
En parallèle du merveilleux texte emprunt de pleins d’émotions de Charlotte et à celui de Noël de Lulu.
« Les manques ne sont pas toujours les mêmes »
On finit toujours par souffrir d’un manque ou d’un trop plein, il n’est de fait pas toujours le même pour tous, je me permets de vous ouvrir un peu de mon espace vital face à cet étrange mais si vrai concept.
Moi, des barrières et des interdits, personne dans ma famille ne m’en a réellement posé, ma mère est un esprit sain et libre dans un corps sain et libre, et le sera toujours, elle ne m’a pas éduqué avec des ornières ou des frontières, nos yeux regardent dans la même direction, nos émotions se mêlent et il en sera toujours ainsi. Mon père était un père absent qui n’avait qu’une seule exigence, l’excellence de mes résultats, après cela j’aurais bien pu danser la polka sur le mur du Kremlin, c’était pas son souci mais 1ère à l’école oui.
Le paradis en apparence mais ici bas, tout a un prix, le mien fut mon AVC et ses conséquences. Trop de liberté finit par m’être fatal !
Enfant et adolescente, je n’avais qu’un seul et unique caprice, mon jardin des délices, ma bande de copains, que des mecs dont j’étais un peu leur petite reine. Dès Noël, pâques et les grandes vacances, je les rejoignais tambour battant, rien n’aurait pu m’en empêcher, je trouvais là l’expression proche de ce que dois être la liberté totale, sans tabou, sans interdit, de camping, en pique-nique, en vadrouille, en baignades au clair de lune, en promenades à vélo, à la marelle, à … ce que vous voulez, c’était juste le bonheur.
La seul autre fille du groupe, mon amie d’enfance (nous dirons Lara pour le forum) finit par se joindre à nous un peu plus tard (elle est de 4 ans ma cadette), nous ne comptons plus même à ce jour les mensonges et les promesses de sagesse que je servais honteusement à ses parents qui m’aimait comme une seconde fille (et m’aime toujours d’ailleurs) ce afin que Lara puisse se joindre à nos jeux « innocents ». Les parents de Lara, son père est un cerbère dont l’éducation au fer rouge tire encore régulièrement des larmes à ma Lara, toute adulte qu’elle soit. Comment j’ai pu lui vendre autant de bobards et de salades, rien que pour cela l’enfer me guette.
Aujourd’hui, au tout début, je sais que ce qu’elle aimait le plus en moi, c’était le furieux vent de liberté que je soufflais (et que je nommais déjà à l’époque le calibidou – origine certifiée de la BD érotique « Gwendoline »).
De cette époque je garde plus de souvenirs que je n’ai de mémoire, mais en tirant à la courte paille, j’en hisserai trois à la surface.
Le premier est mon grand-père maternel revenant de chez un fermier voisin où il ferrait les chevaux, plus qu’un métier, sa passion, je sais qu’il nous a vu nous baigner nu dans l’étang (nous étions alors des pré-adolescents) mais lorsque espiègle, cheveux mouillés et pieds nus, je suis revenue à l’orée de la nuit (ces nuits chaudes des seventies pour celles qui les ont vécus), il m’a souri et m’a tendu un grand essuie de bain, m’a enveloppé et frotté la tête vigoureusement et a opposé un tendre baiser sur mon front et m’a dit « ça va ma belle ? » (l’amour contenu dans ces gestes successifs rayonne encore dans mon cœur et dans mes yeux tout comme l’écho de sa voix). Ma seule réponse fût comme toujours, mon sourire, et quand on connaît le pouvoir de son sourire, l’on en abuse.
Fuse de suite un souvenir que j’adosse volontiers à celui-ci, nos Noëls, où nous allions chanter à l’église avec les copains, les cadeaux de Noël dont l’église était parsemée par Monsieur le curé (je ne suis pas croyante et si je l’avais été, j’aurais totalement perdu la foi après mon AVC) mais cet homme m’a fait croire à la magie de Noël et au bonheur du partage avec les plus démunis (je pense que je lui dois de m’être aujourd’hui retournée à nouveau vers le bénévolat – une bonne thérapie d’aider plus malheureux que soi, après on va toujours mieux – sauf quand la veille d’un concert des DUE, on a fermé les yeux d’un pauvre vieux livré à l’alcool et abandonné de tous et que l’on doit éviter à son chien d’être zigouillé dans l’heure qui suit parce que la « fourrière » n’en a rien à c….), mais rien n’est de fait, parfait !
