samedi 6 octobre 2007

La joie, entrecoupée par un défi ...

Merci à "cisssy" du forum "crazy-julien" pour ses très belles photos, qu'elle m'a permis d'utiliser pour mon blog.



« The dark side of the Life »

Noire, cette maudite nuit l’était autant que la journée avait pu l’être, pas un nuage à l’horizon et pas davantage un gramme d’air, il allait sans doute se remettre à pleuvoir, ah !, si la pluie pouvait laver et effacer les souvenirs douloureux à ses tempes, enlever l’humeur belliqueuse et stagnante, mauvaise journée, mauvaise chute, concert à jeter, public à ch…., il fallait pourtant bien que tout cela finisse.

Noires, les pensées abondaient sans pitié comme un relent nauséeux, comme un repas mal digéré, comme une vieille rancune, comme un vieux polar américain dont le héros est fatigué, oui crevé par des concerts où il faut sans cesse se renouveler pour ne pas tomber dans l’ennui mais même pas un bon musicien, digne de ce nom, pour amortir la brutale nudité de la scène, décidément les bandes sons, c’était pas son truc, pourtant il se livrait corps et âme, sang et eau mais toute son énergie et son amour livrés à un public mal « embouché », n’y avait rien changé, il y avait eu un trou noir entre lui et les spectateurs, impossible à combler cette fois-ci.

Noire, la série noire avait encore connu une suite cinglante, dérapage mal contrôlé, public sans âme, plus pop corn que rock and roll, bande son à problème, micro défectueux, et pour couronner le tout, une nouvelle amorce de bronchite, sa gorge l’avait empêché de placer certaines notes, maintenant elle lui brûlait tout du long. Que n’aurait-il donc pas offert à cet instant précis pour un bon café mais non, là seulement la pluie, encore et toujours la pluie, déversée par seaux entiers ces derniers jours, et qui bien sûr n’était pas étrangère à la morosité ambiante, et fait extrêmement rare, même la musique ne l’avait pas libéré de ses idées noires.

Noir et morose jusqu’à l’overdose, ce dont l’homme s’en voulait le plus, c’était d’avoir perdu patience, quelques « Mother’sFucker » inutiles face à cette foule amorphe, et dont les seuls spécimens à réagir avait manqué de respect à l’un des autres membres de la tournée, puis invectivé à son tour, il avait jugé bon de désaccorder sa guitare en signe de désapprobation mais les gens n’avaient rien compris à la finesse du message, orgueilleux et blessé, il avait alors repris le cours du spectacle au nom de son amour pour la musique, fier et artiste à quoi bon descendre plus bas, et puis le matériel, tantôt défectueux, tantôt capricieux, cela n’avait pas « arrangé » les choses et quand la pluie s’était invitée une énième fois, là il avait littéralement « pété » un câble. Pas sorti grandi l’artiste, et cela l’homme le regrettait par dessus tout.

Noir d’une fatigue, mère de mauvais conseils, et ce début de bronchite qui le taraudait, il était maintenant « bouillant », ivre de fièvre, et cela lui ôtait son habituel savoir-faire, il fallait absolument qu’il recadre tout cela, qu’il décide, foule conquise ou non par avance, de délivrer son art entre fouge et délicatesse, et qu’il s’impose au public, et de fait, il savait le faire mieux que n’importe qui, donc plus d’excuse pour demain ou les prochains concerts. Un coup de téléphone d’un ami ou de sa famille, une bonne douche, un peu de sommeil et tout irait déjà bien mieux. Une bonne nuit de repos, oui c’est cela dont il avait le plus besoin, mais là il fallait qu’il s’active grave car elle était déjà bien entamée, et trop peu de sommeil peut s’avérer pire que pas de sommeil du tout.

Noirs, ces satanés articles de presse à scandale, pourquoi avait-il fallu qu’il les lise et précisément le matin-même, oui à présent qu’il était plus lucide, il pouvait en convenir, eux aussi n’avaient pas joué un beau rôle, ils l’avaient tourneboulé, racontant n’importe quoi, déformant la moindre de ses attitudes ou le moindre de ses dires, oui cela avait mal commencé dès les premières lueurs de l’aurore et le reste avait suivi. Demain, il devrait peut-être aussi s’excuser auprès de ses compagnons de « voyage », eux aussi avaient eu à subir ses humeurs, mais là résidait un tout autre problème, les excuses, ce n’était pas son fort, enfin, il verrait demain est un autre jour, mais au fait demain était déjà là depuis un bon bout de temps.

