dimanche 24 février 2008

24 heures dans la vie de Julien - 2ème partie


« Julien, pardon si je t’ai menti mais c’est bien mieux ainsi ! »

2ème partie

Parfois un homme et une femme peuvent rencontrer sur leur chemin des obstacles naturels quelque peu déchaînés comme cette pluie qui nous a lessivé tous les deux, deux chats trempés entrent à présent dans ton appartement, petit, kitch, chaleureux et très en ordre pour le nid d’un homme.
La pluie a émoussé notre envie l’un de l’autre, et nos humeurs s’en ressentent, nous sommes frustrés, j’ai froid, tu as froid, j’ai encore envie d’un café pour me réchauffer et en prime je commence à avoir très faim.
Toi, toujours légèrement dépité : « Vilaine pluie, elle ne nous a pas épargné ! » et tout en regardant ma valise, tu me demandes si je veux mettre des vêtements secs pendant que tu nous fais des cafés.
Moi : « Euh, je ne voudrais pas que tu te méprennes, mais s’il y a moyen de prendre une douche bien chaude, je suis preneuse »
Toi, finalement content que je sorte de mon mutisme : « Oui, bien sûr, je vais te préparer des essuies de bain et toutes les commodités dont tu pourrais avoir besoin et la salle de bain, sera toute à toi »
Moi, déjà réchauffée suivant cette délicieuse perspective : « Mais, je bien aussi le café… »
Toi, heureux de toutes mes envies qui semblent donner vie aux lieux : « Pas de problème, ça vient ! »
L’eau chaude semble se jouer de moi, j’ai eu si froid que 5 minutes de chaleur intensive me semblent encore si peu, j’entends que tu frappes à la porte « Service room, café pour Madame, puis-je ? »
Moi, tout sourire à la moindre idée de ce qui pourrait me réchauffer : « Oui, entre, fais comme chez toi ! »
Toi, coquin : « Tout à fait comme chez moi ? »
Moi, sur la même longueur d’onde et pointant le bout de mon nez : « Envie d’une douche, bien chaude ? »
Toi, de plus en plus coquin : « C’est une invitation et plus si affinité ? »
Moi, énigmatique : « Oh, oui s’il te plait de le croire ! »
Toi, prévenant : « N’oublie pas le café »
Oh, ce café bien chaud qui brûle encore et que j’avale en l’état tout en te regardant te déshabiller pour venir me rejoindre, tu es magnifique sans artifice, ta peau est de nacre, tes avants bras d’une délicatesse de môme, tu as le long du corps tatouages et grains de beautés qui paraissent des invitations à peine déguisées à toucher, à longer les harmonies de ta substance, si j’étais pêcheur, je pense que je qualifierais ma prise, d’assez exceptionnelle mais je ne suis que pécheresse et je me contente de dévorer de toutes mes prunelles, le nectar divin que j’ai là sous les yeux., oui 1982 a donné un grand cru !