De ce souvenir je garde haut la bannière de cette suprême liberté, celle d’un homme bon et simple de septante ans (un autre monde, une autre éducation) qui n’en a pas fait trois tonnes de la honte que j’avais bien due, bien malgré moi lui causer ! Et aussi la chaleur de Noël par la grâce d’un curé de campagne que je sais mort depuis peu, mais qui vit en chacun de nous (et aussi son extraordinaire esprit d’ouverture – me laisser chanter à l’église alors que je n’y connais rien moi à la religion !)
Mon deuxième souvenir est ce jour d’anthologie où ma Lara du haut de ses 14 ans (j’en avais alors 18) m’a supplié de ne pas la laisser aller à sa première boum sans savoir comment on doit embrasser, interdite, je lui explique alors que nous avons à notre disposition tout un cheptel de 13 copains plus dévoués à cette tâche, les uns que les autres, elle me répond alors que le fantasme de la bande c’est moi, elle seulement leur petite sœur, je lui demande donc peu rassurée ce qu’elle attend donc de moi (je craignais la réponse mais la connaissais d’avance), elle me répondis alors d’un rouge pivoine que je connaissais pas à ses joues et dans un soupir plus que murmure : un baiser, rouge pivoine à mon tour je comprends (du moins j’essaye de toutes mes forces) qu’il lui a fallu des semaines de courage pour en arriver là, je me risque à un simple, pourquoi moi ?, la réponse tenait en quelques mots désarmants : tu es ma sœur, ma confidente, tu ne te moqueras pas de moi, et si un jour tu en parles, on en reparle, ce sera avec la grâce d’un papillon, bref j’ai confiance et puis surtout tu seras le seul être à ne pas croire que j’ai « viré » de bord, je veux juste un peu de pratique pour arrêter d’être la risée d’un groupe de fille, et ce depuis de longs mois.
De ce souvenir je garde le bien être d’une immense liberté, et quand nous évoquons ce moment, nous aimons à nous en souvenir comme de deux pivoines qui ont « accouché » d’un coquelicot !
Là où mon troisième souvenir va venir contrarier le bien être de toute cette liberté, c’est que quand on est un être blessé, frustré, le vent de liberté que l’on souffle peut alors tout ravager autour de soi, et qu’à force de mépriser la vie, sa vie, il y a un prix, vous connaissez le mien.
« Les manques ne sont pas toujours les mêmes »
On finit toujours par souffrir d’un manque ou d’un trop plein, il n’est de fait pas toujours le même pour tous, je me permets de vous ouvrir un peu de mon espace vital face à cet étrange mais si vrai concept.
Moi, des barrières et des interdits, personne dans ma famille ne m’en a réellement posé, ma mère est un esprit sain et libre dans un corps sain et libre, et le sera toujours, elle ne m’a pas éduqué avec des ornières ou des frontières, nos yeux regardent dans la même direction, nos émotions se mêlent et il en sera toujours ainsi. Mon père était un père absent qui n’avait qu’une seule exigence, l’excellence de mes résultats, après cela j’aurais bien pu danser la polka sur le mur du Kremlin, c’était pas son souci mais 1ère à l’école oui.
Le paradis en apparence mais ici bas, tout a un prix, le mien fut mon AVC et ses conséquences. Trop de liberté finit par m’être fatal !
Enfant et adolescente, je n’avais qu’un seul et unique caprice, mon jardin des délices, ma bande de copains, que des mecs dont j’étais un peu leur petite reine. Dès Noël, pâques et les grandes vacances, je les rejoignais tambour battant, rien n’aurait pu m’en empêcher, je trouvais là l’expression proche de ce que dois être la liberté totale, sans tabou, sans interdit, de camping, en pique-nique, en vadrouille, en baignades au clair de lune, en promenades à vélo, à la marelle, à … ce que vous voulez, c’était juste le bonheur.
