vendredi 25 janvier 2008

Même avec un ange, c'est pas toujours le paradis !

Photo de "cisssy" du forum"crazy-julien" - un tout grand merci
« L’appartement de l’ange »

L’expression bouche bée doit avoir été inventée sur mesure pour moi, je suis sciée de tout l’accompli en si peu de temps, cette fausse garçonnière ressemble à un vrai appartement et y retrouver dans plus d’un petit coin des goûts personnels que je t’ai confié, cela me cloue sur place
Mais la place est parfaite puisque je suis en ce nouveau matin dans tes bras, et que dire de cette coiffeuse que je devine aisément lieu de confidence et de moult complicités, car si j’aime égrener mes mains dans tes touffes rebelles tu n’es pas en reste, toi tu aimes peigner mes boucles sur leur longueur jusqu’à plus d’un nœud la trace
Tu m’effeuilles, tu me décoiffes parfois plus que tu ne me coiffes, jouerais-tu à la poupée avec moi, mon sourire trouve un écho béat dans tes yeux d’un bleu à présent totalement réveillé et dont je ne soupçonnais pas l’existence jusque là, tes premiers mots du jour sont à présent totalement tournés vers le fait que tu désires que j’emménage pendant que tu vas partir en tournée avec ton groupe, pour seule réponse je me blottis tout contre toi et bien plus fort encore tu m’enlaces
Je n’ai émis toujours qu’une seule et même réserve, garder mon appartement, le reste ce sera comme tu veux, je vais donc mettre à profit la fin des travaux et ta tournée pour commencer à m’installer, tu me demandes si je suis rassurée, drôle de question, au moment où je perds tous mes repères, ton stoïcisme me dépasse

La journée s’est déroulée à la vitesse d’un éclair, après être passé à mon appartement et avoir déliré quelque peu avec les premiers bagages, tu sembles heureux de me remettre la clef de mon nouveau logis, tu l’as emballée dans un coffret avec un joli nœud et accompagné d’un petit mot : « pour qu’entre tes mains, vrille de bonheur la serrure de notre logis »
Je n’aurais pas pu mieux l’écrire, c’est simple et délicat comme toutes tes attentions envers moi, c’est presque trop, est-ce un moyen de t’excuser pour ta tournée, est-ce la nature de toutes les attentions que tu auras encore pour moi dans quelques mois, quelques années, c’est que je ne prête pas facilement de bonnes intentions, je ne fait pas vite crédit
J’ai à peine fini de ranger quelques vêtements, quelques objets personnels dans la chambre et la salle de bain que déjà tu débarques avec un autre cadeau, une charmante nuisette que tu me demandes de bien vouloir essayer, une nuisette avec une idée toute bête, celle de me l’enlever à peine mise, oh, les hommes avec vous que de chichi
Mais ne pouvant rien te refuser, je l’enfile devant toi, car tu sembles avoir envie de ne pas en perdre un fifrelin, ton charme meuble à présent tout entier la chambre, ta simple vision en pâmoison ne laisse aucun doute sur la suite de nos jeux, et devinez qui c’est qui va se faire croquer par le vilain matou comme un tout petit canari ?

Le lit est spacieux et moelleux, je m’y sens lovée comme en tes bras, j’ai l’impression de fait que tu as à présent dix bras qui s’activent à me mettre tous les sens à feu et à sang, tu me rends ivre de toi, chacun de tes gestes appellent mon désir, chacun de tes baisers me rends plus hardie, plus goulue, je suis aux combles du bonheur
Mais comme parfois moi, aussi j’aime jouer avec tes petits pots, je ne m’en laisse pas compter, je te veux moi aussi, je veux gouter à ta soie, à tes velours, jouer avec tes poignées d’amour, tu es légèrement chatouilleux mais sans trop, ce qui me permet de te supplicier plus que de raison, ce avant de te faire les honneurs
Ce que je nomme faire les honneurs n’est pas chose que j’ai pratiqué avec beaucoup avant toi, je pense que pour certains jeux, certains délices, il faut vraiment avoir l’autre dans la peau, ne faire qu’un, aimer le sucré-salé de son duvet, car il est dans mes caprices de n’accorder certains plaisirs qu’avec le cœur
Avec toi, pour la première fois, j’ai élargi certaines de mes convictions, revu certaines de envies, je me livre à toi plus qu’à aucun autre, mais cela je ne veux que tu le saches que bien plus tard, tu es déjà assez content de toi, sans que j’en rajoute, les problèmes viendront bien assez tôt, je ne veux en rien y ajouter d’inutiles erreurs

Nous avons ainsi à peine deux jours entiers à nous consacrer que déjà tu dois rejoindre la tournée, à quelques heures du départ, je te sens nerveux, pas prêt à accepter mon aide, tu veux tout gérer tout seul, et donc je m’efface de mon mieux, et finalement je conviens avec une amie de la rejoindre pour faire les magasins
Mais alors que l’heure de ton départ se rapproche, tu veux que je t’accompagne pour me présenter plus en détails les membres du groupe mais là tu récoltes ce que tu as semé, un non, je ne rangerai pas mon amie dans un placard selon le bon ou le mauvais gré de tes humeurs, tu m’en veux, je le sens bien, je te rends zinzin
Tant pis, une bonne occasion de loupée, je râle un peu mais ne t’en montre rien, il est l’heure de rejoindre mon amie mais tu manœuvres si bien, que je me retrouve toute entière à ta merci, ce dont tu profites comme un mâle dominant cherchant à marquer son territoire, mais de quelle bête ai-je donc hérité, ma bête fauve comme un léonin
J’ai détesté ton humeur avant le départ, j’ai détesté tes gestes, tes mots, cet autre toi que je m’efforce encore d’accepter, de comprendre mais qui me fait mal au premier regard, au premier mot, tu es alors comme un étranger, même lorsque tu délires en moi, sur moi, je peine à te reconnaître, et pourtant je ne t’en aime pas moins

Caliente
Illuna









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