
Et toujours mil mercis à "1967" pour ses photos plus belles, les unes que les autres et faisant les beaux jours du forum "crazy-julien".
Bon, aujourd’hui pas de poème, juste l’envie de partager mon ressenti sur quelques pistes lancées ou intégrées dans le concept « Julien ».
Tout en moi a rebondi quant à l’approche de Julien, au niveau de l’Anglais, bien sûr approximatif, parfois saupoudré de quelques imperfections, quand ce ne sont pas carrément des erreurs, mais là comme en toute chose, réside son principal encrage dans l’art (et sous toutes ses formes), Julien ne s’adapte pas aux choses, il les adapte à lui. Il n’améliorera probablement jamais réellement son Anglais, mais pourquoi le ferait-il ?
Cette faculté de s’approprier les choses, les idées, un contexte, consiste pour moi en l’une des principales qualités de Julien, et que j’adore par dessus tout.
Il n’est pas le meilleur en Anglais, mais il est un des premiers, voir le premier à passer l’atlantique, que les commentaires soient bons ou mauvais, on en parle au-delà des mers.
De plus, souvent les chanteurs français (pas tous) ont la déplorable habitude de garder une certaine francisation dans leur phrasé anglais, Julien, lui fait bien mieux, il lui distille son charmant accent du Sud, mélangé à des langueurs borates et gothiques, de fait lorsqu’il chante, que cela soit en français ou en anglais, alors qu’il semble posséder mil voix, sa voix reste reconnaissable entre toute, encore là un paradoxe des plus charmant. Julien manie l’anglais, comme toute chose, il le soumet à sa patte, et sans complexe nous redélivre une langue de Shakespeare dûment « savourable » (tien, il est encore là celui-là). Son yaourt a valeur d’école, on visite le Sud, on découvre des églises gothiques, on pense à des peuples cosaques qui sur leur chevaux nous emmèneraient loin, très loin. Quand Julien chante sa voix, même surmultipliée, garde une indéniable signature, quand il ouvre la bouche et nous délivre quelques notes, on dit c’est Julien, on pourrait même dans un avenir proche, dire c’est « du Julien », tant le conceptuel développé par l’artiste est puissant. Je vais d’ailleurs prendre un exemple d’un autre temps, Greta Garbo, actrice d’un temps qui n’est plus, dite la Divine, avait un accent anglais à couper au couteau et de plus très masculin, en bonne suédoise, femme forte, décidée et vigoureuse, sa voix avait gardé les accents coupant des vikings de notre bon nord d’Europe, jamais on ne lui a demandé d’améliorer son accent, son accent quand elle est passée du cinéma muet au parlant, est devenu sa force, sa différence, il l’a sublimée et entourée d’un mystère puissant, qui a encore valeur aujourd’hui pour les plus avertis quant à sa carrière.
Bref, Julien a raison de décloisonner, d’ouvrir des portes, de bousculer des codes, pourquoi toujours retomber dans le « train-train » ambiant et de bon ton, pour une fois que quelqu’un ose et que tout en osant, cela a la possibilité de plaire à une grand masse, que son originalité soit reconnue et même encensée, est un bienfait pour l’art en général. Ras-le-bol du déjà vu et revu, du déjà entendu et réentendu !
Et puis, moi, la chaleur du Sud mêlée à la langue de Shakespeare, je « signe » de deux oreilles.
Autre point, où Julien a bien raison de garder sa griffe personnelle, c’est en matière de mode, oui, on en est là. Julien fait école en matière de look, le jeans slim n’a jamais été autant au goût du jour, le gilet cintré est le certifié du vintage, les femmes en raffolent, et les accessoires comme la barrette font fureur (même si nous savons que dans le cas de Julien, elle n’était qu’un leurre), il est donc passé du style « Loulou, riri, fifi » à un « chiquissisme » qui touche presque à un nouveau classicisme. Inès de la Fréchange, en parlait fort bien quand elle disait un jeune chiot qui a du chien. Parlez-en à Gaultier, Lacroix, Lagerfeld, ils ne vous diront pas le contraire, l’homme est porteur et pas qu’intellectuellement. Il a bien eu raison de ne pas souhaiter être décoré tel un sapin de noël et d’affirmer ses goûts et préférences, d’entrée de jeu, de garder son abord des fringues entre le ringard, le décalé, le branché, subtile mélange iconoclaste et improbable en son début mais qui a fait ses preuves depuis. L’homme aime que les habits le porte, mais pas le contraire. Mais ce fût aussi d’application à son corps défendant au niveau de son visage, où la casquette a fait place à des couvre-chefs bien plus appropriés, à sa séduction naturelle, à sa moustache qui s’est éclaircie et à cette barbe naissante des plus savamment entretenue, protection involontaire de lèvres charnues et pulpeuses. Ses cheveux aussi, sont passés d’un stade anodin à une beauté plus qu’époustouflante. Comment ne pas rêver d’y apposer ses mains. Julien a remis involontairement au goût du jour, bien des vêtements dont la mode ne savait que faire, avant lui. Mais si l’homme cultive un savant art de se vêtir, et parfois d’un rien, de rendre très masculin, l’artifice le plus féminin, il cultive aussi l’art de l’effeuillage, Joséphine Baker, pourrait vous le certifier, cet homme en livrant à nos yeux ébahis certaines parties de son corps, tout en nous murmurant, « c’est pas de ma faute », lui qui a sublimé les tatouages, qui les a éloignés du ressenti « gros motard à moustaches » ou « marin d’eau de mer », oui, lui, cet homme qui selon ses dires, traite son corps comme un calepin, comme j’aimerais être une aiguille et ainsi m’introduire en sa douce chair, et comme il m’a mis le cœur en épingle avec ces « tatoos ».