Tu romps le silence et le désir suspendu à nos échanges de regards : « Ce n’est pas juste, tu as revêtu une serviette, c’est pas du jeu ! »
Moi, sans doute bien trop libertine mais j’ai toujours été frondeuse : « oh, si ce n’est que cela… » et je laisse tomber la serviette, ce que tu vois semble à ton goût, pour peu j’en verrais bien ta moustache friser !
En fait quand tu regardes, c’est comme quand tu touches, tu incendies et irradies de tout ton être, tu es un homme d’un magnétisme puissant, en as-tu conscience et jusqu’à quel point ?
Nous sommes sous la douche où je ne résiste pas à toucher mon paquet cadeau, après tout ce n’est pas souvent Noël avant l’heure, j’en viens à caresser et à frictionner tout ce que mes mains peuvent atteindre sans que cela n’en devienne immédiatement sexuel. Je connais le pouvoir de mes mains, je sais que tu apprécies par l’entremise de quelques soupirs de bien être, j’entreprends aussi de laver ta tignasse mais alors que je pense avoir rempli tous mes « devoirs », j’entends « A mon tour, tu veux bien ? »
« Oui, je veux bien », tu es très appliqué et tes doigts parcourent à leur tour mon corps, avec une infinie douceur, comme si j’étais fragile telle de la porcelaine puis alors que tes résistances d’homme bien élevé semblent diminuer, tu apposes dans mon cou, un baiser fatal, au contact de tes lèvres, j’ai chaud comme il y a longtemps que je n’ai plus eu chaud, de fait mon corps est ce soir dans l’appartement de cet homme encore presque inconnu, en vie comme il ne l’avait plus été depuis maintenant plus de douze ans, inutile de me mentir j’aime particulièrement être là et goûter à tes offrandes. J’ai envie de toi mais ce qui est nouveau pour moi, c’est que j’ai envie que tu me fasses l’amour, j’ai envie que tu me touches, j’ai envie d’être en vie, de vibrer, de brûler et qui sait peut-être de hurler ma joie, d’être là !
Ton corps cherche maintenant le contact alors que tu arrêtes l’eau, je me rends compte que je suis brûlante d’un tout autre feu, ta bouche est gourmande, tes mains sont caressantes mais pas insistantes, je me sens prête à l’abandon, un état qui m’était inconnu depuis si longtemps.
«Je ne veux te contraindre à rien », cette phrase me sort de mes pensées et pour seule réponse, je n’ai à dire d’autre que « Tais-toi et aime-moi ! » Dans un doux râle, tu me fais alors remarquer que j’ai dis « aimer » et pas « baiser », oui j’assume, j’ai dis « aimer » et pas « baiser ».
Alors que tu vas prendre les précautions d’usage, je t’en empêche, ce qui est mal, je le sais mais je n’ai pas envie de sentir de barrière entre nous, d’ordinaire je m’en fou, tout cela est si mécanique (et pathétique lorsque l’on sait le peu de cas que je fais de ma propre vie) mais là avec toi, je veux même une seule nuit, sentir ton sexe en moi et sans aucune entrave. Blâmez-moi qui que vous soyez, blâmez mon imprudence et punissez-moi pour le risque que je lui fais encourir, mais cela m’atteindra si peu puisque je ne suis alors que plaie vivante et pas toujours très cohérente dans mes choix comme dans mes décisions. De fait, alors que je me sens en vie pour la première depuis une éternité et ce grâce à la douceur de Julien, je lui fais paradoxalement encourir un inutile danger alors que je suis bien déterminée à ne jamais le revoir. Je vais mal, si mal et le seul moyen de ne pas le blesser est de lui offrir une nuit, une rencontre, un échange unique et de disparaître à jamais avant de foutre définitivement en l’air sa vie. Tout ce que je touche devient maudit, je le détruis et Julien est déjà bien trop précieux à mes yeux pour lui faire endurer cela sur une quelconque distance. Mais ma demande ne semble pas te perturber plus que cela, j’ai envie de savoir pourquoi mais les mots restent dans ma gorge, je ressens alors un immense besoin de voir tes yeux, la réponse que je lis est d’un embrasement total, nous sommes deux funambules en équilibre sur un fil bien fragile, dieu veille sur toi, mon bel amant.