La seul autre fille du groupe, mon amie d’enfance (nous dirons Lara pour le forum) finit par se joindre à nous un peu plus tard (elle est de 4 ans ma cadette), nous ne comptons plus même à ce jour les mensonges et les promesses de sagesse que je servais honteusement à ses parents qui m’aimait comme une seconde fille (et m’aime toujours d’ailleurs) ce afin que Lara puisse se joindre à nos jeux « innocents ». Les parents de Lara, son père est un cerbère dont l’éducation au fer rouge tire encore régulièrement des larmes à ma Lara, toute adulte qu’elle soit. Comment j’ai pu lui vendre autant de bobards et de salades, rien que pour cela l’enfer me guette.
Aujourd’hui, au tout début, je sais que ce qu’elle aimait le plus en moi, c’était le furieux vent de liberté que je soufflais (et que je nommais déjà à l’époque le calibidou – origine certifiée de la BD érotique « Gwendoline »).
De cette époque je garde plus de souvenirs que je n’ai de mémoire, mais en tirant à la courte paille, j’en hisserai trois à la surface.
Le premier est mon grand-père maternel revenant de chez un fermier voisin où il ferrait les chevaux, plus qu’un métier, sa passion, je sais qu’il nous a vu nous baigner nu dans l’étang (nous étions alors des pré-adolescents) mais lorsque espiègle, cheveux mouillés et pieds nus, je suis revenue à l’orée de la nuit (ces nuits chaudes des seventies pour celles qui les ont vécus), il m’a souri et m’a tendu un grand essuie de bain, m’a enveloppé et frotté la tête vigoureusement et a opposé un tendre baiser sur mon front et m’a dit « ça va ma belle ? » (l’amour contenu dans ces gestes successifs rayonne encore dans mon cœur et dans mes yeux tout comme l’écho de sa voix). Ma seule réponse fût comme toujours, mon sourire, et quand on connaît le pouvoir de son sourire, l’on en abuse.
Fuse de suite un souvenir que j’adosse volontiers à celui-ci, nos Noëls, où nous allions chanter à l’église avec les copains, les cadeaux de Noël dont l’église était parsemée par Monsieur le curé (je ne suis pas croyante et si je l’avais été, j’aurais totalement perdu la foi après mon AVC) mais cet homme m’a fait croire à la magie de Noël et au bonheur du partage avec les plus démunis (je pense que je lui dois de m’être aujourd’hui retournée à nouveau vers le bénévolat – une bonne thérapie d’aider plus malheureux que soi, après on va toujours mieux – sauf quand la veille d’un concert des DUE, on a fermé les yeux d’un pauvre vieux livré à l’alcool et abandonné de tous et que l’on doit éviter à son chien d’être zigouillé dans l’heure qui suit parce que la « fourrière » n’en a rien à c….), mais rien n’est de fait, parfait !
De ce souvenir je garde haut la bannière de cette suprême liberté, celle d’un homme bon et simple de septante ans (un autre monde, une autre éducation) qui n’en a pas fait trois tonnes de la honte que j’avais bien due, bien malgré moi lui causer ! Et aussi la chaleur de Noël par la grâce d’un curé de campagne que je sais mort depuis peu, mais qui vit en chacun de nous (et aussi son extraordinaire esprit d’ouverture – me laisser chanter à l’église alors que je n’y connais rien moi à la religion !)