Noir, mais peut-être déjà un peu moins, parfois un peu d’amour, un peu d’eau, il faut si peu de choses pour changer le court de pensées noires et sinueuses, il avait eu tort et dans son cas, cela l’avait achevé, et l’admettre enfin, lui permettait d’esquisser depuis un bon bout de temps son premier sourire, mais n’était-ce pas là, le premier de la journée ? Bon, maintenant avec le recul nécessaire, il pouvait se vanter d’avoir cumulé en un seul jour, tous les clichés de l’absurdité, l’exploit peu enviable d’avoir franchi allégrement toutes les mesures, que d’insultes inutiles, pourtant il savait pertinemment bien que la musique, ce n’est pas ça !

Noir, en cette fin de concert, il avait failli sortir de scène, définitivement mais la fuite ne grandit personne, alors il avait fini par ne plus jouer que pour lui-même, mais n’était-ce par la pire des solutions, il n’avait plus cherché à communiquer, ni même tenté de les amener à lui, il ressentait à présent tout le côté stérile de cette décision, un artiste est ce qu’il veut être, est ce qu’il est, mais avant tout il se doit au public, mais pour s’abandonner à lui, il doit se sentir aimé, et là pas aisé d’avouer sa part conjointe de responsabilité face à cet échec commun. Un échec, oui c’est bien de cela dont il s’agit et l’homme n’aimait pas aboutir à ce constat, il avait rencontré des « boétiens » et s’était abaissé à leur niveau, alors qu’avec un peu de patience, tout aurait pu être différent, il aurait pu les amener à lui, à son univers, d’habitude, il y était toujours arrivé !

Noire, telle affluait maintenant dans le désordre de ses souvenirs, la chevelure de cette fille, d’ordinaire, cela lui aurait instantanément porté le sourire aux lèvres mais le cœur n’y était pas, la fatigue avait eu le dessus, pas plus que le regard complice de ces comparses scéniques ne l’avait ramené à de meilleurs sentiments, il savait qu’il lui fallait absolument revenir vers un ressenti plus positif, qu’il se domine, personne ne devrait avoir à supporter ses emportements, tout le monde compte sur lui, n’est-il pas un peu devenu leur leader naturel et à ce titre, son professionnalisme ne devrait plus être pris en défaut.

Noire, comme la marée après l’échouage d’un pétrolier, noire cette couleur le dévorait tout entier mais il devait repousser définitivement cette mauvaise bille hors de son corps, les autres et surtout le public méritait bien mieux que la prestation livrée et bâclée dans un état semi-comateux, à présent le regard plus confiant, l’esprit plus serein, il convenait avec lui-même que plus jamais on ne l’y prendrait, corriger et gommer tout le mauvais, après tout on a le public que l’on mérite, allez encore un petit effort, cette longue et agonisante arrière saison allait bientôt s’achever.

Moins noir, à présent, l’homme calait son bonnet sur la tête, geste subtilement contestataire puisque fixé à l’envers, preuve d’une journée qu’instinctivement il ne sentait pas en son début, mais demain il sera à nouveau flamboyant, irrésistible de charme, multicolore, délicieusement ébouriffé, fini le bonnet des jours sombres, et puis s’il venait encore à le porter, il ne serait plus synonyme de colère. Oui, le public de cette nouvelle « escale », il le sentait bien, il fleure l’annonce d’un bon concert, et si le public n’est jamais acquis, il le charmera tant et tant, qu’il l’adoubera, il leur en fera voir de toutes les couleurs, mais ce seront celle d’un ciel nourrit du plus beau des arc-en-ciel. Demain Mister Doré sera Docteur Julien, où ne serait-ce pas le contraire ?

Voilà, je vous avais prévenu, il est très long. Because, forum j’ai adouci certains mots, certaines expressions … mais cela relève quand même bien d’une partie de « Dark Illuna ». Mais, ce compte rendu, qui s’est nourri d’un mélange de tous les éléments négatifs, servi par une certaine presse depuis quelques mois, ne reflète en rien mon ressenti ou ma perception, envers Julien. Il a parfois frôlé ce genre de situation mais n’a jamais eu autant de malchance, tout élément négatif réuni, du moins j’aime à le croire. J’ai foi en l’intelligence de Julien. Ce texte est donc plus qu’aucun autre que j’ai écrit, pure fiction, pure divagation. Je l’ai teinté (tien, encore un mot cher à Julien) des dérives « romantico-policières » propres aux romans de série noire. J’espère qu’il vous plaira, j’avoue que c’est l’un de mes préférés avec « la sensualité, le miel de la vie » que j’ai posté dans les blasons.

Caliente
Illuna

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