J’entends alors ta voix dans le silence : « Je ne vais plus poser de questions parce que je sens à l’instinct qu’il n’y a pas toujours de réponse et puis tu m’as plu énigmatique et je ne veux en rien te changer, si c’est de la folie alors je suis le plus heureux des fous… le monde est si prévisible, pas toi, et j’aime ça plus que tout ! »
Tu m’embrasses alors avec passion comme si chaque baiser devait être le dernier puis tu m’emmène dans la chambre où la pénombre est propice à l’ébauche de nouvelles caresses plus osées, tu t’allonges à côté de moi où un rayon de lumière émanant de la rue se fait le complice de nos dérives, tu murmures dans mon cou des mots insensés qui sous ton souffle chaud animent ma peau d’un désir plus dense, tes mains ébauchent à présent le galbe de mes seins, tes doigts sont chauds et agiles et plus ils se rapprochent de mon bassin et plus je cambre sous les folies de ta volonté, je m’ouvre tout entière et en toute confiance, tu es le premier depuis si longtemps à me faire vibrer, comme si je redécouvrais avec étonnement que l’on peut faire l’amour avec amour, tu pèses à présent sur mon corps, tu te maintient avec tes mains, tu semblent vouloir une dernière fois savoir si c’est bien ce que je veux. Je t’aide alors à le comprendre de telle manière que tu puisses enfin me pénétrer, l’impression que nos corps se mélange à la perfection va m’enlever les derniers doutes inutiles. Tu vas alors m’emmener sur des rivages inconnus où plusieurs ondes de plaisir viendront me surprendre et me forcer à m’abandonner définitivement à toi, dans un râle commun, le plaisir nous cueillera ensemble et alors que tu maintiens ma tête à l’aide d’une de tes mains, tu reçois l’aveu de mes larmes dont tu ne peux savoir qu’elles ont pour signification que je viens de faire l’amour et d’en éprouver une joie émotionnelle intense pour la première fois depuis plus de douze ans ! Tu te laisses alors glisser et tu te places derrière moi, j’entends ta voix qui me murmure « ce n’est rien, tout va bien ! », je voudrais pouvoir te répondre, merci mais je m’emmure comme souvent dans le silence. Cependant j’accepte tes tendresses et tes mots, je leur réponds en me serrant un peu plus contre toi, tu me demandes encore si je vais bien et pour toute réponse ma main cherche la tienne, nos doigts se mélangent, je suis terriblement conscience de ta présence, de ton odeur, avec toi c’est comme si je réapprenais à recevoir, à accepter que c’est un geste naturel, qu’il n’y a rien de mal à se laisser aller au bien fait du partage. Mes cheveux sont encore légèrement humides, tu me proposes de me les sécher avant que je n’attrape froid, je vais alors te laisser faire quelque chose dont j’ai habituellement horreur, c’est que l’on touche mes cheveux et force m’est de reconnaître que tu vas faire cela avec un doigté incroyable, tu vas soutenir mes longs cheveux en leur milieu pour éviter tout tiraillement et tu vas les démêler et les coiffer avec une patience incroyable. Chaque geste provenant de toi est une surprise et de fait en matière de surprise, je ne suis pas au bout !
Nous nous rhabillons succinctement, tu mets alors un fond de musique et cela me donne l’envie d’entendre ce que tu composes, tu me promets de me jouer quelques morceaux de ton cru avec ta guitare.