Mon deuxième souvenir est ce jour d’anthologie où ma Lara du haut de ses 14 ans (j’en avais alors 18) m’a supplié de ne pas la laisser aller à sa première boum sans savoir comment on doit embrasser, interdite, je lui explique alors que nous avons à notre disposition tout un cheptel de 13 copains plus dévoués à cette tâche, les uns que les autres, elle me répond alors que le fantasme de la bande c’est moi, elle seulement leur petite sœur, je lui demande donc peu rassurée ce qu’elle attend donc de moi (je craignais la réponse mais la connaissais d’avance), elle me répondis alors d’un rouge pivoine que je connaissais pas à ses joues et dans un soupir plus que murmure : un baiser, rouge pivoine à mon tour je comprends (du moins j’essaye de toutes mes forces) qu’il lui a fallu des semaines de courage pour en arriver là, je me risque à un simple, pourquoi moi ?, la réponse tenait en quelques mots désarmants : tu es ma sœur, ma confidente, tu ne te moqueras pas de moi, et si un jour tu en parles, on en reparle, ce sera avec la grâce d’un papillon, bref j’ai confiance et puis surtout tu seras le seul être à ne pas croire que j’ai « viré » de bord, je veux juste un peu de pratique pour arrêter d’être la risée d’un groupe de fille, et ce depuis de longs mois.
De ce souvenir je garde le bien être d’une immense liberté, et quand nous évoquons ce moment, nous aimons à nous en souvenir comme de deux pivoines qui ont « accouché » d’un coquelicot !
Là où mon troisième souvenir va venir contrarier le bien être de toute cette liberté, c’est que quand on est un être blessé, frustré, le vent de liberté que l’on souffle peut alors tout ravager autour de soi, et qu’à force de mépriser la vie, sa vie, il y a un prix, vous connaissez le mien.
Donc, le seul homme (non virtuel celui-là) auquel je crois avoir pu apposer le mot amour, s’y est très mal pris pour déclarer sa flamme (vous le narrer est hélas impossible mais cela fût un réel cauchemar) dont la blessure n’est pas encore refermée, j’ai le pardon dur (je ne tends jamais deux fois la main à qui m’a mordu et pas de 2e joue non plus), pas de vengeance non plus, cela ne fait pas partie de mes besoins vitaux, mais de vengeance, s’il y en eu une, ce fût envers moi (je le comprends aujourd’hui mais trop tard) puisque de 18 à 31 ans, j’ai profité et abusé de tous mes charmes, ce dans le seul but de n’arriver à jamais rien construire, pas de mariage, pas de bébé, pas de…. la liste est très longue. Mais quand la vie vous fait de gros cadeaux, il vous veiller à les conserver, et surtout aimer la vie, votre vie sinon un jour elle vous lâche.
Je pensais donc à tort qu’à 31 ans, j’avais encore toute la vie pour remédier à certaines de mes erreurs, là fût ma plus grosse erreur, de le croire.
A 31 ans, j’aimais les gens de ma vie mais pas ma vie, j’avais oublié que le 1er devoir de vie est d’aimer cette vie.
Lasse de moi, la vie m’a alors retiré tous mes droits, fini 55 kilos pour 1m63, fini le sourire « j’emballe » qui je veux, quand je veux, fini, l’insouciance.
Du jour au lendemain, je ne parlais plus, ne marchais plus, mon visage quand j’ai enfin pu le voir ressemblait à un champ de mine plein d’étoiles rouges explosées, mes yeux ne vivaient plus sous la même latitude, mon axe facial était décentré, ma vision faible et mes mouvements inexistants.
Prisonnière des méandres de mon âme, face à une armada hospitalière (inhospitalière leur conviendrait bien mieux !) pas très optimiste (doux euphémisme de « pas optimiste du tout ») et qui ne misait pas un penny sur mes chances d’une vie à nouveau dite normale, pour peu que je menais d’ailleurs à cette époque une vie normale !
Mais c’est mal me connaître, moi la reine des puzzles, je comptais bien reconstruire mon « 5000 pièces » dévasté, ah, la vie ne veut plus de moi mais elle ne va pas au bout de son idée, pas le courage de m’achever, même un vieux cheval on a pitié, alors pas grave si la vie ne m’aime plus moi je vais l’aimer pour deux, je vais enfin apprendre à la respecter, je vais m’imposer à elle, bien malgré elle ! D’autres l’on dit et écrit bien avant moi (et bien mieux) mais l’on est jamais aussi vivant qu’aux portes de la mort, et pour moi ce fût si vrai !
