là, dans cette autre dimension, tu as repoussé les limites d’un viol collectif pour aboutir en cette cime qui a pour nom : « Désir et en souffrir ! ».
De ces nuances offertes sur le tas, j’ai retenu de cet été, une longue nuit passionnelle… où je te pardonne tout sauf le tiède, le pâle et l’insipide !
Etreinte brutale, au bout d’une nuit corps à corps
Où l’inassouvi de mon être s’ouvre à l’obscur de tes abords
La sueur nous soude, nous enserre en une seule et même entité
Bien au-dessus de toute humanité, en pleine bestialité
Tes dents s’enfoncent dans mon cou puis mordillent mes lèvres
J’ai les bras en croix, je m’offre au malin pour échapper au mièvre
Péché de nos chairs, union entre plaisir et souffrance, sang et suée mélangés
Bien loin de toute légèreté et innocence, en pleine sensualité, en pleine animalité
Caliente
Illuna

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