vendredi 18 janvier 2008

Mon ange, 8e du nom...

Mil mercis à "Cécette" du forum "crazy-julien" pour cette sublime ébauche

« Mon arrivée chez un ange »

Depuis hier soir, j’ai l’impression que le cours de ma vie a cessé de m’appartenir, je voulais te parler, tu n’as dit que quelques mots mais quels mots, installation chez toi, aménagement pour moi en fonction de mes goûts puis tu m’as fait valser au son de ta musique toute la nuit
Le petit déjeuner, j’y ai à peine touché, la douche, pas certaine qu’elle ait vraiment servi à son emploi premier et là je me débats avec mes vêtements parsemés dans toute la chambre et surtout avec des sous-vêtements qui me semblent être confectionnés de plus de morceaux que besoin en est, ce que j’en déduis
C’est que j’ai perdu le fil de ma vie et de mes idées en une seule nuit, mais je ne suis plus maître de rien, et cela me fait peur, très peur, mon mutisme t’interpelle et je te réponds d’un sourire mais tu n’es pas dupe et là tu me dis que si j’ai peur, on peut ralentir, aller tout doucement « sans faire de bruit »
Je sens ton air taquin qui veut me détendre, tu me prends tout contre toi, tu me jures que pour toi aussi, cela tient de la grande aventure, mais que ce qui te rassure, c’est que pour la première fois tu ne sembles pas celui qui a le plus peur des deux, tu as l’œil qui luit

Tu es si maître de toi parfois que cette trompeuse apparence me rend fébrile, tu me serres encore un peu plus, tes mains toutes rongées vont encore faire des morsures sur ma peau, je vais encore te céder, je déteste être cette petite chose docile que tu manies avec beaucoup de doigté
Mais dans tes bras, je suis amnésique à tout ce qui n’est pas toi, je suis en demande perpétuelle de ton corps, de tes élans à un point où je me dis que si je me réveille un jour, je vais souffrir plus que de raison afin de pouvoir retrouver ma dignité
Mais tu me parles, tu me rassures, et ce maintenant depuis plus de deux bonnes heures en cette fin d’après-midi, tu me proposes plein de choses, tu organises ma vie, je suis devenue étrangère à ma propre vie mais pour la première fois, je suis complice d’un délice plus que d’une calamité
Là où je dis stop, où je fixe des limites, tu sembles trouver tout à fait normal mes besoins et mes demandes, comme de pouvoir garder mon appartement quelques temps encore, histoire d’être bien sûr de nous deux et d’éviter toute inutile stupidité

Etape suivante, tu veux qu’on passe (à ton), à notre appartement pour que je me fasse une idée de ce qui me conviendra et de ce qui ne me plaira pas, tu veux certes me faire une surprise mais tu veux aussi que j’arrête d’angoisser, tu essayes de choisir la bonne formule
Nous sommes dans ta voiture, la mienne est restée près de l’auberge, eh, notre doux nid depuis presque deux mois, eh, bien notre doux nid va changer de logis, tu conduis et j’aime bien profiter de tes instants sans défense, j’aime « égrener » mes doigts sur tes bras, dans tes cheveux, cette toison me rendra dingue, oh, je le sais j’affabule
Mais de tous ces petits tourments que je t’inflige et que tu sembles garder en mémoire, comme lorsque sera venu le temps de « l’addition », celui où tu me rappelles mes mil et unes petites tortures, ce temps où tu mets tes doigts dans tous mes petits pots et pas que tes doigts d’ailleurs, oui ce temps où dans mes derniers retranchements, tu m’accules
A tous tes jeux, je tremble, je supplie, je crie, oui je t’aime, je le jure, tu aimes m’obliger sous mil délices à te le dire, et je ne peux te le refuser mais ce dont je rêve est de te dire en toute simplicité, oui, je t’aime mais deux mois, c’est si court pour déjà avouer à quelqu’un qu’on l’aime, pire qu’on l’adule

J’ai peur, tout va trop vite, si vite, je ne veux pas souffrir, je suis lâche, très lâche, la douleur je l’endure très facilement corporellement mais émotionnellement, il en est tout autre, tu dois deviner ma tempête, car tu arrêtes la voiture et me proposes d’aller faire une promenade si je veux encore réfléchir, tu m’en laisses le loisir
Pour toute réponse, je te dis d’accélérer, nous arrivons donc à notre nouveau logis, je remarque que tu en as changé les couleurs, que toute masculinité par trop évidente à été sagement avortée ou érodée, tu as choisi des tons chauds entre le bleu que tu sais être ma couleur préférée et les rouges qui ont tes faveurs, le tout est du plus bel effet, c’est à défaillir
Tu as dû en passer des heures à tout organiser, tout chambouler alors que tu as un album sur le feu, je me sens tout d’un coup très coupable d’un tas de choses, je me sens comme une égoïste, comme une enfant qui tient à ses jouets alors que toi tu sembles avoir balancé ou mis aux oubliettes pas mal des tiens, tu as préparé un peu de notre avenir
Là, c’est moi qui tente de ceinturer mes émotions, tu as aménagé une cuisine digne de ce nom pour que je te mitonne des petits plats les jours où tu les auras mérités, tu as rendu la salle de séjour et le salon très chaleureux, accueillant, il y a plein d’endroits vides, pour y mettre mes affaires affirmes-tu, la salle de bain s’est terriblement sensibilisée, elle aussi respire l’ébauche d’une présence féminine et la chambre, n’en parlons pas, bien que pas encore finie, sa beauté est à mourir !

