dimanche 25 novembre 2007

Dieu, n'est pas tout puissant...


Merci à Cécette (du forum crazy-julien) pour son magnifique dessin si généreusement prêté pour mon blog et mon texte-poème.












« Dieu », lors d’un dimanche, au repos, décida de concéder au monde des hommes, un individu hors norme.

Il avait rêvassé le long de champ de blés, le soleil avait accompagné ses pas, et sous l’influx de cette chaleur, il décida que sa création allait atteindre des sommets, il se donna sept jours pour y arriver.

Il allait tel orfèvre, nous faire un chef d’œuvre, un vrai régal pour l’œil et l’esprit.

Lundi, il commença par le corps, d’une peau sylphide et limpide, presque fragile mais pleine de tiédeur sous la caresse, d’un grain inestimable, légèrement ambrée par endroit, d’une douceur d’aile de papillon, d’un perlé de nacre à faire pâlir les autres dieux. Bien membré, les jambes galbées, les fesses bien remplies, un ventre doux comme une invite, ourlé de la soie la plus délicate, les seins mordorés de tâches de son, désirs inavouables, des épaules bien modelées, des avants-bras soyeux, des poignets et des mains fines proches de la délicatesse féminine, le tout du plus haut esthétisme, rien ne fût laissé au hasard. Et, ce à quoi, il ne songea, il le voulut aussi du plus bel effet, trésor étincelant de nacre.

Mardi, il entreprit de détailler son visage, ses traits, il les souhaita fins, onctueux, comme une invite au voyage, et charnus par endroits. Il nimba ces cheveux du plus bel or, blond comme les blés, leur donna une belle longueur pour que son œil d’angelot « bleu – je veux » soit en contrepied de la folie sauvage de cette toison dorée. Et ces yeux, qu’il noya de mil en un bleus, de l’indigo coléreux à l’azuréen malicieux, du méthylène fiévreux au «roi » fougueux, mais quelle qu’en fût leur déclinaison, il leur attribua une intensité à nulle autre semblable. Son visage n’était jusque là qu’harmonie, lorsqu’il en vint à la bouche, il la voulut mi-charnue, mi-fine, son rosé perlé abritait pétale de fleurs, nouvelle invite à de nouvelles folies, le regarder ne pouvait mener qu’à le désirer. L’ensemble des traits étaient une promenade troublante, ensorcelante dont les chemins conduisaient irrésistiblement à la tentation, chacune ou chacun auraient ainsi envie de se nicher au coin de ses perfections, il termina bien tard son ouvrage, ne permettant à aucune anomalie de siéger en sa figure. Telle peinture, ses dorures et ses parures devaient atteindre perfection comme en sacre.

Mercredi, quoique déjà bien fatigué, il décida de se consacrer à son esprit, il le combla plus que de raison de tous les bienfaits de l’intelligence, il serait écouté, admiré, son savoir serait surprenant mais jamais vraiment irritant sauf pour les idiots et les jaloux, la création multiple serait son domaine, il voguerait telle « huître » sur l’incompréhension de ses semblables jusqu’à leur distiller son savoir. Il serait reconnu, compris et apprécié. Son courage, sa force de caractère, son originalité feraient école. Et de ses échecs, parce qu’il en faut, pour se grandir, il apprendrait d’eux l’humilité et il garderait la simplicité des premiers jours, adieu simulacre.

Jeudi, heureux de l’œuvre déjà accomplie, il s’attarda auprès de son âme, parce qu’un homme déjà comblé de tous les bienfaits ci-dessus détaillés, n’est rien si son cœur est sombre, ses pensées malsaines ou ses actes méprisables, il lui adjugea donc aussi une belle essence. Il lui attribua aussi l’aura d’un sourire sans partage comme un décoché de flèches imparable, mais plut à Dieu qu’autour de tant de belles créations, la vie n’y mêle aucun massacre !

Vendredi, il s’attaqua alors aux effluves, aux embruns dont ce corps serait naturellement ondé et perlé. Cendre de rose, nectar des fruits et épices d’Afrique aux pieds de cet adonis, sublime artiste mais bien sûr rien de suranné, ni d’âcre.

Samedi, il passa en revue les sept sens (doux souvenir de la narration détaillée de Dame Lucrezia), les peaufina, pour ceux auxquels il n’avait pas encore accordé grand crédit, ce afin que tout fût parfait ou du plus possible, une genèse qui s’en rapprocha. Et, puis parce que tel était son bon vouloir, il lui adjugea quelques tatouages du plus bel effet, qui nous amènent en voyage tel polacre !

Dimanche, revint de nouveau, et il décida alors de se reposer tout en contemplant son œuvre, mais lorsque les autres dieux s’en furent allés, émerveillé devant si bel ouvrage, « Dieu » décida de reprendre sa forme première, celle d’une femme, qui aux portes de l’abandon s’autorisa à tester sa conception. Et sa découverte se fît alors en toute sen….conceptualité !

Parce que les femmes, parfois, ne croient même pas à ce qu’elles voient, et qu’elles ont ce besoin si précieux, si délicieux et si facétieux de devoir toucher, pour y croire.

Caliente
Illuna

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