Je pensais donc à tort qu’à 31 ans, j’avais encore toute la vie pour remédier à certaines de mes erreurs, là fût ma plus grosse erreur, de le croire.
A 31 ans, j’aimais les gens de ma vie mais pas ma vie, j’avais oublié que le 1er devoir de vie est d’aimer cette vie.
Lasse de moi, la vie m’a alors retiré tous mes droits, fini 55 kilos pour 1m63, fini le sourire « j’emballe » qui je veux, quand je veux, fini, l’insouciance.
Du jour au lendemain, je ne parlais plus, ne marchais plus, mon visage quand j’ai enfin pu le voir ressemblait à un champ de mine plein d’étoiles rouges explosées, mes yeux ne vivaient plus sous la même latitude, mon axe facial était décentré, ma vision faible et mes mouvements inexistants.
Prisonnière des méandres de mon âme, face à une armada hospitalière (inhospitalière leur conviendrait bien mieux !) pas très optimiste (doux euphémisme de « pas optimiste du tout ») et qui ne misait pas un penny sur mes chances d’une vie à nouveau dite normale, pour peu que je menais d’ailleurs à cette époque une vie normale !
Mais c’est mal me connaître, moi la reine des puzzles, je comptais bien reconstruire mon « 5000 pièces » dévasté, ah, la vie ne veut plus de moi mais elle ne va pas au bout de son idée, pas le courage de m’achever, même un vieux cheval on a pitié, alors pas grave si la vie ne m’aime plus moi je vais l’aimer pour deux, je vais enfin apprendre à la respecter, je vais m’imposer à elle, bien malgré elle ! D’autres l’on dit et écrit bien avant moi (et bien mieux) mais l’on est jamais aussi vivant qu’aux portes de la mort, et pour moi ce fût si vrai !
Mon plus grand bonheur fût alors de savoir que l’un de mes quatre grands-parents n’aurait pas à vivre cette période noire, cette lutte de chaque seconde, de fait mon grand-père maternel étant parti vers le paradis des chevaux cinq ans plus tôt, il n’aurait pas à voir sa belle et rebelle ainsi entravée et démolie ! Merci la vie, le chagrin de l’être trop tôt disparu trouve parfois ses raisons dans la vie, elle-même.
Mais mon plus grand malheur fût mon autre grand-père, présent jour après jour, et qui du fond de sa campagne, me parlait par téléphone des choses de la vie, de sa vie, du jardin, des fleurs, de leur couleur, que j’écoutais alors religieusement comme le plus doux des hymnes de vie puisque je ne pouvais lui répondre mais cette épreuve dû avoir raison de ses forces, il en a nourrit sous le choc (ou alors le hasard est plus qu’un mauvais génie) un cancer féroce qui allait le dévorer sur une période de trois ans où je ne pu beaucoup l’aider (sauf le jour où déjà aux portes de la mort, il m’a vu débarquer « seule » venue par le train – mes premiers pas solos dans ma nouvelle vie – presque 3 ans après l’accident – accompagnée du plus délicieux être vivant qui ait croisé ma route, mon VIRGULE, teckel roux de son état, eh, oui il a connu le fameux binôme !!! – le fait de voir que j’avais récupéré mon autonomie, ma vie, ma liberté, une vraie liberté de mouvements, lui a été profitable encore quelques mois durant).
Pour revenir à moi, chaque jour fût dès lors un combat, je suis devenue Madame « NON », à chaque raisonnable, j’ai répondu d’un déraisonnable, et bien encore davantage lorsqu’ils m’ont appris que la seule chose qui me restait de bon dans tout l’organisme était mon cœur, en béton, qu’ils ont dit (je le savais dur comme fer, mais en béton…), pas certain qu’il s’attendait à tout ce que je lui ai fait voir, mon petit cœur. Mais le principal est qu’il était tenu bon l’électrochoc.
Aujourd’hui en dehors d’un excès de poids évident à l’œil nu, il ne subsiste plus rien en apparence du moins de tous les autres ravages.