Et de me préciser que tu as tout décidé tout seul à défaut d’avoir pu tout créer de tes mains mais tu me jures que si la chambre est ta seule œuvre personnelle, tu la revendiques cependant haut et fort, car chaque parcelle y a été crée en pensant à moi, à mes envies, à mes besoins, à mes goûts comme cette coiffeuse qui semble un vivier de féminité
Tu m’étonnes plus que de raison, tous les sacrifices consentis sont à pleurer, et là je pleure enfin à chaudes larmes, le cadeau est somptueux, serai-je à la hauteur de tes espérances, seras-tu l’élu, la vie est si fragile, si capricieuse, pourvu que tout ce bonheur si neuf, si jeune, si embryonnaire ne soit pas dynamité
Pourvu que ton album t’apporte la renommée, la reconnaissance dont tu as soif, pourvu que ta famille et tes amis s’habituent à moi, plus m’aiment bien, partagent avec moi ce qu’ils savent de toi, pourvu que ton album débouche sur des concerts, pourvu que j’arrête de tout craindre et de croire que tout nous arrive avec trop de facilité
J’ai finalement arrêté de pleurer et toi, tu veux savoir si je suis heureuse ou surprise, furieuse ou éprise, là mon amour c’est toi qui fait des rimes, ma seule réponse sera de te regarder, de te dire merci tout en t’embrassant dans ce décor de rêve qui est indécemment conçu pour pareille volupté !

En réponse à cet intense baiser, tu me prends par la main comme l’on fait avec les petits enfants pour les rassurer et tu m’emmènes vers un divan aux tons chauds, rouge et bleu mélangés, tu entreprends alors de me déshabiller avec une délicatesse jusqu’à alors insoupçonnée, je suis maintenant entièrement nue et à la merci de tes yeux qui semblent redessiner le moindre de mes contours
Tu n’as pas voulu de mon aide, tu m’as dit de te laisser faire, ta langue semble un petit pot de couleurs qui veut mettre du rouge à ma nacre, du bleu à ton sacre, et tes mains sont comme de subtiles pinceaux qui réornementeraient le moindre espace de ma peau, tu crayonnes, tu esquisses, tu profiles, tu griffonnes mais surtout tu rayonnes de me sentir prise dans les méandres du plaisir, cependant tu me refuses toujours tout concours
Mais comme tu veux, mon amour, tu allumes un incendie, pire tu attises un brasier et tu me dis le plus naturellement, laisse-toi faire, tu me quittes quelques secondes pour prendre le temps de te dévêtir à ton tour, je n’en perds pas une miette de ce corps qui s’arque maintenant lui aussi vers le comble du désir, le contact de nos chairs éclate ma pudeur en mil morceaux, je te veux moi aussi et t’en fait part, pour toute réponse, tu murmures : « gourmande, vilaine gourmande, bon, si tu veux, à ton tour ! »
Tu me soulèves alors et te glisse sous moi, et j’entends dans un râle, ton invite : « viens ! » (j’adore ce mot, que je sais que tu n’utilises presque jamais dans la vie de tous les jours, ce mot qui est ton appel à l’amour et que tu prononces toujours avec une tendresse quelque peu chantante et envoûtante), ton ventre est maintenant de plus en plus noué par l’impulse de ton envie de moi, ma bouche va être délice pour ton volcan afin de calmer les effluves de ta lave, et là nous oublions tout ce qui n’est pas nous, tout autour
Alors que je pense avoir satisfait tes ardeurs, tu me susurres : « encore », serait-cela le péché ultime de gourmandise, non point, tu me convies à un autre feu plus ardent encore, et je sens à présent ton magma qui entre en fusion dans mon ventre, tes mains guident mon corps pour que notre embrasement se consume alunissons, c’est finalement épuisée mais comblée que mon visage atterrit près du tiens, là où ta bouche me dit : « je t’aime », ce à quoi une fois de plus, je m’esquive, mes yeux se ferment, et je t’entends encore à peine, ébaucher quelques mots : « oui, dors, dors, mon amour ! »

Caliente
Illuna

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