samedi 13 octobre 2007

Florilège de sens, sans sens précis !


Encore et toujours mil mercis à "1967" du forum "crazy-julien" pour son accord quant à utiliser sur mon blog, ses plus que troublantes photos.



Après le formidable florilège de nos sens par Dame Lucrezia, et la réflexion qui s’en suivi quant à savoir auquel d’entre eux, nous pourrions alors renoncer sans trop de souffrance, choix Cornélien, choix improbable tant nous les manions tous avec une telle insouciance qu’il nous est parfois insupportable d’avoir simplement à songer que l’un d’entre eux pourrait nous être enlevé. Nous pensons qu’ils nous sont tout simplement dû, comme un droit divin, qu’il ne pourrait en être autrement, comme si nous étions les maîtres de la conception, les maîtres de l’univers, et nous avons bien sûr tort ! Mes yeux, privés de lumière pendant de longues semaines, peuvent vous en témoigner, la lumière est un droit divin, mais nous ne sommes pas Dieu !

Je me suis alors imaginé un jeu pervers, et plus maléfique, plus diabolique, que de nous ôter l’un de nos sens, celui d’avoir à choisir duquel de ses sens, nous priverions Julien, si nous devions absolument le faire.

Donc, après analyse, la mienne en tout cas, j’ai finalement opté pour le toucher, à ma lecture, vous en comprendrez mon choix. Le vôtre pourrait bien sûr être différent, il vous suffit d’y réfléchir.

L’ouie, comme cette absence de son qui faillit rendre fou, Beethoven, compositeur qui sombra aux portes de la violence avant que de comprendre que la puissance de son génie vivait en lui et de découvrir qu’il pouvait ainsi écouter ses œuvres, en son âme et en son corps.
Moi, j’aime à me dire que je ne pourrais me priver de toutes les mimiques de Julien, après son écoute de telle idée ou telle parole. Sauf, que peut-être j’aimerais être les mains qui de leurs signes le guideraient vers les portes de la compréhension.

La parole, voilà une cruelle privation, un insensé non-sens, au plus indispensable de ses sens, selon nos sens mais, tu nous l’as dit, certes « c’est mon truc, mais pas Le truc », ce serait-là comme une auto-flagélation à ta dernière provocation, et comme le temps n’est plus au cinéma muet, bon à jouer avec le feu, tu as failli avoir chaud aux f….
Mais, en bonne fille, que je suis pour moi-même, je n’en ai pas encore marre de t’entendre susurrer, murmurer, hurler : « c’est pas de ma faute …. », et maintenant que tu viens chez moi, à Bruxelles, j’ai bien envie de me laisser aller à toutes tes voix, même si elles ne sont pas impénétrables, celle-là !

La vue, toi dont les yeux brûlent d’un feu intense, ah, cachez ces prunelles, que je ne sauraient voir sans mourir d’envie de m’y plonger, et de m’y perdre pour des années lumières, mais me retrouver face à ce beau visage dont l’âme ne serait plus au bord des cils, non vraiment trop dur, et puis, toi que les femmes, fascinent tant, tu as encore beaucoup à voir d’elles, avant que d’être un homme accompli.
Donc, en toujours bonne fille, je refuse de ne plus être chamboulée, chavirée, par tes regards fiévreux, sombres, moqueurs, non, je ne suis pas encore fatiguée de tous tes regards, et toute punition ciblant ces yeux-là se retournerait envers le porteur du maléfice.

L’odorat, toi qui vient du Sud, dont l’accent chantant sent la lavande et les cigales, comment te priver des senteurs mirifiques et florales de ta si belle région, comment se dire que tu ne pourrais plus sentir le corps de ta bien aimée, même si ses temps-ci, il te faut bien du nez, puisque selon certains magasines, ce ne serait pas toujours la même, ou bien ne serait-ce pas plutôt les dit magasines qui manqueraient de nez.
Mais-là non plus, je n’ai pu me résoudre à t’ôter ce sens-là, peut-être que j’aime un peu trop l’idée de tes sens, sans dessus dessous, affolés par les senteurs de la vie.

Le goût, toi qui te dit volontiers gourmet, voir de temps en temps gourmant, ce sens de tous tes sens, est celui qui pour moi symbolise le plus, le petit garçon qui habite en toi, et au petit garçon, je ne pourrais y toucher sans, que de me sentir la plus cruelle des mères. Toi, qui dis aimer les pâtes, les miennes sont divines, et donc …
Bonne pâte, je n’ai pu me résoudre là non plus à t’enlever celui, de tes sens, et d’évoquer tous tes sens, cela me met les sens à l’envers. Bref, j’aime l’idée de savoir que de ma cuisine, tu pourrais encore te régaler.

L’intelligence, tu as celle du cœur, celle de la connaissance, celle de l’instinct, celle de l’éducation, celle de la découverte, bref t’en priver ressortirait selon moi de la plus haute des cruautés, ce serait la plus insensée et la plus désespérée des privations, oser que de toucher à la quintessence de ton être, te voir ainsi privé de la lumière qui vibre en toi, de tes rires qui en exultent, de tes regards qui en irradient, non, là non plus, je ne le peux pas.
Moi, je ne pratique pas de maléfices à doubles effets, ta souffrance ne doit être que ta seule punition. Et, puis un Julien, sans intelligence, cela ne veut rien dire, ce serait un peu comme un bateau sans la mer, un arbre sans la terre.

Le toucher, toi qui aime à tant percevoir toutes sorte de nuances, de mélanges, tu en seras donc réduit à ce que je nomme, le toucher par transmission, ma grand-mère à la fin de sa vie, avait perdu le sens du toucher, et je me suis efforcée de le lui restituer au mieux par des couleurs, des images, mes mains guidant les siennes, lui rappelant d’autres temps, des journées durant, j’était ses sensations, son emprise sur les choses, son empreinte sur la perception tactile, et j’aimais ces moments privilégiés ou l’on sait que l’on est utile à l’autre, qu’on lui fait du bien, parce qu’on l’entend dans l’émotion de sa voix, parce qu’on le voit dans ses yeux, parce que l’intelligence vous délivre un message, du bout des lèvres, et ce message à l’odeur des souvenirs d’enfance, le goût des jardins vert paradis de l’insouciance des temps qui ne sont plus, par l’entremise d’un simple : merci !

Donc, mon choix, te concernant fût des plus simple, mais fera-t’il l’affaire de notre homme, disons que d’un moindre mal, j’ai choisi. Que celle qui a meilleure idée, ne se prive pas de nous la dire.

Et, puis un petit poème écrit sur une table de restaurant … par un jour de grand vent, entre mes parents.

Avec lui, de blonde, je me ferai brune
Avec lui, brune je serai donc, mais pas pour des prunes
Avec lui, j’oublierai toutes mes infortunes
Avec lui, l’amour, je ferai dans les dunes
Avec lui, du cœur je partagerai la fortune
Avec lui, je vivrai au clair de la lune
Avec lui, sortilèges et maléfices s’envoleront des runes

Avec lui, s’estomperont les jours de brumes
Avec lui, fini les craintes entre marteau et enclume
Avec lui, mon corps plus léger qu’une plume
Avec lui, tous mes feux clignotent et s’allument
Avec lui, jamais plus froid, même plus un rhume
Avec lui, je serai loin des portes de l’amertume
Avec lui, ce sera fruits de la passion et pluies d’agrumes !


Caliente
Illuna

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