Ma mère fût fidèle à elle-même, admirable de jour en jour, mon père croit avoir « accouché » d’un gros bébé de 31 ans, il répare les lacunes des trente et unes premières années, mais souvenez-vous j’ai la dent dure, et je ne suis pas là de lui pardonner ses manques d’avant, qu’il répare, qu’il s’affaire, on verra bien plus tard, s’il a droit à mon amour.
J’aime peu et utilise au quotidien, peu ce mot, l’écrire est facile, le prouver l’est moins, donc j’évite de le galvauder au quotidien.
Mes amis créèrent une onde de dévotion autour de moi et entreprirent « Les jardins d’Illuna » (j’ai toujours raconté des histoires à mes amis – et le temps de mon silence, c’est eux qui m’en ont raconté), ce dans le but évident de me sortir de mon mutisme qui était devenu une punition pour tous.
Vous le croirez ou non, je travaillais alors dans un centre pour handicapés mentaux et physiques lourds, et leur premier acte de remerciement pour 10 ans de bons et loyaux services fût de me licencier, difficile de croire que c’est parfois dans ce genre de milieux (si chers à certaines familles royales) que l’on rencontre le moins de charité « chrétienne », à la place des parents qui confient leurs enfants, je me poserais bien des questions.
Un problème dont je n’avais d’évidence pas besoin, mais mon amie d’école (nous l’appellerons Sara) se fit un plaisir de mettre sa matière grise à mon service afin de leur faire cracher la moindre pénalité pour leur mauvaise conduite, du fond de mon silence, j’ai bien ri de tout ce qu’elle leur a fait voir en mon nom, mandatée qu’elle était pour le faire. Sara, d’une haute rigueur morale éplucha des mois durant tous les textes de Loi, pour qu’ils replongent à chaque ligne de mon contrat de travail non respecté, j’ai encadré deux des lettres d’anthologie qu’elles a fait parvenir au centre et chapeautée en cela par mon syndicat, très jouissif à mon souvenir ! Et après coup, l’idée du siècle ce licenciement…car j’avais encore plus envie de me battre, ils m’ont mis dans un tel état de rage, que j’ai dû faire plus de progrès ces six mois-là que pendant les deux autres années et demies.
Quand le temps fût venu, je me m’y en recherche d’un autre boulot et chemin faisant j’allais croiser la route du petit être le plus important de ma vie (maman exceptée), mon bébé bulle, mon VIRGULE.
Depuis lui, les Noëls chantent à nouveaux, il décore le sapin avec nous, a les « boules » avec nous, il aime que je lui chante les chants d’autrefois que ma mémoire a gardé précautionneusement en elle, seule partie de mon être non chamboulée ma matière grise, mes souvenirs, ma mémoire de Titans, bref si VIRGULE va bien, je vais bien et inversement.
Il illumine mes jours et mes nuits, et je ne me sens plus, un pauvre petite chose sans enfant, lui il est tout ce que la vie ne m’a pas donnée sous une autre forme et je n’y voudrais rien changer !
Comme le disaient autrefois mes grands-mères partie elles aussi vers d’autres cieux, Tintin et Milou, pour l’une et Boule et Bill, pour l’autre, eh, on a la culture BD, que l’on peut.
Virgule est la rencontre que l’on attend plus, celle qui vous comble jusqu’à l’absurde, qui vous guérit, qui vous chérit, toute d’innocence, qui ne demande rien (ou si peu) mais donne tout, celle qui d’un regard vous offre la Lune sur un plateau d’argent, je mourais sans regret pour lui mais refuserais qu’il y ait sur sa tête la moindre menace.
Et Julien dans tout cela, et bien c’est un peu de vent de liberté de mon enfance, que m’a ramené le printemps passé (né à mes yeux au printemps tout comme mon Virgule), j’aime son manque de tabou, de limite, son impertinence, son insolence le tout parfois rustre, le tout parfois délicat, Julien me replonge avec bonheur dans mes excès d’autrefois et c’est d’autant meilleur que je connais le prix de trop de liberté comme son manque, j’ai tâté des deux faces de la pièce, je peux donc me régaler en connaissance de cause.
