samedi 6 octobre 2007

Les yeux bleus

Photo issue de la "Nouvelle Star 2007 - Les duos du coeur" sur M6


"Morphée a les yeux bleus"


Deux nuits d’affilée, Morphée dont on sait à présent qu’il a les yeux bleus, s’est refusé à moi. Alors, après les « cicatrices » de l’insomnie, bien des ratures, des idées abandonnées, et des mots interchangés, ce sont finalement deux magnifiques prunelles d’un noir ébène, qui m’ont indiqué le chemin à suivre, la montagne à gravir.

D’ordinaire, mes mots flirtent, dansent, virevoltent autour de ma plume mais là « impooossible » de coucher le moindre souvenir, même un infime flash back sur la feuille.

Puis, j’en reviens à mes escarboucles « pétroles » qui ont autrefois failli être privées de la lumière du jour, et j’en arrive à songer à ce que j’aimerais emporter comme dernière image de notre monde « si visuel », si de suite, la vue venait à m’être ôtée.

Eh, là, une mélodie me porte enfin vers lui, « plus bleu que le bleu de tes yeux … », et redéfilent alors devant mes yeux, l’intensité et la variété de tous ses regards, en emporter un seul, frustrant, en désirer un plus qu’un autre, possible même naturel, en omettre un, plus qu’injuste, je les veux tous, tel l’enfant dans un magasin de jouets, qui se refuse à tout choix.

Et débute la sarabande avec le bleu azuréen, transcendé par quelques lignes blanches épurées, lorsque enfin rassuré, content du bonheur qu’il vient d’offrir au public, il accepte un peu de quiétude dans son univers en perpétuel tourment artistique.

Suivi de très près, par un champ de lavande qui inonde ses deux coupoles sous la tendresse complice ou la caresse pleine d’amitié d’une douce « amie » comme Julie.

Et que dire du clin d’œil accordé aux siens, qui au détour dévoile une nouvelle palette, d’un bleu alternant entre la pierre turquoise et les alizés océanes.

Inutile aussi d’essayer d’oublier le bleu roi, pour ne pas dire royal, brut et franc comme son sourire qu’il vous claque selon les méandres acides de son espièglerie enfantine dont il a gardé tous les secrets, encore de nos jours à l’âge adulte.

Mais ces coteaux mi-ciel, mi-bonheur peuvent aussi croiser l’indigo d’une noire colère contenue lorsque injustement soumis à l’opprobre, il ne peut s’en défendre qu’entre souffles alternés et éclairs vrillés.

Et puis aussi, qu’est-ce qu’on a envie de les protéger, ces ciels brumeux, fiévreux et cendrés lorsque le doute l’anime tout entier, peu convaincu par l’une de ses prestations ou quand la déception s’affiche sans qu’il puisse la combattre et qu’il nous la livre en toute simplicité.

Très touchant aussi, le délavé, bleu-gris, lorsque la fatigue le cueille, le garde entre ses puissants bras, refuse de l’abandonner alors qu’il est tout entier soumis à une bronchite qui a élu domicile dans un corps si « séduisant » que l’on peut comprendre qu’elle le garde pour elle toute seule, un peu trop longtemps.

Et ces coquins de myosotis qui regagnent ses deux somptueux écrins, lorsque fier du chemin accompli, ayant enfin vaincu ses démons intérieurs et bravés les tempêtes « mariannesque », et qu’une seconde à peine, il accepte finalement de goûter au parfum de la victoire.

Bien d’autres « bleus » l’animent mais ils ont moins marqué ma mémoire ou ils reviendront hanter mon esprit bien plus tard.

De fait, le seul bleu que je ne lui connaisse absolument pas, et que je ne pourrai toute ma vie durant qu’imaginer, et sur lequel, s’il ne devait y en avoir qu’un se porterait mon choix ultime, ce serait les ciels changeants livrés aux méandres de l’amour.

Après tant de bleus qui ne sont pas sans laisser des bleus à mon âme, c’est malgré tout apaisée que je vais m’endormir à l’ombre bienveillante de mes deux prunelles « noiraudes », qui jamais ne connaîtront mes infidélités nocturnes et virtuelles.

Ce que j’appelle humblement : sublimer le quotidien sans le trahir (ou plus poétiquement, ma spirale vertueuse, à savoir : se faire du bien sans faire de mal). J’avoue m’être bien débattue, et voilà ce qu’il en reste … à la fin de la nuit.

Caliente
Illuna

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