Moi, presque enfantine : « Promis ? »
Toi, heureux de ma demande : « Oui, mais avant je voudrais voir tes dessins et ce que tu écrivais, voudrais-tu partager cela avec moi ? »
Moi, un peu gênée : « Tu sais, d’habitude, je ne partage pas cela avec des inconnus »
Toi, un peu ennuyé : « Alors, je suis toujours un étranger ? »
Moi, souriant : « Non, plus vraiment et moi, je suis une idiote, viens je vais te les montrer »
Tu découvres alors la panoplie complète de mes ébauches, esquisses, mes sanguines, mes faiblesses, et puis surtout les poèmes dont certains un peu osés, et qui provoquent chez toi, une respiration plus saccadée. Imperceptiblement, ta main cherche la mienne. Tu me caresses les poignets en un mouvement lent et doux, très magnétique et envoûtant.
Toi : « Si tes dessins sont beaux, ce que tu écris l’est encore bien davantage, tu devrais songer à les faire publier, enfermé là dans ton petit carnet, c’est presque un péché »
Moi : « Merci mais certains écrits sont très intimes, je ne sais s’ils sont vraiment fait pour être publié ? »
Toi : « Si tu veux, je peux demander à une maison d’édition que je connais bien »
Moi, assez vive : « Non, souviens-toi pas de lien, 24 heures et puis chacun s’en va de son côté »
Toi, visiblement déçu : « Ok, ce sera comme tu veux mais il faut que l’on parle »
Moi, très embêtée : « De quoi ? »
Toi, un peu irrité : « C’est ça fait l’idiote, comme si tu ne le savais pas, il s’est passé un truc entre nous, tu ne peux pas ne pas l’avoir senti, cela t’a tant remuée que tu en as pleuré et tout mensonge est inutile, je le sais »
Moi : « Tu joues à quoi là, tu veux me faire croire qu’on peut aller au delà des 24heures mais tu as tort, alors deux possibilités, soit tu laisses tomber, soit je m’en vais »
Toi avec un léger sourire : « Troisième solution, tu me laisses une chance de te prouver qu’on peut faire un bout de chemin ensemble, là tu vois, je ne te parle pas mariage, ni bébé, juste un bout de chemin et plus si affinité, qu’est-ce que tu en dis ? »
Moi, sentant que tu ne vas pas lâcher le morceau et n’ayant pas encore le courage d’en finir, je te mens alors pour la deuxième fois : « Ok, si tu veux ! »
Toi, content et un peu rassuré : « Au fait, tu as toujours faim ? »
Moi : « Oui mais as-tu quelque chose que je pourrais cuisiner, genre des œufs, des pâtes, enfin quelque chose de bon mais de rapide ? »
Toi : « Oui, j’aime beaucoup les pâtes, je pense que je dois avoir de quoi en faire mais je ne suis pas très doué ! »
Moi, avec un sourire coquin : « Oh, ça tombe bien parce que moi, je suis plutôt douée ! »
Une grosse demi-heure, plus tard nous sommes à table, et la conversation tourne beaucoup autour de l’art, de nos goûts, couleurs et loisirs favoris, l’atmosphère est maintenant calme et détendue. Tu découvres aussi un peu étonné, mon aversion totale envers toute boisson alcoolisée, je pourrais même parler de réel blocage, de souvenirs douloureux dans l’enfance.
Toi : « J’aime beaucoup parler avec toi, je me sens bien. »
Moi : « Oui, cela me fait le même effet ! »
Au fil de la conversation, nous allons découvrir notre amour commun de certains vieux films, tu me propose d’en regarder un, ce sera là encore un grand moment de complicité, je me niche dans tes bras et n’en bougerai pour ainsi dire pas pendant plus de deux heures. Le silence n’est pas pesant, ni lourd, il est apaisant et nous berce en accord avec la douce mélancolie de la pellicule.
Puis le film terminé, son charme se diluant encore dans la pièce, tu me demandes : « Tu vis toujours ainsi au bord du précipice, sur le fil de la lame, tu aimes le danger de la vie ? »
Moi, prête pour un troisième mensonge mais y renonçant : « Tu sais la vie, je la sens pas toujours bien, alors le danger et sa perception, c’est très relatif… »
Toi, pas plus convaincu que cela : « Mais, tu dois souvent te sentir seule, sans attache, sans compagnon ? »
Moi, ennuyée du tour que pourrait prendre la conversation : « Tu avais promis de me jouer quelques-uns de tes airs à la guitare, t’as pas oublié ? »
Toi, légèrement décontenancé : « T’es une drôle de fille, il y a tant de richesse en toi mais on dirait que tu es la seule, à ne pas les voir, pire à prendre plaisir à les détruire quand tu t’en aperçois, ton goût de la destruction…. »Je ne te laisse pas terminer, je n’ai pas envie d’une psychanalyse, mes abîmes, je les connais, je les sonde au moins vingt fois par jour mais là j’ai pas envie d’en parler, je sais que tu as tout deviné, je sais que tu n’es pas persuadé que l’on ira au-delà des 24 heures, je sais et je sens que je dois bien faire attention à ce que tu ne découvres pas mon mensonge au niveau de mon identité, et je me rapproche de toi, je te demande de ne pas t’aventurer sur ces terrains mouvants, de ne pas gâcher notre jolie rencontre.