Bien heureuse Charlotte qu’il t’ai libéré d’un carcan d’éducation, moi il m’a replongé dans un océan de liberté quand à mon premier Noël avec Julien, eh, bien pour la première fois à la maison depuis treize Noëls, doivent cohabiter deux « calibidou », au bonheur fou de Virgule s’est ajouté le bonheur plus subtile de Julien, et comme vœux sous le sapin que l’un des deux ne m’en veuille pas si je lui ai naturellement préféré l’autre, je ne voulais pas que Monsieur VIRGULE me reparle de ses valises.
Virgule et Julien sont pour moi deux thérapies qui contribuent à beaucoup de bonheur, longue vie à mon âne, 35 ans au moins (et pour un certain fiston aussi), et une belle carrière pour le second, tant et si peu que cela lui apporte le bonheur.
Merci à Charlotte et Lulu qui ont permis à mes émotions de s’exprimer ainsi sans détour, j’en avais sans le savoir, sans doute un grand besoin.
Calente
Mais mon plus grand malheur fût mon autre grand-père, présent jour après jour, et qui du fond de sa campagne, me parlait par téléphone des choses de la vie, de sa vie, du jardin, des fleurs, de leur couleur, que j’écoutais alors religieusement comme le plus doux des hymnes de vie puisque je ne pouvais lui répondre mais cette épreuve dû avoir raison de ses forces, il en a nourrit sous le choc (ou alors le hasard est plus qu’un mauvais génie) un cancer féroce qui allait le dévorer sur une période de trois ans où je ne pu beaucoup l’aider (sauf le jour où déjà aux portes de la mort, il m’a vu débarquer « seule » venue par le train – mes premiers pas solos dans ma nouvelle vie – presque 3 ans après l’accident – accompagnée du plus délicieux être vivant qui ait croisé ma route, mon VIRGULE, teckel roux de son état, eh, oui il a connu le fameux binôme !!! – le fait de voir que j’avais récupéré mon autonomie, ma vie, ma liberté, une vraie liberté de mouvements, lui a été profitable encore quelques mois durant).
Pour revenir à moi, chaque jour fût dès lors un combat, je suis devenue Madame « NON », à chaque raisonnable, j’ai répondu d’un déraisonnable, et bien encore davantage lorsqu’ils m’ont appris que la seule chose qui me restait de bon dans tout l’organisme était mon cœur, en béton, qu’ils ont dit (je le savais dur comme fer, mais en béton…), pas certain qu’il s’attendait à tout ce que je lui ai fait voir, mon petit cœur. Mais le principal est qu’il était tenu bon l’électrochoc.
Aujourd’hui en dehors d’un excès de poids évident à l’œil nu, il ne subsiste plus rien en apparence du moins de tous les autres ravages.
Ma mère fût fidèle à elle-même, admirable de jour en jour, mon père croit avoir « accouché » d’un gros bébé de 31 ans, il répare les lacunes des trente et unes premières années, mais souvenez-vous j’ai la dent dure, et je ne suis pas là de lui pardonner ses manques d’avant, qu’il répare, qu’il s’affaire, on verra bien plus tard, s’il a droit à mon amour.
J’aime peu et utilise au quotidien, peu ce mot, l’écrire est facile, le prouver l’est moins, donc j’évite de le galvauder au quotidien.
Mes amis créèrent une onde de dévotion autour de moi et entreprirent « Les jardins d’Illuna » (j’ai toujours raconté des histoires à mes amis – et le temps de mon silence, c’est eux qui m’en ont raconté), ce dans le but évident de me sortir de mon mutisme qui était devenu une punition pour tous.
Vous le croirez ou non, je travaillais alors dans un centre pour handicapés mentaux et physiques lourds, et leur premier acte de remerciement pour 10 ans de bons et loyaux services fût de me licencier, difficile de croire que c’est parfois dans ce genre de milieux (si chers à certaines familles royales) que l’on rencontre le moins de charité « chrétienne », à la place des parents qui confient leurs enfants, je me poserais bien des questions.
