dimanche 10 février 2008

La religion, un monde qui m'est inconnu...

Photo-montage issu du forum "crazy-julien" - mil mercis à l'artiste
« Entrer en religion – pardon, je voulais dire, cesser de perdre la foi ! »

Bon, pour qui me connaît bien, il y a bien là, matière à prêter à rire, je mélange mes prières, je ne connais pas l’ordre du déroulement d’une messe, lors du baptême de ma filleule j’ai dû me faire violence pour suivre tous les détails de la cérémonie et lorsque petite, j’allais en ces lieux saints, ce n’était jamais sans l’idée d’y rencontrer celui qui restera à jamais ma plus grande blessure, est-ce son air angevin qui me hante encore dans les travées de chaque église, je ne sais ? Mais j’ai arrêté toute tentative quant à venir vers l’église, très tôt, j’ai exigé (le terme est tout à fait conforme à la réalité) à l’âge de 8 ans (sous peine de grève scolaire et de grève de la faim) que mes parents m’enlèvent du cours de religion pour me mettre en morale, je n’ai jamais aimé les restrictions, les actes de contritions et les punitions divines (surtout du genre de celles qui me sont déjà tombées dessus par deux fois). Oh, ne vous méprenez pas, j’aime lire la Bible, sans doute le livre le plus fabuleux jamais écrit, j’aime les chants grégoriens (et le gospel) qui résonnent sous la voûte d’une cathédrale, j’aime le cimetière tout fleuri où résident mes grands-parents depuis qu’ils sont partis pour les hautes terres, j’aime la quiétude des lieux ecclésiastiques autant que les magnifiques envolées de l’orgue et j’aime la ferveur des yeux de ma mère quand elle m’affirme qu’elle y croit mais qu’elle ne pratique pas. J’aime aussi quand pour la centième fois, elle me raconte que pendant trois ans, elle est allée à l’église mettre un cierge et faire une prière, toujours la même : « Que sa fille bien aimée, le seul être né de sa chair et de son sang soit mis définitivement à l’abris d’une vie de légume, que cet être d’ordinaire malicieux et quelque peu irrespectueux puisse recommencer à la tancer !» Et bien, elle a été entendue, pour elle, je suis donc devenue à presque 31 ans son bébé miracle ! Je ne sais combien, j’ai de vies encore en réserve, mais là haut, j’aimerais qu’ils m’oublient un peu, entre le légume et le « compressage » en 1997 sous une voiture, j’ai déjà donné, d’aucun diront comme l’une de mes amies, que Dieu n’éprouve que les bons, ce en quoi, je lui avais répondu non sans humour : « Alors, je dois être vachement bonne ! » (bien sûr, je ne pensais pas à bonne dans le sens religieux du terme), ce à quoi elle me répondit que même aux portes de la mort, je restais licencieuse et irrévérencieuse, et ma réponse toujours la même aussi : « Désolée, c’est plus fort que moi, j’ai le diable au corps… ! ».

Et que les ferventes fidèles des préceptes de la religion de notre seigneur me pardonnent pour le blasphème qui va suivre, qu’elle me fassent la grâce de n’y voir que de la malice, celle d’une brebis égarée !

Mais il y a le miracle de sa venue, Julien me forcerait-il à croire que l’eau peut se changer en vin, que Dieu ou son fils marchent sur l’eau , oui je pourrais être tentée de le croire et sans doute encore plus si Julien se mettait à prêcher la bonne parole.
Avec lui, pour confesseur, je veux bien risquer de perdre mon âme sous les coups de butoir de tous les péchés que j’inventerais pour pouvoir au comble des délices les lui confesser, les lui confier jusqu’à le voir enfin rougir de toutes mes impudeurs. Je ne sais si l’église a un quelconque besoin de moi en son sein, mais moi pour lui, je veux bien encore chasser mes folles idées de liberté et m’entraver à ses aphorismes pourvu que je puisse garder la mèche de cheveux que je lui ai volée, la nuit précédente. Oui, je veux bien essayer de m’améliorer mais jamais et cela est non négociable, je n’arrêterai d’écrire des poèmes conceptuels à son endroit et même sans plume, je les nicherai bien profond dans les limbes inviolés de ma mémoire, comme un mémorandum à la libidineuse que je ne cesserai jamais d’être ! Et puis méfie-toi des blessures dont les âmes révoltées ne guérissent pas et pardessus tout méfie-toi de ma peau qui garde le goût de la tienne… lorsque tu as posé ta main sur ma chevelure en signe d’apaisement mais tu peux bien le savoir, tu as allumé un grand feu… loin de me calmer, tu m’as ouvert la voie royale des chemins de l’enfer et sur lesquels je ne perds pas espoir de t’emmener avec moi…

Caliente
Illuna

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