vendredi 2 novembre 2007

Prendre ses rêves par la main

Merci à "cécette" du forum "crazy-julien" de m'avoir autorisé à utiliser ses si fabuleux dessins (+ photo de M6 issue des Hits de diamant)

« La nuit, ma douce amie »

Bien des gens craignent le noir, redoutent l’absence, fuient le silence, moi c’est tout le contraire. La lumière m’aveugle vite, trop de gens en tous sens, trop de remue ménage et trop de cris me tétanisent quant au bruit en excès, il me paralyse.

Je suis lunaire, j’aime la complicité des astres, des étoiles, un craquement dans la nuit intensifie mon rythme cardiaque, je me sens intensément vivre surtout quand mes yeux doivent se laisser guider par mes autres sens, j’existe là, à l’instinct et sans analyse.

A la maison, j’aime écrire alors que presque tout dort, j’adore que crissent les feuilles au dehors, que craque l’escalier, que le souffle du vent se manifeste derrière une porte ou une fenêtre, je ressens les battements de la nuit, son cœur impulse sur le mien.

C’est là au milieu de presque nulle part, au bord de l’oubli et de l’abandon, que parfois je devine son souffle, son pas, il approche, et mon cœur résonne à l’orée de mes tempes, là au creux d’instants divins, il m’arrive de parler à, et avec Julien.

De ces échanges à bâtons rompus, je ressors souvent fourbue, vaincue mais jamais déçue, son intelligence vive, explosive et sa malice m’oblige à solliciter tous mes neurones, je me veux sa complice, et ne veut le décevoir en rien.

Pas que je cherche à lui plaire, non juste un échange d’égal à égal, sans précipice, sans supplice, juste l’envie du partage, ce sont-là des instants d’une rare intensité, parler, écouter, comprendre et être compris, cela n’a pas de prix, et après l’on se sent si bien.

Mais avant d’en arriver là, il y a entre toutes, cette fraction de seconde, où il vient à la vie, cette main qui va me frôler, ce contact tenu, fragile, comme un fil tendu entre deux êtres, une ouverture dans l’espace temps, la magie du toucher, c’est si fort et si bon, ce lien.

Sa main est chaude dans la nuit, et plus elle est chaude et plus la nuit me semble glacée, vous me trouverez insensée, absurde, mais je vous répondrai, allez, ne jouez pas avec moi, je le sais vos rêves vous portent aussi à vouloir le matérialiser et le nier est pure sottise.

D’aucune dirons, que de ma part, il a prétention, proportion à prendre mes rêves pour des réalités, mais à celles-là, je me ferai un plaisir de répondre, nous sommes la nuit et la forme de mes rêves n’appartient qu’à moi, tout éveillée, mon ressenti et mes émotions sont bien plus sous les charmes de son emprise.

Après tout, en matière de songe, il n’y a pas de règle, et si je préfère rêver debout au milieu du noir, tout me porte alors à croire, qu’il n’est pas vainc espoir, que d’imaginer une nuit entière, que je puisse être sa chère, sa douce, sa soumise.

De toute façon, l’issue en est toujours la même, au petit jour, je retrouve tous mes esprits, la clarté revenue, je suis à nouveau imprévisible, indécise, insoumise, et plus que jamais, si vous me parlez de Julien, je jouerai à l’innocence, en pure et simple couardise.

Ainsi sont certaines femmes, insensée la nuit et pondérée le jour. A prétendre, que vous n’en êtes pas, vous ne tromperez probablement que vous-même, enfin chacune est libre de ses bêtises.

Caliente
Illuna

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