Un problème dont je n’avais d’évidence pas besoin, mais mon amie d’école (nous l’appellerons Sara) se fit un plaisir de mettre sa matière grise à mon service afin de leur faire cracher la moindre pénalité pour leur mauvaise conduite, du fond de mon silence, j’ai bien ri de tout ce qu’elle leur a fait voir en mon nom, mandatée qu’elle était pour le faire. Sara, d’une haute rigueur morale éplucha des mois durant tous les textes de Loi, pour qu’ils replongent à chaque ligne de mon contrat de travail non respecté, j’ai encadré deux des lettres d’anthologie qu’elles a fait parvenir au centre et chapeautée en cela par mon syndicat, très jouissif à mon souvenir ! Et après coup, l’idée du siècle ce licenciement…car j’avais encore plus envie de me battre, ils m’ont mis dans un tel état de rage, que j’ai dû faire plus de progrès ces six mois-là que pendant les deux autres années et demies.
Quand le temps fût venu, je me m’y en recherche d’un autre boulot et chemin faisant j’allais croiser la route du petit être le plus important de ma vie (maman exceptée), mon bébé bulle, mon VIRGULE.
Depuis lui, les Noëls chantent à nouveaux, il décore le sapin avec nous, a les « boules » avec nous, il aime que je lui chante les chants d’autrefois que ma mémoire a gardé précautionneusement en elle, seule partie de mon être non chamboulée ma matière grise, mes souvenirs, ma mémoire de Titans, bref si VIRGULE va bien, je vais bien et inversement.
Il illumine mes jours et mes nuits, et je ne me sens plus, un pauvre petite chose sans enfant, lui il est tout ce que la vie ne m’a pas donnée sous une autre forme et je n’y voudrais rien changer !
Comme le disaient autrefois mes grands-mères partie elles aussi vers d’autres cieux, Tintin et Milou, pour l’une et Boule et Bill, pour l’autre, eh, on a la culture BD, que l’on peut.
Virgule est la rencontre que l’on attend plus, celle qui vous comble jusqu’à l’absurde, qui vous guérit, qui vous chérit, toute d’innocence, qui ne demande rien (ou si peu) mais donne tout, celle qui d’un regard vous offre la Lune sur un plateau d’argent, je mourais sans regret pour lui mais refuserais qu’il y ait sur sa tête la moindre menace.
Et Julien dans tout cela, et bien c’est un peu de vent de liberté de mon enfance, que m’a ramené le printemps passé (né à mes yeux au printemps tout comme mon Virgule), j’aime son manque de tabou, de limite, son impertinence, son insolence le tout parfois rustre, le tout parfois délicat, Julien me replonge avec bonheur dans mes excès d’autrefois et c’est d’autant meilleur que je connais le prix de trop de liberté comme son manque, j’ai tâté des deux faces de la pièce, je peux donc me régaler en connaissance de cause.
Bien heureuse Charlotte qu’il t’ai libéré d’un carcan d’éducation, moi il m’a replongé dans un océan de liberté quand à mon premier Noël avec Julien, eh, bien pour la première fois à la maison depuis treize Noëls, doivent cohabiter deux « calibidou », au bonheur fou de Virgule s’est ajouté le bonheur plus subtile de Julien, et comme vœux sous le sapin que l’un des deux ne m’en veuille pas si je lui ai naturellement préféré l’autre, je ne voulais pas que Monsieur VIRGULE me reparle de ses valises.
Virgule et Julien sont pour moi deux thérapies qui contribuent à beaucoup de bonheur, longue vie à mon âne, 35 ans au moins (et pour un certain fiston aussi), et une belle carrière pour le second, tant et si peu que cela lui apporte le bonheur.
Merci à Charlotte et Lulu qui ont permis à mes émotions de s’exprimer ainsi sans détour, j’en avais sans le savoir, sans doute un grand besoin.
Calente
Illuna

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