A regret bien sûr mais, tu y consens, tu prends alors ta guitare, et le temps va encore une fois de plus filer entre nos doigts, la magie va à nouveau flotter dans l’air, j’aime tes muscles qui ondulent sous les mouvements de tes doigts agiles et fusionnels avec les cordes de ta guitare, j’aime ta voix qui m’ensorcelle comme si c’était encore nécessaire de m’enserrer davantage dans tes filets.
Je me rapproche de toi, j’ai envie de toi et étrangement, je dirais presque j’ai besoin de toi !
Tu poses alors ta guitare et tu poses sur moi, l’un de ces regards à vous couper le souffle, j’ai au passage pris ton bonnet posé sur le fauteuil et je t’en coiffe de façon mutine, je me plais à te voir ainsi, torse nu et ce bonnet qui me nargue.
Toi : « Que dois-comprendre par ce sourire ? »
Moi, espiègle : « Que tu caches bien des trésors sous ce bonnet même si paradoxalement, il te va très bien ! »
Toi : « Oui, mais encore ? »
Moi, de plus en plus troublée : « Au fond, je vous aime bien, Monsieur Doré ! »
Toi, à la recherche de mon corps : « Mais, moi aussi Mademoiselle Léa, je vous aime beaucoup ! »
Je t’enlève ton bonnet, caresse une fois encore ta toison dorée et touche à présent ton corps qui me faisait si envie depuis un bon bout de temps comme les bonbons dans l’enfance, comme lorsque l’on a été puni et que la gourmandise vous livre aux affres de vos lèvres qui salivent deux fois plus que d’ordinaire, ton corps à ce pouvoir sur moi, je ne peux ni le nier, ni le cacher, ce serait d’ailleurs d’un grotesque inutile !



Nos corps vont recommencer à se parler dans le silence de la nuit débutante et toujours la pluie en bruit de fond, tu m’emmènes sur le canapé mais j’ai le désir de te faire comprendre que je veux satisfaire aussi mes envies de toi, te caresser c’est comme se balader dans des chemins de campagne où à chaque tournant du sentier se niche une beauté à découvrir, ton corps est la beauté masculine dans sa simplicité la plus troublante, tu es attentif et généreux, j’ai croisé peu d’homme enclin à cette propension lors de l’ébauche d’une rencontre, beaucoup quoi que l’on en dise, sont du genre, vite fait, bien fait mais pas toi !
J’ai le cœur, les mains, la bouche qui s’égarent en tes venelles dorées, je ne suis plus que volcan en tes abords, j’essaye de rester douce et tendre face à mes ardeurs que je sens de plus en plus violentes en mes reins, je veux prendre le temps de la découverte, de savourer le moindre de tes délices offerts ainsi si généreusement, un cadeau cela se déballe avec délicatesse et respect et lorsque tu me permets de goûter à ton intimité, je ne suis plus que milliers de larmes au bords du gouffre, ton pouvoir sur moi est déjà bien immense, il faudra que demain, je m’enfuis, vite, loin et à jamais, sinon, on va beaucoup souffrir tous les deux.
Ressentir au plus profond de ma bouche, ton plaisir est quelque chose que la pudeur ne peut qualifier puis vient le temps où tu désires à ton tour délirer en mes doux rivages, ce que je consens par le plus naturel des partages. Tes mains, ta bouche et ta langue sont alors les tentatrices les plus divines et les baumes les plus subtils à toutes mes blessures accumulées pendant plus d’une décennie, j’ai de plus en plus envie de fuir cet homme magnifique, sorti d’on ne sait où pour ainsi oser m’enlever le goût de ma propre destruction si parfaitement orchestrée depuis si longtemps.



Plusieurs fois avec douceur et patience, tu va m’emmener sur les hautes terres de la jouissance, là où la femme n’est jamais plus belle que lorsqu’elle sait qu’elle peut avoir confiance. Tu me fais là un présent d’autant plus beau que tu y livres non ton corps mais aussi ton cœur. Dès à présent, je suis résolue à te fuir dès que tu te seras endormi, tant pis si je suis d’une lâcheté sans nom mais je serai encore bien plus lâche si je dois te fournir la moindre explication. Ce que j’ignore encore, c’est que tu n’arriveras pas vraiment à dormir, inquiet de me deviner fuyante alors que je vais dormir entre tes bras comme un tout petit bébé, juste après avoir crayonné ta silhouette lovée à demi dans les draps de ton lit, tu es beau ainsi à l’abandon, à demi-sommeillant et m’invitant à te rejoindre.

FIN - 2e partie
Caliente
Illuna









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