Un 3e point, de nous le public, et comment il nous l’a joué fine guêpe, pas évident de s’inviter après le si sympathique Christophe Willems, comment amener le public à son univers si pointu, si particulier, déjà si ardemment moulé en lui, comment ne pas le rebuter, lui faire peur, son monde décalé et dérangé, comment nous l’offrir, nous le présenter sans nous effrayer, nous parfois béotiens ou néophytes, devant nous cultiver à la vitesse de l’éclair pour pouvoir le suivre et le comprendre. Quand la Nouvelle Star, qui a vite compris l’oiseau rare qu’elle venait de capturer, non plutôt de capter, ils ont alors mis tout en œuvre pour que l’on puisse ne pas passer à côté d’un tel monstre de talent et de charisme. Toute l’émission s’est déroulée à nous ouvrir les yeux, et nous savons ce que cela a donné. Comment aussi, s’y prendre sans blesser les autres candidats, sans trop manipuler le public, bref le faire avec respect, mais en dehors des essais tentés et réussis quant à nous ouvrir les yeux, ils purent aussi compter sur un Julien, bon vendeur de lui-même, la plupart du temps en grande forme quant à négocier petit à petit l’essence et l’évanescence de son charme. L’émission adopta et délivra un message lourd de sens, « qualité = hors norme », « défaut = hors norme ». Ce fût un grand moment pour moi, « pètage » de lattes de canapé garanti, j’avais alors compris que mon vainqueur serait aussi celui, de l’émission, des professionnels, des musiciens, du jury et surtout du public, qui garde le dernier mot (enfin, on veut le croire). Dove, souvent, attira l’attention sur la peur qu’il avait que cela soit encore trop neuf, pour le public, Marianne, le tacla à merveille et sa réponse est devenue un classique de bon goût de d’intelligence, comment ne pas craquer, le jury ne veut plus de lui du moins en apparence ? Pas grave, nous le public on va le protéger, l’amener vers son rêve d’un album. Puis comme si le message devait encore être surligné, vint Lolita, et son pesant de grâce, quand « aphorisme, dadaïsme de mon doux phénomène » devient en une seule phrase, un nouveau concept avec des portes ouvertes sur l’infini de la connaissance, des codes à déchiffrer comme en surmultiplication, comme une équation allant jusqu’à 5 inconnues. La suite fait maintenant déjà partie de la Légende.
4e point, mais pas le plus négligeable, puisqu’il s’agit de Julien et des femmes, maladroit qu’il dit, amoureux tous les 15 jours, et donc pas toujours de la même, limite goujat, lunaire, bipolaire, bref souvent l’enfer selon lui, et pourtant celles qui en redemandent sont maintenant légion, pas de charme, mon œil, il nous attire toutes dans ses filets à la vitesse de l’éclair, là aussi, bref entre pulsion et répulsion, nos cœurs n’ont pas longtemps hésités, raté Julien ton « libidinage » à 2 centimes, 4 sous, n’a pas eu l’effet escompté, que tu le veuilles ou non, tu es passionnant à découvrir, ton corps est délectable à parcourir, et tu nous fascines de plus en plus. Sortirons-nous jamais de tes incroyables filets dorés, tes Val d’or, sont puissants et tes rivages ensorcelants. L’homme est beau mais ce plaît à en affirmer le contraire, mais plus il s’en persuade erronément et plus il est beau, beau d’une beauté intérieure, d’un intellect classe, d’une culture diversifiée et qui irradient avec insolence vers l’extérieur, sa peau rayonne de son feu intérieur, mais sa beauté prend aussi pied dans d’autre dimension, comme sa chaleur et son odeur dont toutes nous rêvons d’en accoster les alentours.
C’est bien simple, bien que la langue Française soit très riche, je n’ai plus assez de mots pour parler et deviser de toi, j’en invente, j’oscille donc entre « savourable », « libidinage » et « bouleversifiant », mon dernier en date, comme un mélange consommé entre bouleversant et bluffant. De fait, Dame Lucrezia, en a été toute en « retournage ». Nous devrions d’ailleurs entreprendre un petit dico, que nous pourrions appeler en toute évidence « Le Petit Doré Illustré ». Moi, cela m’amuserait beaucoup de voir fleurir tout un babillage, un « verbillage » n’appartenant qu’à Julien, et pourquoi Julien, parce qu’il le vaut bien. Bon, c’était là, c’était trop facile, mais je n’ai pas pu y résister.
Et encore, un point qui m’interpelle chez lui, l’art des contraires. Comme lorsqu’il prétend une chose, et nous en démontre dans les minutes qui suivent son contraire, la vérité de Julien, tiendrait dans le fait, qu’aucune vérité n’est au-delà d’une autre, bref, tout est vrai, et son contraire aussi ! Politique avérée du « rebrousse poils » mais imparable d’efficacité !
Je pense qu’avec toutes les pistes que Julien nous lance, nous dévoile, nous sommes retombées en enfance, comme au bon vieux temps de la chasse aux trésors, Julien est un fabuleux Prince Consort, mais il n’est en rien là pour le décor, et cela plus que tout au monde, j’adooooore !
Caliente
Illuna

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